L’insécurité freine le CEP d'Ariel Henry

Au moins sept secteurs sur neuf invités à désigner des membres au Conseil électoral provisoire (CEP) déclinent l’invitation du Premier ministre Ariel Henry. Ces derniers évoquent l’insécurité qui s’installe dans le pays et la division politique. Cependant, ces secteurs disent ne pas écarter totalement la possibilité d’intégrer le CEP.

Publié le 2021-10-14 | lenouvelliste.com

Après la Conférence épiscopale d’Haïti (CEH), les cultes réformés, les associations de patrons de presse ANMH et AMIH, des organisations de droits humains, la Conférence des recteurs d’université, le secteur paysan c’est le tour du secteur de la diaspora qui refuse de désigner un représentant au Conseil électoral que veut former Ariel Henry. Dans une correspondance responsive adressée le 13 octobre au chef du gouvernement, l'organisation LHADAN explique son refus.

« Monsieur le Premier ministre Ariel Henry, LHADAN se dit honorée d’avoir été retenue par la Primature afin de participer à la sélection de cadres parmi les Haïtiennes et les Haïtiens vivant à l’étranger pouvant mettre leur expertise au service de la nation. Malheureusement, parmi les 72 organisations de la coalition, certaines hésitent à participer à cet exercice, ce qui nous oblige à décliner l’offre, vu que toutes les décisions au sein de LHADAN se prennent en assemblée générale. 

Selon la coalition, la gestion de l’insécurité est un souci majeur et devrait être une priorité avant toute autre chose. Il est à noter que LHADAN espère qu’un accord global et uni, reflétant toutes les revendications de nos frères et sœurs vivant en Haïti tant qu’à l’étranger, sera conclu dans les prochains jours avant d’engager la coalition. « Merci de nous avoir inclus dans ce processus noble. Nous nous tenons disponibles pour toute collaboration œuvrant à sortir notre nation de ce carrefour d’impasses.»

GRAHN-Monde comme organisation de la diaspora a été invitée aussi par le Premier ministre pour désigner des membres au nouveau CEP. Le Dr Samuel Pierre, président de GRAHN, a également décliné l’invitation d’Ariel Henry. «… le délai qui nous a été accordé pour répondre à cette invitation est trop court pour nous permettre de réunir nos instances, et encore moins pour ‘’réunir les principaux groupes organisés de la diaspora’’ tel que vous nous l’aviez spécifié dans votre lettre. Le GRAHN demeure néanmoins disponible pour accompagner le pays, en toute solidarité, dans les choix consensuels et éclairés qui auront été faits pour construire un meilleur destin et promouvoir le progrès au bénéfice de la population haïtienne d’aujourd’hui et des générations futures », lit-on dans la réponse envoyée au chef de la Primature.

Dans la correspondance d’Ariel Henry adressée aux organisations de la diaspora, il est indiqué : « Dans le cadre de Ia mise en œuvre de l'Accord politique pour une gouvernance apaisée et efficace de la période intérimaire, publié dans le journal officiel Le Moniteur, en date du 17 septembre 2021, je travaille actuellement à la mise en place des organes qui y sont prévus. Nos compatriotes de la diaspora figurent aux articles 14 et 17, parmi les groupes qui sont appelés à contribuer à la formation de deux de ces organes. II s'agit d'une part du Conseil électoral provisoire, un  membre, et de l'Assemblée nationale constituante deux membres d'autre part. »

« Je vous prie de veiller à ce que les personnes proposées répondent aux critères suivants : jouir d'une excellente réputation et n'avoir jamais été condamné à une peine afflictive ou infamante, avoir un niveau universitaire, justifier d'une dizaine d'années d'expérience professionnelle », a exigé Ariel Henry.

Selon le Premier ministre dans la correspondance, iI est essentiel que les prochains membres du Conseil électoral provisoire inspirent une confiance certaine à Ia population. « C'est indispensable d'obtenir une large participation possible des citoyennes et des citoyens aux prochaines consultations populaires, en vue de garantir une grande légitimité aux futurs élus », a-t-il conclu.

Aucune zone de l’aire métropolitaine n’est épargnée par les agissements des gangs armés qui opèrent en toute quiétude. Le gouvernement et les forces de l’ordre sont incapables de protéger la population face à la fureur des groupes armés qui tuent, kidnappent, violent et pillent.  



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