Crise politique

La DIRPOD écrit à l’OEA et estime qu’il est encore possible d’aboutir à un départ ordonné de Jovenel Moïse

Publié le 2021-04-29 | lenouvelliste.com


Dans une correspondance adressée à la présidente du Conseil permanent de l’Organisation des États américains (OEA) le 23 avril dernier, la Direction politique de l’opposition démocratique (DIRPOD) a indiqué qu’elle était disponible à participer à toute initiative pouvant conduire à une résolution pacifique de la crise haïtienne. De l’avis de cette branche de l’opposition, « il est encore possible d’aboutir à un départ ordonné de M. Jovenel Moïse dont le mandat a pris fin le 7 février 2021… »

Les possibilités d’un dialogue entre tous les acteurs impliqués dans la crise politique s’amenuisent de plus en plus. La plupart des organisations politiques de l’opposition n’entendent pas dialoguer avec le président de la République, l'accusant d'être illégal et inconstitutionnel. Certains responsables de regroupements de partis politiques de l’opposition se tournent vers des organisations internationales pour trouver une solution à cette crise qui ronge le pays.

En ce sens, la Direction politique de l’opposition démocratique (DIRPOD), qui regroupe un ensemble de partis politiques, écrit à la présidente du Conseil permanent de l’OEA. La Dirpod a dit prendre connaissance de la Résolution 1168 adoptée le 17 mars 2021 par le Conseil permanent de l’Organisation des États américains.

« Les constats figurant dans ladite Résolution montrent l’attention que les membres du Conseil permanent portent sur la situation qui prévaut en Haïti, surtout en ce qui concerne les violations de la Constitution, la non-tenue des élections régulières dans le temps imparti par la loi, la gouvernance par décret, les violations systématiques des droits de la personne humaine et la dégradation accélérée de l’environnement sécuritaire qui a mis à nu l’incapacité des autorités en place à endiguer la montée de la criminalité », a écrit la DIRPOD.

Cependant, la DIRPOD veut plus, beaucoup plus. Cette branche de l’opposition estime que le Conseil permanent de l’OEA pourrait même juger opportun de constater que la crise haïtienne actuelle correspond au cas de figure prévu à l’article 19 de la Charte démocratique de l’OEA stipulant : « Sur la base des principes énoncés dans la Charte de l’OEA et sous réserve des normes de celle-ci, et conformément à la clause démocratique figurant dans la Déclaration de Québec, l’interruption inconstitutionnelle de l’ordre démocratique ou l’altération de l’ordre constitutionnel qui menace sérieusement l’ordre démocratique dans un État membre de l’OEA, constitue, tant que dure la situation, un obstacle insurmontable à la participation de son gouvernement aux sessions de l’Assemblée générale, de la réunion de consultation des ministres des relations extérieures, des conseils de l’Organisation et des conférences spécialisées, commissions, groupes de travail et autres organes de l’OEA ».

La DIRPOD dit prendre acte « avec intérêt que le Conseil permanent utilise le mécanisme qui y est prévu, en proposant ses bons offices en vue de promouvoir la normalisation de la démocratie institutionnelle (article 20 alinéa 2 de la Charte démocratique interaméricaine) ».

« La DIRPOD s’étonne toutefois qu’aucune suite n’ait été donnée à ladite résolution par le secrétariat général de l’OEA », ont souligné ces organisations politiques dans cette correspondance adressée à la présidente du Conseil permanent de l’OEA.  

« Face à l’instabilité actuelle et le chaos qui sévissent dans le pays, il convient de trouver une solution durable à la crise politique qui menace de saper les fondements même de la nation. la Direction politique de l’opposition démocratique est d’avis qu’il est encore possible d’aboutir à un départ ordonné de M. Jovenel Moïse dont le mandat a pris fin le 7 février 2021 eu égard à l’article 134.2 de la Constitution de la République d’Haïti et à l’article 239 du décret électoral du 2 mars 2015 », a évoqué la DIRPOD dans la correspondance.  

Les membres de cette structure de l’opposition conclut la correspondance en réitérant leur « disponibilité à participer à toute initiative pouvant conduire à une résolution pacifique de la crise haïtienne, la DIRPOD souscrirait à une telle démarche dans les limites de la constitution haïtienne en prenant en considération les revendications légitimes de la population haïtienne ».



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