Le projet Leve kafe lancé à Baptiste

Le ministre de l’Agriculture, en présence, entre autres, de la première dame de la République, Martine Moïse, de la ministre à la Condition féminine et aux Droits de fa Femme, Marie Ghislaine Monpremier et de l’ambassadeur de France en Haïti, José Gomez, a lancé, le jeudi 8 avril 2021, à Baptiste, le Projet   de soutien à l’agroforesterie dans les bassins caféiers communément  appelé Leve kafe. Financé par l’Agence française de développement  (AFD) à hauteur de 15 millions d’euros sur une période de cinq ans,  ce projet sera exécuté par le ministère de l’Agriculture à travers l’Institut national du café haïtien dans les communes de Dondon, de Thiotte et de Baptiste.

Publié le 2021-04-12 | lenouvelliste.com

C’est dans une ambiance de fête que le projet Leve kafe a été lancé à la ferme agricole de Baptiste. La coordination du projet et celle de l’Institut national du café haïtien, accompagnées de plusieurs centaines d'agriculteurs attendaient avec impatience ce projet, selon leurs dires, marquera un tournant décisif dans la relance des filières caféière et cacaoyère du pays. Ce projet prendra en compte plus de 2 000 hectares de terre en café et de 500 hectares en cacao. Il devrait contribuer, selon le ministre de l’Agriculture, Patrix Sévère, à la lutte contre la pauvreté rurale et à l’amélioration de l’équilibre macro-économique du pays par la génération de devises et il aura des effets de maintien de la biodiversité et de réduction des risques écologiques.

La finalité du projet est de renforcer la résilience des agricultures familiales par le développement de systèmes agroforestiers économiquement performants dans les terroirs caféiers. Le coordonnateur du projet, Maxo Duclona, affirme qu’une emphase importante sera également mise sur la production de cacao. Toute la chaine de production de ces deux filières sera appuyée par le projet. La formation, la disponibilité de plantules de qualité, l’accompagnement des coopératives dans l’achat de matériel moderne pour la transformation de ces denrées, la disponibilité du crédit et la recherche de nouveaux marchés sont parmi les aspects qui seront pris en compte dans l’implémentation de Leve kafe.

En fait, si l’on en croit le coordonnateur exécutif de l’INCAH, Abel Cléomé, l’objectif du projet de soutien à l’agroforesterie dans les bassins caféiers est décliné en trois objectifs spécifiques. En plus du soutien à l’agroforesterie à base de caféiers dans les terroirs adaptés et accompagner la diversification vers l’agroforesterie à base de cacaoyers, le responsable parle  de la création d’un environnement institutionnel et structurel favorable au développement des systèmes agroforestiers au niveau des zones dans lesquelles le projet est implanté et la création d’un environnement institutionnel favorable au niveau national.

Pour y parvenir, les responsables comptent se servir des expériences des projets exécutés antérieurement dans les bassins caféiers et cacaoyers, dont Kore kafe, financé également par l’AFD. Les systèmes agroforestiers proposés, expliquent les tenants, sont construits à partir du système traditionnel du jardin créole et intègre de nombreuses espèces cultivées (café ou cacao, arbres fruitiers, cultures vivrières, arbres d’ombrage et fertilitaires). Ce qui, de l’avis du ministre de l’Agriculture, permettra aux cultivateurs de diversifier leurs sources de revenu et garantir une certaine disponibilité alimentaire.

Les intervenants ont tous mis l’accent sur la nécessité de redynamiser la filière café qui a joué par le passé un rôle important dans l’économie du pays. En raison de cela, l’ambassadeur de France accrédité en Haïti, José Gomez, croit qu’il est indispensable de relancer cette filière. En prenant part à cette activité, le diplomate réaffirme encore une fois la volonté de son pays d'accompagner les caféiculteurs haïtiens.  

Remerciant le gouvernement français pour le financement de ce projet, la première dame de la République, Martine Moïse, qui a lancé récemment le projet Plante avni lequel accorde une place de choix à la relance de la production du café, n’a pas manqué de faire l’éloge de cette culture. Selon madame Moïse, ce projet est en droite ligne avec le Plan d’action 2010-2025 du ministère de l’Agriculture dans lequel la redynamisation de la filière café occupe une place prépondérante ; en témoignent les différents projets en attente de financement.  

La première dame se montre d’autant plus contente pour la place réservée aux femmes dans la mise en œuvre de ce projet. Des  5 000 bénéficiaires visés, le projet prévoit un quota minimum de 30% de femmes. Elle enjoint agricultrices et agriculteurs à jouer leur partition dans la relance effective de la filière café, car insiste-t-elle, chaque caféier mis en terre est un investissement. Et cet investissement contribuera, à coup sûr, à la relance économique des communautés, à la création d’emplois et au développement durable du pays.



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