Claude Joseph : « La communauté internationale n’a pas à supporter ou pas le référendum »

Publié le 2021-04-29 | lenouvelliste.com

Le Premier ministre a.i. Claude Joseph s'est opposé à ceux qui croient que la communauté internationale a sonné le glas du référendum en mettant le cap sur un accord politique, sur les élections après avoir braqué ses projecteurs sur le déficit de transparence, d’inclusion et d’appropriation des forces vives d’Haïti du processus de préparation d’une nouvelle constitution. « La communauté internationale n’a pas à supporter ou pas le référendum. N’oublions pas que le référendum est un acte de souveraineté », a affirmé Claude Joseph, dans une interview accordée au Nouvelliste, jeudi 29 avril 2021.

« Cependant, a indiqué le Premier ministre a.i., nous sommes d’accord qu’aujourd’hui, une constitution doit passer une série de tests. (...) Ce sont des tests démocratiques, universels qu’une constitution doit passer. C’est là la préoccupation qu’il y a au niveau de l’international que nous sommes en train d’apprécier et nous y travaillons ». «Ce n’est pas une constitution qui va donner un pouvoir illimité à l’un des trois pouvoirs», a assuré Claude Joseph. 

« Comme vous le savez, c’est un avant-projet d’une constitution. Les différents secteurs réagissent. Je peux toutefois vous dire que nous mettons le cap sur le référendum», a indiqué Claude Joseph, soulignant que «90 % des personnes consultées via trois sondages disent qu’elles ont besoin d’une autre constitution».

La première observation sur les travaux de l'avant-projet de constitution est venue du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), le 13 avril 2021, «au lendemain de la cérémonie de restitution des travaux organisés par l'OPC sur l’avant-projet de la nouvelle constitution». Le BINUH, qui avait souligné qu'il "continue de suivre les progrès du processus de consultation », avait  balancé son constat dans un tweet : « À ce stade, le processus n’est pas suffisamment inclusif, participatif ou transparent. L’appropriation nationale du projet de constitution exige l’engagement d’un éventail plus large des acteurs politiques, sociétaux, y compris les groupes de femmes et de religieux dans tout le pays ».

Le Core Group, dans le sillage du BINUH, avait  exprimé le 26 avril sa préoccupation par rapport au projet de changement de constitution. « Quant au changement de Constitution, le Core Group exprime sa préoccupation devant le fait que ce processus n’est pas à ce stade suffisamment inclusif, participatif ou transparent », avait indiqué ce regroupement de diplomates qui enfonce le clou. « Une telle réforme devrait se dérouler sur la base d’une large consultation qui implique l’ensemble des forces vives de la nation », avait indiqué le Core Group, soulignant qu’il « est crucial que l’année 2021 permette aux Haïtiens et Haïtiennes d’exprimer leur volonté par la voie démocratique en exerçant leur droit de vote ». 



Réagir à cet article