Accompagnement social

Toujours pas de réduction de prix sur le riz chez les détaillants…

Publié le 2019-02-20 | Le Nouvelliste

Le mercredi 20 février, dans certains lieux de Port-au-Prince visités par Le Nouvelliste, la petite marmite de riz étranger se vend entre 50 et 55 gourdes. Cinq jours après, l’annonce du Premier ministre promettant que la petite marmite de riz passera de 50 à 35 gourdes n’a pas encore produit l’effet escompté. Cependant, chez le grand distributeur Marché Ti Tony S.A., le prix du sac de riz accuse une baisse considérable.

En attendant l’application des huit premières mesures visant à améliorer les conditions de vie de la population, le Premier ministre avait fait savoir ce qui suit dans son adresse à la nation samedi dernier : « Nous avons établi un programme avec l’ensemble des producteurs locaux, importateurs et partenaires internationaux pour baisser les prix des produits de première nécessité. Notamment pour le prix du riz qui passera de 50 à 35 gourdes d’ici la semaine prochaine (NDLR : cette semaine). »

Cinq jours après cette promesse, la petite marmite de riz étranger Mega et Tchako se vend encore entre 50 et 55 gourdes dans certains endroits de l’aire métropolitaine. Le riz  Loulouse, qui est de moins bonne qualité, se vend entre 40 et 45 gourdes. S’agissant des riz locaux, la petite marmite de riz Shella et Shelda se vend entre 75 et 80 gourdes, le riz Lacrète entre 65 et 70 gourdes et le riz TCS entre 60 et 65 gourdes, a constaté Le Nouvelliste.

« Chez nous, aujourd’hui, le sac de riz de 9 marmites se vend déjà à 1344 gourdes. Avant, il se vendait à 1600 gourdes », a confié au Nouvelliste mercredi Anthony Bennett, responsable de Marché Titony S.A., grand distributeur de riz. Il y a donc une réduction de plus de 250 gourdes sur le sac de riz de neuf marmites, après l’entente entre le gouvernement et les importateurs de riz.

Selon Anthony Bennett, avec cette réduction, la petite marmite de riz devrait pouvoir se vendre à environ 35 gourdes, comme l’avait annoncé le chef du gouvernement. Cependant, l’homme d’affaires a souligné que du distributeur aux petits détaillants dans la chaîne, cela peut prendre 2 à 3 jours pour l'application effective du prix subventionné.

Par contre, des détaillants interviewés par Le Nouvelliste ne sont pas si optimistes quant à une réduction effective du prix du riz sur le marché local. « Lorsque j’achète chez un grand distributeur, je vais revendre le riz à un autre détaillant, et lui à un détaillant plus petit que lui. Ce dernier va revendre à un détaillant encore plus petit que celui qui va vendre le riz  par marmite au consommateur. À chaque niveau, il y a une marge de bénéfice à faire qui prend en compte le transport, et ces derniers jours il faut payer pour sécuriser le produit pendant le transport », a expliqué au Nouvelliste un commerçant de la place.

Selon lui, dans la chaîne de distribution, c’est le petit vendeur par marmite qui va déterminer le prix final du produit, puisque l'écrasante majorité de la population achète par marmite, qu’il s’agisse du riz ou de n’importe quel autre produit.

De petits détaillants ont confié au Nouvelliste que depuis les événements des 6 et 7 juillet 2018, le prix des produits de première nécessité ne cesse de grimper. « Pendant les jours du pays lock, la petite marmite de riz se vendait jusqu’à 65 gourdes…,  », a lâché une détaillante. Elle attend la réduction annoncée par le Premier ministre, sans trop y croire.

L’entente entre les importateurs de riz et le gouvernement devrait permettre, entre autres, une réduction de 2 dollars américains sur chaque sac de riz avec un taux de change stable de 84 gourdes pour un dollar. Mais cette entente ne concerne qu’un bateau par importateur, elle n’est pas sur la durée, a appris Le Nouvelliste. Il s’agit d’un test, d’un premier essai qui peut durer jusqu’à 30 jours environ.

Ses derniers articles

Réagir à cet article