Agissements des gangs armés: Jovenel Moïse sort de son silence pour faire de nouvelles promesses

Publié le 2021-06-21 | lenouvelliste.com

Pour la première fois depuis le début des affrontements armés à Martissant, le 1er juin, et les agissements des groupes armés qui mettent à genoux les forces de l'ordre dans l'aire metropolitaine le président Jovenel Moïse sort finalement de son silence. De retour au pays ce dimanche après sa visite en Turquie, il promet de renforcer la PNH, d'accompagner les milliers de déplacés et d'offrir un support via la BNC aux commerçants victimes des actes de pillage....

Selon Jovenel Moïse, la guerre des gangs armés à Martissant vise à empêcher l'inauguration de la nouvelle centrale électrique à Carrefour. « Tout dezòd yo kòmanse premye jwen nan peyi a se paske te genyen inogirasyon santral Kafou a ki te gen pou l te fèt 5 jwen an. Inogirasyon an ap fèt. Se tris pou n di l, devlopman an gen yon seri moun li fè pè », a lancé le locataire du Palais national.

« Le pays est entré dans un cycle infernal d'insécurité depuis ces 18 dernières années. En 2005, il y avait des noms comme Amaral, Dread Wilmé, Evens Tikouto, Grenn Sonnen. Où sont-ils aujourd'hui ? Ils ne sont plus là. La police est toujours là et s'est renforcée... », a rappelé Jovenel Moïse.

« En 2017, quand je suis arrivé au pouvoir, il y avait des noms comme Tèt Kale à Martissant, Arnel. Il y avait Odma à Petite-Rivière de l'Artibonite et Canal du Vent dans l'Artibonite. Il y avait Ti Ougan dans la zone de Cité Soleil. Où sont-ils ? Ils ne sont plus là et la police est toujours là », a ajouté M. Moïse en guise de rappel.

Jovenel Moïse appelle la communauté internationale à l'aider à rétablir la paix dans le pays. Le président s'est empressé de souligner que cet appel ne veut pas dire qu'il réclame le retour d'armées étrangères sur le territoire. 

M. Moïse laisse croire que maintenant l'importation de munitions et ainsi que l'approvisionnement des bandits deviennent beaucoup plus difficiles. Cependant, on a constaté qu'à Martissant, les groupes armés s'affrontent depuis le 1er juin sans répit. 20 jours d'affrontements, 20 jours de détonations d'armes automatiques dans cette zone et les groupes armés ne sont visiblement pas en rupture de stock de munitions.

Si des membres de la Commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion (CNDDR) ont à maintes reprises fait savoir qu'ils ont acheminé au gouvernement la liste des commerçants impliqués dans la vente d'armes et surtout de munitions dans le pays, le chef de l'Etat soutient qu'il n'a jamais vu ce document. « J'ai entendu des rumeurs, mais jusqu'à présent je n'ai jamais vu un document présentant les marchands d'armes et de munitions dans le pays. Le ministre de la Justice m'a fait savoir qu'il n'a pas non plus reçu ce document », a déclaré Jovenel Moïse.

Prenant le contrepied des organisations de la société civile qui accusent le pouvoir d'être de connivence avec les groupes armés, Jovenel Moïse affirme : « nou menm nou pa nan danse kole ak pèsonn ki nan zak enseririte ak vyolans nan peyi a. »

Comme des membres de la population, plusieurs policiers sont tombés ces derniers jours sous les balles assassines des bandits. Le président leur présente ses mots de sympathie. Encore une fois, il promet de renforcer la police. Il a demandé publiquement au directeur général de la police pourquoi les équipements commandés ne sont toujours pas arrivés au pays.

« Quand des bandits déclarent la guerre à la police, la police n'a qu'un seul choix: faire la guerre », a fulminé Jovenel Moïse.

La promesse de Jovenel Moïse aux nombreux déplacés 

Depuis le 1er juin, ils sont des milliers de personnes qui fuient la guerre et les agissements des groupes armés à Martissant, Fontamara, Cité Soleil, bas Delmas, entre autres. Ce n'est que le dimanche 20 juin que le président a dit passer des instructions afin que des institutions concernées leur viennent en aide.

« Nous avons plus de 3 000 déplacés à Martissant logés au centre sportif de Carrefour. Nous avons plus d'un millier de déplacés dans la zone de bas Delmas. Je demande à la Protection civile, au Fonds d'assistance économique et sociale au ministre des Affaires sociales et  au Premier ministre a.i. d'organiser une réunion d'urgence ce dimanche afin de voir la meilleure facon de venir en aide à ces gens », a annoncé le président, 20 jours après le début des affrontements armés qui ont forcé des membres de la population à abandonner leurs foyers.

Le président promet à ces déplacés que l'Etat et la police vont leur permettre de retourner chez eux. 

Des promesses aux commerçants victimes de " dechoukay"

Mache Ti Tony, Liora Food, Kay Zo sont entre autres les entreprises qui ont été pillées ces derniers jours. Jovenel Moïse leur promet un accompagnement via la BNC. Mais avant, il demande au Premier ministre a.i. d'enquêter pour connaître les vraies victimes.

Jovenel Moïse a appelé les organisations de défense des droits humains, les journalistes et l'OPC à supporter la police nationale dans la lutte contre les bandits. Il a en outre demandé aux Forces armées d'Haïti, fortes, selon lui, de 500 à 600 membres, de fournir un appui à la police dans les opérations.


 


 



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