Référendum : des membres du CEP en difficulté dans plusieurs villes de province

Après la commune de Jean-Rabel, dans le département du Nord-Ouest, la semaine dernière, des membres du Conseil électoral provisoire (CEP) décrié ont eu du mal à présenter à la population le projet de référendum, fixé au 27 juin prochain, dans plusieurs autres villes de province.

Publié le 2021-05-10 | lenouvelliste.com

C’est un certain Me Andalasse Mertilus, originaire de Jean-Rabel, qui avait donné le ton en s’opposant catégoriquement à une activité des membres du CEP dans sa commune sur le référendum la semaine dernière. Alors qu’une délégation du Conseil électoral provisoire était dans le Nord-Ouest pour présenter à la population le projet de référendum et sa réalisation le 27 juin prochain, Me Mertilus a pris la parole et durant une dizaine de minutes et il a expliqué aux représentants du CEP que le référendum est illégal et inconstitutionnel tout en leur donnant 21 minutes pour quitter Jean-Rabel…

Me Andalasse Mertilus a pu rallier à sa cause tout le public qui participait à l’activité et la délégation du CEP n’avait d’autre choix que de filer à l’anglaise. Son intervention est devenue virale sur les réseaux sociaux et depuis, un peu partout à travers les villes de province, le CEP bute sur l'hostilité des gens ou des organisations qui l’empêchent de réaliser ses activités liées au référendum.

À Hinche

Une situation de tension a régné le dimanche 9 mai à Hinche, au Crystal bar, au moment où des membres du Conseil électoral provisoire, en visite officielle dans la commune, ont voulu discuter du référendum constitutionnel avec certaines personnalités proches du PHTK, le parti au pouvoir. Selon le correspondant permanent de Le Nouvelliste dans la région, Joram Moncher, les membres de l'opposition locale ont boycotté les activités du CEP. Plusieurs véhicules ont eu leurs pare-brise cassés et la délégation du CEP a dû rebrousser chemin, escortée par des agents de police pour éviter le pire.

« C’est inacceptable de laisser Jovenel Moïse changer la Constitution comme bon lui semble. On nous prend vraiment pour des truffes», a lancé Yolande Pierre, une habitante de la commune. « On commence à être fatigués, le gouvernement veut nous mettre au pied du mur », a renchéri Ernso Jean-Pierre.

Flood Louis, représentant du parti AAA à Hinche, dénonce la mainmise du chef de l'État sur toutes les institutions du pays. « Ces gens n'inspirent pas confiance. Ils travaillent pour satisfaire leur patron. Nous avons de mauvais souvenirs d'eux », a-t-il lancé.

Cependant, cette position n’est pas celle de toute la population de la ville de Hinche.  « Il y a des gens qui utilisent le référendum pour semer la pagaille. Je vais écrire au CEP pour lui demander de ne pas prendre en compte cette position », a déclaré à la sortie du club une jeune dame visiblement en colère contre la décision du directeur départemental de la police de ne pas prendre les mesures pour contrer les membres de l'opposition locale en franchissant les barrières où l’activité du référendum se réalisait.

À Ouanaminthe

À Ouanaminthe, des membres de l’opposition ont empêché une rencontre d’une délégation du CEP avec des membres de la population sur le référendum. L’ancien sénateur Jean-Baptiste Bien-Aimé, coordonnateur de Inisyativ patriyòt Marien dans la région, membre de l’opposition, a fait savoir que l’opposition se dressait contre toute activité du CEP sur le référendum dans le département.

Par ailleurs, au Cap-Haïtien, une délégation du Conseil électoral provisoire a bouclé, le samedi 8 mai 2021, une série de rencontres de sensibilisation autour du référendum constitutionnel de juin prochain. Selon notre correspondant permanent dans la deuxième ville du pays, Gérard Maxineau, les débats ont été tenus au Centre d'opération d'urgence départemental (COUD) du Nord, à Vaudreuil, en présence notamment du délégué départemental, Dégaul Pierrot Augustin.

Le conseiller électoral Guy Roméus, qui présidait la délégation, a expliqué que le référendum de juin prochain visait à doter le pays d’un nouveau contrat social. « Le référendum, c'est l'affaire de tous et n'a aucun intérêt particulier », a-t-il dit.

Alors que plusieurs de ses proches, des organisations de la société civile haïtienne, des organisations politiques de l’opposition, des partis politiques proches du pouvoir et des partenaires de la communauté internationale prennent leurs distances par rapport au référendum, le président Jovenel Moïse n’en démord pas. Il maintient la date du 27 juin prochain pour l’organisation du référendum constitutionnel.

Pour le locataire du Palais national, quelqu’un qui est contre le référendum doit aller voter pour dire non. M. Moïse a appelé la population à aller voter au référendum du 27 juin prochain pour doter le pays d’une autre constitution.



Réagir à cet article