Valeurs montantes

Jean D’Amérique : le vent en poupe

Fraîchement revenu d’une résidence artistique à Agen, en France, Jean D'Amérique, poète et slameur, est en lice pour l’obtention du prix « Révélation de poésie & compagnie » 2016 de la Société des gens de lettres (SGDL) pour son recueil "Petite fleur du ghetto" . Le Nouvelliste en a saisi l’occasion pour un court dialogue.

Publié le 2016-09-23 | Le Nouvelliste

Culture -

Le Nouvelliste (L.N.) : Jean D’Amérique, la Société des gens de lettres (SGDL) de France dévoile sa sélection des prix Révélation 2016, et derrière votre « Petite fleur du ghetto », publié chez Atelier jeudi soir, vous figurez dans la catégorie "Prix Révélation de poésie & compagnie". Cela doit vous réjouir ? Jean D’Amérique (J.D'A.) : Trop heureux d'apprendre cette nouvelle! C'est toujours bien d'avoir d'autres yeux sur son travail. Il faut laisser des passerelles pour des éclairs d'ailleurs. C’est donc intéressant de voir mon texte dans la liste de ce prestigieux prix. Ça me passe doucement une nouvelle part de lune. D'une part, ça me rassure un peu, d'autre part, ça me pousse à gifler ma plume. L.N. : En parlant de plume, vous revenez d’une résidence à Agen, en France. Qu’est-ce qu’elle a apporté à votre apprentissage de l’art poétique et de l’écriture en général ? J.D’A. : Un séjour de création dans un autre milieu ouvre forcément les yeux sur des choses différentes. On change de sentier pour creuser d'autres histoires ; on marche pour ouvrir d'autres flocons de poussière et tailler d'autres soleils. Un artiste, pour demeurer tel et garder l'essence du malheur intime qu'est son art, ça ne reste pas chez soi. Ça change de peau, de nationalité ou de pays, ça change de planète. Moi, je sens toujours ce besoin d'attraper tous les itinéraires en traînant ma virginité, j'ai besoin de choc, j'ai besoin d'être inconfortable dans ma démarche pour me convaincre que je reste encore un artiste. Cette expérience m'a fait rencontrer beaucoup de gens qui sont comme moi dans le bain de l'écriture, les échanges m'ont apporté des sens nouveaux. J'ai saisi des instants intéressants dans des contextes qui ne sont peut-être pas toujours évidents. Dans les ateliers que j'ai animés, dans une soirée littéraire ou pas, autour d'un verbe ou d'un verre... J'ai donc bien ramassé des débris pour alimenter mon écriture. L.N. : Ce séjour a-t-il également mis l’accent sur la technique du slam, médium actuel d’expression poétique orale? J.D’A. : Pas systématiquement. Toutefois, j'ai fait des festivals et des cafés slam. J’ai croisé plein de slameurs à l'œuvre dans des cadres différents du mien et de la scène slam d'Haïti. En France, dans la plupart des scènes régionales, on est beaucoup plus axé sur le côté de l'oralité et la logique de battle. J'ai beaucoup appris de cette pratique. J'en viens à mieux construire mon ultime but de placer dans mon slam un parfait équilibre entre musique et oralité. L.N. : Pouvez-vous nous faire la différence entre le rap et le slam ? J.D’A. : Non. Ils ont chacun leur histoire, leur évolution, leurs habitudes, parfois des cadres de pratique particuliers instaurés par leurs adeptes. Mais au final, on atterrit sur le même pallier. Au fond, ce n'est qu'une question de statut: je suis rappeur, il est slameur... Mettons le slam dans un sachet et le rap dans un autre, ils iront dans le même panier à la fin. Moi, quand je pose un texte, je ne fais pas attention à savoir si c'est du slam ou du rap. Je mise sur le feeling plutôt que les règles. Comme je dis toujours, s'il existe une frontière entre le rap et le slam, elle doit être très étroite. Dans les deux cas, il s'agit d'allier l'écrit et l'oral, la poésie et le rythme, les mots et la musique. L.N. : Pour revenir au prix, en attendant son attribution, quelle est votre actualité ? J’D’A. : Je viens de réaliser un concert récemment à l'Institut français en Haïti qui a eu une très belle réception. Il y a plein de gens qui en redemandent. Je vais donc essayer de le reprendre dans d'autres lieux. J’annoncerai bientôt les dates de cette petite tournée. Ensuite, je trame une claque, un véritable désordre artistique tissé de poésie urbaine, nouveau parfum auquel le public sera convié à la fin de l'année. Aussi, depuis un temps, mon stylo se tape un nouveau délire. Je commence à dresser les esquisses de mon prochain livre. J’essaie d'avancer. Et c'est du coup le moment de poursuivre à fond le travail sur mon album qui devrait voir le jour l'année prochaine. Propos recueillis par Martine Fidèle et Roland Léonard

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