EFED et UFMORH

Campagne contre les violences basées sur le genre à Pyepoudre

Publié le 2021-03-23 | lenouvelliste.com

Une culture de la violence, c’est ancréee dans l’habitude de certains groupes de personnes. Cette culture formate certains esprits. Souvent elle lie violence et virilité. Et c’est par la culture que ce schéma doit être défait. C’est en ce sens que l’Engagement des femmes et des filles pour l’environnement et le développement (EFED), l’Union des femmes à mobilité réduite d’Haïti (UFMORH) et Haiti Adolescent Girls Network (HAGN) ont porté leur parole dans un lieu culturel pour dire non à cette violence basée surtout sur le genre.

En vue de diminuer, voire éliminer les nombreuses violences physiques, sexuelles, psychologiques  dont sont victimes les femmes et les fille en Haïti, l’Engagement des femmes et des filles pour l’environnement et le développement  (EFED), l’Union des femmes à mobilité réduite d’Haïti (UFMORH) et Haiti Adolescent Girls Network (HAGN) ont lancé une campagne de sensibilisation, le samedi 13 mars 2021, à Pyepoudre, contre toutes ces violences répétitives basées sur le genre. Cette activité est organisée dans le cadre d'une initiative de Spotlight, financée par ONU Femmes Haïti. 

Au cours de son intervention pour le lancement de la campagne de sensibilisation aux violences basées sur le genre au sein des familles haïtiennes, madame Marie Sheyla Durandisse a déclaré que ces nombreuses violences faites aux femmes sont systémiques et  structurelles.  

Yeux inquiets, poings fermés, la directrice exécutive de l’engagement des femmes et des filles pour l’environnement et le développement (EFED) croit que ces violences doivent interpeller chacun d’entre nous. À travers ces mots prononcés à haute voix, on comprend que ces violences concernent à la fois  l’avenir des femmes et des filles du pays, mais aussi elles se trouvent impliquées dans le devenir de la société dans sa globalité. En ce sens, madame Durandisse pense qu’elles doivent disparaitre pour aboutir à une société équilibrée, juste,  égalitaire et respectueuse des droits  inaliénables de toute personne humaine. 

« Dans cette campagne de sensibilisation, on met l’accent sur la violence exercée dans les familles. Dans les relations de couple, les relations parents-enfants,  parents-grands-parents, et tant d’autres formes de relation dans les familles, il y a de la violence.  Et cette violence  est souvent exercée sur les femmes.  Cette violence dans la société reflète une  atmosphère de violence généralisée qu’on trouve dans les familles. Commençant par les fouets, en passant par des formes de violence psychologique », a-t-elle  dit, soulignant au passage que la campagne aura pour mission, entre autres, de définir la violence pour ces familles, expliciter les différents types de violence afin de parvenir à une prise en charge.

Cette campagne de sensibilisation, qui se terminera le 3 avril 2021, cible cinq communes du département de l’Ouest : Port-au-Prince, Delmas, Pétion-ville, Tabarre et Carrefour.  Les organisations en charge de cette campagne engageront dix personnes pour faire du porte-à-porte, sensibilisant ces familles autour des différentes formes que prend la violence basée sur le genre. 

Une violence généralisée

Pour lancer cette campagne, deux autres panelistes ont prix la parole : Charline Agustin, la coordonatrice a.i de  l’Union des femmes à mobilité réduite d’Haïti (UFMORH) et Zola Lamothe, membre de l'Engagement des femmes et des filles pour l’environnement et le développement (EFED).   

Dans son intervention, Charline a surtout attiré l’attention sur la violence de tout genre exercée sur les personnes en situation de handicap.  De son côté, Zola Lamothe, faisant partie des dix personnes qui seront sur le terrain, a expliqué son engament auprès des communautés pour réduire les inégalités et les violences basées sur le genre.

Au terme de cette activité de lancement, madame Durandisse a pris le soin de mentionner que cette campagne de sensibilisation annonce d’autres campagnes et d’autres formes d’accompagnement  des femmes et des filles victimes de violence au sein de la famille. 

« La société doit prendre conscience et se mobiliser pour stopper la violence au sein des familles, et spécifiquement la violence exercée sur les femmes et les filles. Que ce soit une femme en situation de handicap ou  une femme d’un certain âge ; que ce soit une fille en domesticité, une  servante ou une bonne, ou une femme qui subit la violence de son mari. Il faut absolument freiner ces violences dans les familles qui ont tendance à se généraliser dans toutes les strates de la société », a-t-elle-conclu.

Wébert Pierre-Louis  webertpierrelouis94@gmail.com
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