Assassinat du président Jovenel Moïse: « Il est temps que le dossier soit transféré au cabinet d’instruction »

Publié le 2021-08-04 | lenouvelliste.com

Alors que la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) poursuit les auditions et que le commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince, Me Bed-Ford Claude, continue de décerner des mandats d’amener, Me Robenson Pierre-Louis, secrétaire de l’ordre des avocats de Port-au-Prince et de la Fédération des barreaux d’Haïti, estime qu’il est temps que le dossier soit transféré au cabinet d’instruction.

Près d’un mois après l’assassinat du président Jovenel Moïse le 7 juillet 2021, Me Robenson Pierre-Louis, qui intervenait à Panel Magik le samedi 31 juillet 2021, a souligné que l’on n’est plus dans le délai de la flagrance et qu’il est nécessaire que l’on fasse les diligences pour qu’un juge instructeur prenne le relais dans le cadre de ce dossier.

« Le commissaire du gouvernement sait bien qu’il n’est pas le juge des mandats et que dans ce dossier on n’est plus dans le délai de flagrance. C’est un dossier qui doit être acheminé au cabinet d’instruction afin que le juge instructeur puisse donner à la DCPJ une commission rogatoire pour que celle-ci poursuive les auditions », a déclaré Me Pierre-Louis, qui pointe les irrégularités déjà relevées dans le dossier.

« Certes, c’est un dossier complexe, mais la Constitution haïtienne aussi bien que plusieurs conventions signées par Haïti garantissent la liberté individuelle. Le commissaire du gouvernement sait bien qu’à tout moment des recours pourront être exercés contre ces mandats qu’il a décernés », rappelle l’homme de loi, qui dit s’accrocher aux principes fondamentaux qui gouvernent un État de droit.

Par ailleurs, le secrétaire général de l’ordre des avocats de Port-au-Prince a des réserves sur les actes réalisés dans le cadre de cette enquête, sur les personnes interpellées. « Actuellement on ne constate que de la diversion, car les vraies questions que l’on devrait poser ne le sont pas et on passe outre des personnes que l’on devrait indexer ou interroger », a soulevé Me Pierre-Louis, qui estime que dans une enquête sérieuse, l’épouse du président aurait dû être l’une des premières personnes à être interrogées et gardées sous haute surveillance. « Lors même qu’elle n'a rien à voir avec le crime qui a été commis, par précaution, on devrait le faire », a opiné Me Pierre-Louis, qui, comme dans le cas du bâtonnier Dorval, exige que la lumière soit faite sur l’assassinat du président Jovenel Moïse.



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