Crise politique/Dialogue

Montana veut changer de stratégie pour avoir un agenda de négociations avec Ariel Henry

Après trois rencontres infructueuses, des échanges de correspondances stériles et improductifs, le Bureau de suivi de l’Accord de (BSA) Montana veut changer de stratégie pour mener les négociations politiques avec le Premier ministre Ariel Henry. D’emblée Montana n’entend pas répondre à la dernière contreproposition de la délégation de l’Accord du 11 septembre sur l’agenda des négociations. Il priorise des contacts informels pour arriver à un agenda de négociations…

Publié le 2022-07-27 | lenouvelliste.com

Le processus de négociations politiques entre Montana, Ariel Henry et ses alliés de l’Accord du 11 septembre stagnent depuis la dernière rencontre le 18 juillet dernier au cours de laquelle les deux parties n’arrivaient pas à se mettre d’accord sur le mode de gouvernance pour mener la transition. Proposition et contre-proposition se succèdent et la crise reste entière. Jacques Ted St-Dic, l’un des visages du Bureau de suivi de l’Accord de Montana, a confié mardi au journal que Montana n’entendait pas répondre à la dernière contre-proposition d’agenda de négociations de la délégation de la Primature.

« Nous n’allons pas entrer dans un jeu de correspondances. Les négociations politiques ne sont pas interrompues. Les contacts sont maintenus informellement…», a-t-il confié au journal.

Interrogé pour savoir si Montana est toujours en contact direct avec le Premier ministre Ariel Henry, M. St-Dic a répondu par l'affirmative soulignant que les contacts sont aussi maintenus avec d’autres personnalités sans les préciser.

Selon lui, les membres de la délégation de l’Accord de la Primature n’ont pas les mêmes niveaux de responsabilité et d’engagement. Jacques Ted St-Dic a aussi dénoncé les manœuvres de certains acteurs pour conserver « leurs petits intérêts et petits bénéfices ».

Pour Jacques Ted St-Dic, il n’est pas normal que dès le départ on interdise  l’introduction de certains points dans l’agenda des négociations. Lors de la dernière rencontre le 18 juillet entre Montana, Ariel Henry et ses alliés de l’Accord du 11 septembre, ces derniers s’étaient catégoriquement opposés à l’intégration dans l’agenda l’établissement d’un exécutif bicéphale pour mener la transition.   

Jacques Ted St-Dic se dit confiant que les contacts informels vont permettre d’arriver à un agenda pour les négociations. « Nous sommes en train de privilégier des rapports séparés pour arriver à la table avec un agenda qui convient aux deux parties », a-t-il affirmé.

L’équipe d’Ariel Henry veut négocier sur « la question constitutionnelle, notamment la révision du système électoral, la question des partis politiques comme premiers extrants du dialogue national sur les problèmes fondamentaux de la nation et l’harmonisation des mandats ; la lutte contre la corruption et l’impunité : le renforcement et éventuellement la révision des organes de contrôle et de poursuite, la lutte contre l’évasion fiscale, les réformes institutionnelles urgentes ; l'apaisement social et la relance des activités économiques, sociales et culturelles en vue d’améliorer les conditions de vie de la population et de faciliter le retour à la paix ».

L’Accord de la Primature propose aussi à Montana de négocier sur « les élections, la formation du CEP (dimension institutionnelle et administrative), financement des partis politiques et des élections ; les questions du pouvoir judiciaire, de l’organe de contrôle de l’action gouvernementale et du tiers du Sénat pendant la transition ». 

Contrairement à ce que réclame Montana, la Primature n’entend pas négocier sur la gouvernance du pays. Pour l’accord du 11 septembre au pouvoir, Ariel Henry doit rester en poste comme Premier ministre pour diriger la transition et organiser les élections alors que Montana veut le rétablissement des trois pouvoirs de l’Etat avec un exécutif bicéphale pendant la transition. Le 18 juillet dernier, les deux parties se sont séparées sur ce nœud gordien.



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