Crise politique/Dialogue

Pourquoi l’accord politique entre Ariel Henry et des partis de l'ancienne opposition peine à entrer en application ?

Publié le 2021-10-06 | lenouvelliste.com

Signé le samedi 11 septembre dernier, l’accord politique entre le Premier ministre Ariel Henry et des organisations politiques de l’ancienne opposition devait entrer en application huit jours après sa signature. Environ un mois après, Ariel Henry peine à appliquer l’accord. Edmonde Supplice Beauzile, président de la Fusion, a confié au Nouvelliste que cette semaine il y aura des avancées dans l’application du document. Me André Michel du SDP estime qu’il y a déjà des avancées. « On travaille sur l’implémentation de l’accord », a indiqué au journal un membre du cabinet du Premier ministre.

Contrairement aux autres accords politiques sur le tapis, celui paraphé entre Ariel Henry et des organisations politiques de l’ancienne opposition est le seul à être publié dans le journal officiel de la République d'Haïti, Le Moniteur. Cependant, le Premier ministre se trouve, pour le moment, dans l’incapacité de l’appliquer. Pourquoi ? « Le Premier ministre nous dit qu’il aurait souhaité avoir encore beaucoup plus de gens autour de la démarche », a confié au Nouvelliste la présidente de la Fusion, signataire de l’accord pour une « gouvernance apaisée et efficace ».

Selon l’ancienne sénatrice, le Premier ministre poursuit les rencontres ; voilà pourquoi l’accord n’est pas encore entré en application.  « Il a voulu mettre en place le nouveau gouvernement depuis la semaine dernière. Son cabinet est en train de contacter les secteurs pour la formation du Conseil électoral provisoire », a avancé Edmonde Supplice Beauzil dans une interview accordée mercredi au journal. Elle a souligné avoir des rencontres avec le Premier ministre au moins deux fois par semaine et parle en fonction de ce que lui a dit le Dr Henry.

La cheffe de la Fusion a indiqué que le Premier ministre se donne comme limite cette semaine pour appliquer l’accord du 11 septembre 2021. « En tant que signataires, nous lui demandons de s’activer dans l’application de l’accord », a révélé madame Beauzile, soulignant que les signataires optent pour le dialogue avec d’autres secteurs sur l’accord.

Pour Me André Michel, porte-parole du Secteur démocratique et populaire, signataire de l’accord, « il y a des pas qui ont déjà été franchis dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord du 11 septembre 2021. Cependant, nous devons reconnaître que certains points de la mise en application de l’accord ne rencontrent pas le calendrier pré-établi. C’est le cas de la formation du gouvernement de consensus et l’installation du CEP. Des discussions sont en cours en vue d’activer l’exécution de l’accord politique pour une gouvernance apaisée et efficace de la période intérimaire. Compte tenu de l’urgence, nous encourageons les signataires de l’accord, particulièrement le Premier ministre Ariel Henry, à finaliser les discussions relatives à la formation du gouvernement de consensus et à l’installation du CEP. »

Selon l’ancien opposant farouche à Jovenel Moïse, le dialogue se poursuivra entre Haïtiens et Haïtiennes de tout bord. « Les revendications de la population d’abord et avant tout ! », a-t-il soutenu.

Un membre du cabinet du Premier ministre a confié mercredi au Nouvelliste : « On s'attelle à la mise en œuvre de l’accord. Bientôt il y aura la formation des institutions comme le CEP, l’organe de contrôle et éventuellement un gouvernement. Tout cela, le plus rapidement possible… »

Selon l’accord politique d’Ariel Henry, le Premier ministre procède aux nominations nécessaires à tous les niveaux de l’administration publique et dans l’appareil d’État. Le Premier ministre Ariel Henry est le chef du gouvernement et préside le Conseil des ministres jusqu’à la prise de fonction des nouveaux élus et la désignation d’un nouveau gouvernement.

Le document prévoit la création d’une autorité de contrôle et de suivi de la mise en œuvre de l’accord.  Cet organe est constitué de 23 membres bénévoles auxquels s’adjoignent les sénateurs en fonction. Elle a pour mission de contrôler l’action du gouvernement et de veiller à la bonne exécution des dispositions du présent accord...

Le gouvernement formé dans le cadre de cet accord devra créer les conditions pour la tenue des élections générales au plus tard à la fin de l’année 2022 sous l’empire de la nouvelle constitution et l’installation des élus légitimes au début de l’année 2023, prévoit l’accord.

Il faut souligner qu’il y a aussi l’accord de Montana signé par des organisations de la société civile et de partis politiques. Contrairement à l’accord d’Ariel Henry, celui de Montana prévoit un président et un Premier ministre à la tête du pays. D’un autre côté, il y a la position du sénateur Joseph Lambert, président de ce qui reste du Sénat qui se base sur une résolution de ses pairs pour revendiquer le pouvoir.  



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