Insécurité : Joseph Lambert plaide pour un appui armé de la communauté internationale

Publié le 2021-10-28 | lenouvelliste.com

Le président du Sénat, Joseph Lambert, intervenant à la matinale de Magik9, a plaidé pour une assistance de la communauté internationale afin de rétablir la sécurité en Haïti. Ce, alors que la PNH peine à freiner l’action des gangs armés. « Je l’avais dit clairement le 1er mai dernier. L’Etat haïtien doit solliciter un appui logistique, technique, opérationnel et armé pour renforcer la PNH. La police nationale n’a pas la capacité pour répondre aux exigences de l’heure. Je n’ai pas de préférence sur un pays ou une instance étrangère en particulier. N’importe quel pays peut nous aider », a-t-il déclaré.

Ce n’est pas la première que le président du Sénat s’exprime en ce sens. En mai dernier, le parlementaire avait fait la même proposition, tout en se montrant imperméable aux éventuelles critiques. « Je sais qu’on va dire que je ne suis pas patriote en faisant cette suggestion. Mais c’est seulement à partir de là que l’on peut parler d’organisation des élections », avait-il soutenu. 

Après Lambert, le premier ministre ad interim Claude Joseph avait également plaidé pour une assistance de la part des Etats-Unis et de l’ONU en matière de sécurité. Au lendemain de l’assassinat de Jovenel Moise, Claude Joseph avait en effet demandé l’envoi de troupes afin de sécuriser des sites stratégiques et des infrastructures vitales comme les ports, les aéroports, les terminaux pétroliers ou le transport des produits pétroliers, de peur qu’ils ne soient sabotés. La demande du gouvernement haïtien n’avait pas été suivi d’effet.

Début octobre, les Etats-Unis avaient délégué une équipe technique de l’International Narcotics and Law Enforcement (INL) du département d’Etat en Haïti. Le 8 octobre dernier, l’ambassade des Etats-Unis avait évoqué la mission de cette équipe d’experts sur twitter. « Une équipe d’experts du @StateINL évaluera les unités clés de la @pnh_officiel pour identifier les besoins de la PNH afin de renforcer sa capacité à lutter efficacement contre les gangs. Leur mission appuie le support du gouvernement américain au développement de la  @pnh_officiel pour protéger les haïtiens de la violence des gangs et des troubles civils », avait tweeté l’ambassade des Etats Unis. Le 12 octobre dernier, la sous-secrétaire Uzra Zeya, de passage en Haïti, avait plaidé pour le démantèlement des gangs dans le pays. « Démanteler les gangs qui exercent la violence est vital pour la stabilité d’Haïti et la sécurité des citoyens », avait-elle déclaré.

Le président dominicain Luis Abinader s’est montré lui aussi préoccupé par la montée grandissante de l’insécurité en Haïti. En septembre dernier, il avait plaidé pour une concertation des pays de la région sur le cas d’Haïti. « La question haïtienne ne concerne plus seulement la République dominicaine, mais désormais ce sont tous les pays qui doivent se mettre ensemble pour s'occuper d'Haïti », avait-il déclaré, selon des propos relayés par le quotidien Listin Diario. Luis Abinader avait fait part de sa volonté de prendre à bras-le-corps le dossier de la sécurité et d’apporter de l'aide par voie terrestre et aussi par voie maritime car, selon lui, il n'y a pas de sécurité par voie terrestre.

Le chef de l'Etat dominicain a ajouté qu'il faut intervenir pour « pacifier la nation voisine ». Cependant, il a souligné que le gouvernement dominicain ne peut fournir que du soutien, du temps et de l'espace, car pour des raisons historiques, diplomatiques et prudentielles, il n'est pas nécessaire de participer à un groupe qui va pacifier ce territoire. Alors que les conflits en Haïti affectent directement et indirectement les Dominicains, le président a promis de continuer d'insister pour que les nations de la région s'impliquent dans le sauvetage d'Haïti, qu'il qualifie d'urgent, tant pour des raisons humaines que des raisons sécuritaires.



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