Gueldy René, le samba de Cité Soleil

Publié le 2021-05-05 | lenouvelliste.com

Si le quartier de Cité Soleil est considéré comme une zone de non droit, une zone à haut risque, de turbulences permanentes pour plus d'un, il regorge cependant de talents à l'état pur, d'étoiles joyeuses, méconnues qui attendent l'aube nouvelle pour se faire valoir, s'extérioriser et briller de tous les éclat.

Profitant du challenge sur la Toile «kote kòb Petwo Karibe a ?», il y a deux ans, Gueldy René a réalisé une chanson intitulée «Nou pa vin chèche kont», avec sa voix de samba, qui a piqué la curiosité de tous les internautes  et des fins connaisseurs, pas des moindres, en particulier le guitariste et producteur de renommée internationale Vladimir Jimmy Jean-Félix qui finalise présentement son premier album solo aux fortes sonorités jazz dans l'État de Massachaussets (Boston).

En si peu de temps, il a recueilli plus de 20824 views. Selon le maestro Jimmy qui a remixé la chanson avec une touche impregnée de jazz, Gueldy est un jeune bourré de talents, d'énergie et d'audace qui mérite d'être encadré au plus haut niveau.

«J'aime sa touche, son doigté à la guitare, la mélodie et les paroles de la pièce. Je suis déjà en pourparlers avec lui pour d'éventuelles collaborations à l'avenir», nous a confié Jimmy, ayant roulé sa bosse au sein des formations musicales telles que «Splash», «Kilti Chòk», «Zetwal», «Boukman Eksperyans» et «Boukan Ginen».

Né à cité Soleil un 2 mai 1986, Gueldy fait ses études primaires et secondaires dans ladite cité. Il a grandi dans le quartier de Bwa Nèf dans une famille de sept enfants. C'est à l'église qu'il a fait ses premières armes dans la musique en intégrant joyeusement la chorale des jeunes.

«À l'église, j'ai tout appris sur le plan musical», a confié ce jeune chanteur-guitariste, compositeur, qui caressait le rêve de devenir un footballeur professionnel à l'instar de Messi, de Romario, de Ronaldo, de Neymar, de MBappé. Malheureusement, ses grandes aspirations en matière de foot sont parties en fumée et c'est l'art musical qui a prédominé au fil des années. «Je suis un fan inconditionnel du samba Eddy Francois, de Bélo, de B.I.C et de Jean Jean Roosvelt. À mon avis, la musique représente une arme de combat, de revendication qui n'a ni couleur, ni race.»

Il a fait paraître en l'année 2015 un c.d intitulé «Respekte rèv ou». Depuis tantôt sept ans, il travaille pour le compte de l'organisation internationale «Project home art». Il est aussi membre de «Solèy Akoustik» qui n'est rien d'autre qu'une plateforme destinée à l'encadrement et au soutien des talents de la zone par le biais des différentes formes artistiques telles que la danse, le théâtre, la peinture et surtout la musique.

André Fouad

André Fouad
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