Assassinat de Jovenel Moïse: la chancellerie haïtienne demande le support de l’ONU dans la conduite de l’enquête

Publié le 2021-08-05 | lenouvelliste.com

Le ministre des Affaires étrangères, Claude Joseph, a adressé une correspondance au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Dans ce document dont a pris connaissance le journal, le chancelier sollicite l’appui de l’ONU dans l’enquête sur l’attaque qui a coûté la vie au président Jovenel Moïse. Cet appui consiste notamment en la création d’une commission d’enquête internationale. 

« Je souligne à votre attention le fait que la présomption de la participation de ressortissants de pays étrangers dans le financement, la planification et la mise en œuvre de cet acte odieux et crapuleux en fait un crime international dont la clarification et la répression appellent à la solidarité internationale. Tout en réaffirmant ma confiance dans l’intégrité, le sérieux, le professionnalisme des agents impliqués dans la conduite de l’enquête, j’attire votre attention aussi sur les limites et les faiblesses ainsi que le manque d’expérience du système judiciaire haïtien en matière de traitement de dossiers d’une telle envergure qui font planer de sérieux doutes sur sa capacité d’une part, à bien mener cette enquête, et d’autre part, à en poursuivre, juger et condamner les auteurs et complices de manière exemplaire, conformément aux lois de la République », lit-on dans la lettre adressée au secrétaire général de l’ONU le 3 août 2021. 

Selon la correspondance de Claude Joseph, l’appui onusien dans ce contexte  constituera en la mise en place très rapidement d’une commission d’enquête internationale. Cette commission, poursuit-il dans la lettre, viendrait en complémentarité des travaux et efforts des instances nationales. De plus, le chancelier haïtien a sollicité la formation d’un tribunal spécial chargé de juger les coupables. Claude Joseph rappelle qu’une initiative similaire a été prise pour le Liban en 2005, suite à l’attentat terroriste du 14 février 2005 ayant occasionné la mort de vingt-deux personnes, dont celle du Premier ministre Rafic Hariri et de dizaines de blessés. « Les modalités de la mise en œuvre et du fonctionnement de ces instances feront l’objet de décisions du Conseil de sécurité », a précisé le ministre des Affaires étrangères dans sa correspondance.



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