Le miracle attendu

Publié le 2021-04-08 | lenouvelliste.com

Le pays est comme à la veille d’une grande catastrophe. Les rues de la capitale se vident de leurs occupants dès la tombée de la nuit. Même si être chez soi n’est pas une garantie de se protéger contre le kidnapping, mais cela peut vous éviter d’être au mauvais endroit au mauvais moment.

En écoutant les éditions de nouvelles, en lisant les journaux, il n’est pas exagéré de dire que nous vivons une tragédie tant les malheurs frappent à nos portes. D’une part, il y a l’insécurité qui endeuille. D’autre part, les conditions de vie qui se détériorent. Chaque jour, le nombre d’Haïtiens qui ne mangent pas à leur faim augmentent. Les candidats à l’émigration se multiplient. Parallèlement, la gourde se déprécie au quotidien par rapport au dollar américain. De quoi faire grimper les prix des produits de première nécessité.

Epargné jusqu’ici du coronavirus qui met à genou les plus puissantes nations, notre pays paie au prix fort la gouvernance catastrophique du régime PHTK sous les regards complices et impuissants de la communauté internationale. Aujourd’hui encore, en dépit du pourrissement de la situation, il semble que ni les autorités haïtiennes, ni nos ‘’amis’’ de la communauté internationale ne comprennent qu’il y a péril en la demeure.

Aujourd’hui, nous sommes comme dans une impasse sans issue, comme dans un labyrinthe. Aucune proposition de sortir de crise n’est pour l’instant sur la table. Pour le président Jovenel Moïse et ses supporteurs dans l’international, les élections constituent la solution à la crise. Pour l’opposition politique et des secteurs de la société civile, le départ de Jovenel Moïse du pouvoir en est la solution. Jusqu’ici, ni l’un ni l’autre n’a les moyens de sa politique.

Toute proposition de dialogue entre les protagonistes est rejetée d’un revers de main. Si Jovenel Moïse est assuré jusqu’ici du support de la communauté internationale, ses adversaires jouent sur le temps dans l’espoir que le pourrissement de la crise va finir par avoir raison de l’administration Moïse. Entre-temps, nos problèmes s’aggravent. Nos institutions s'affaiblissent.

La gravité de la situation devrait interpeller les protagonistes pour tenter de trouver une solution à la crise dans l’intérêt des plus faibles. Même ceux qui sont en face de l’administration Moïse ne s’entendent pas. Pourtant, une entente nationale, à la hauteur de l’accord historique entre les Noirs et les Mulatres ayant débouché sur notre indépendance, est nécessaire pour sortir le pays de la crise. Sans cette entente, notre indépendance ne serait pas possible. Il faut une entente historique pour redonner espoir à la population. 



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