Claude Joseph va-t-il réussir là où Joseph Jouthe a échoué?

Publié le 2021-04-16 | lenouvelliste.com

Les jours passent, la crise multiforme haïtienne s’aggrave. Tout espoir d’une solution haïtiano-haïtienne à la crise s’aménuise. La dernière tentative de Religions pour la Paix pour emmener les acteurs à la table de négociation s’est soldée par un cuissant échec. Avant Religions pour la Paix, il y avait les appels des Américains, du Core Group, de l’ONU et d’autres instances pour une entente entre les Haïtiens qui n’ont pas été écoutés. On doit aussi citer l’échec des multiples tentatives de dialogue mort-nées du président Jovenel Moïse depuis son arrivée au pouvoir. On se rappelle des Etats généraux sectoriels de la nation qui avaient mobilisés d’importantes ressources financières. On se rappelle aussi du processus de dialogue lancé par l’ancien Premier ministre Jean-Henry Céant sur instruction du chef de l’Etat. Un processus que le président Jovenel Moïse avait lui-même ridiculisé en public.

Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Le pouvoir exécutif a englouti les deux autres pouvoirs de l’Etat. L’opposition s’est émiettée davatange. Les groupes armés se sont renforcés au grand dam de la Police nationale d’Haïti (PNH) qui peine à jouer son rôle. Les Forces armées d’Haïti (FAD'H) remobilisées par le président Jovenel Moïse ne donnent toujours pas signe de vie. La communauté internationale, quant à elle, multiplie les tweets et les rapports sur notre tragédie marquée par l’augmentation au quotidien du coût de la vie, des enlèvements et assassinats spectaculaires, la vassalisation des institutions, la corruption…Dans ce contexte, le dialogue interhaïtien pour mettre fin à la crise apparaît de plus en plus comme un voeux pieux.

En dépit de ce tableau macabre, l’administration Moïse continue de jouir de la confiance de la communauté internationale. Même si l’Organisation des États  américains (OEA) dans un récent communiqué a reconnu la dégradation des conditions sécuritaires à travers le pays, même si l’ONU continue d’exiger justice pour les victimes du massacre de La Saline et celles d’autres attaques armées, même si le bureau de l’ONU en Haïti a désapprouvé cette semaine dans un tweet le processus de référendum inconstitutionnel pour doter le pays d’une nouvelle constitution, même si le gouvernement américain critique de temps en temps, dans des tweets, la mauvaise gouvernance de l’administration Moïse, ils continuent d’exiger la tenue d’élections dans le contexte actuel.

Le nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre a.i. Claude Joseph pourra-t-il satisfaire à cette demande? Si la communauté internationale attend des élections, le president Jovenel Moïse est resté jusqu’ici attaché à son referendum pour doter le pays d’une nouvelle constitution, la population haïtienne, quant à elle, attend des résultats dans la lutte contre la criminalité, l’insécurité alimentaire, la stabilisation du taux de change…

L’ancien Premier ministre Joseph Jouthe comme d’autres avant lui n’a pas réussi à satisfaire les revendications de la population. Ses promesses de combattre le kindnapping n’ont pas été tenues. Claude Joseph était membre du gouvernement Jouthe. Il connait donc l’état de la situation. On veut croire, qu’en acceptant le poste de Premier ministre, il sait déjà comment il va concilier les contraires en vue de donner satisfaction au chef de l’Etat, à la communauté internationale et à la population haïtienne.



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