Les mines : une nouvelle loi renforce les inquiétudes

« Le gouvernement et la Banque mondiale concoctent ensemble une nouvelle loi sur les exploitations minières à travers le pays », a dénoncé le collectif « Jistis nan Min » qui regroupe plusieurs plateformes et organisations de la société haïtienne au cours d’une conférence de presse, ce vendredi, dans la capitale. Le collectif a exprimé ses inquiétudes par rapport à cette nouvelle loi dont il a pris connaissance.

Publié le 2014-07-11 | Le Nouvelliste

Economie -

Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (PAPDA), Mouvement démocratique populaire (MODEP), Plateforme des organisations haïtiennes des droits humains (POHDH), Défenseurs des opprimées- opprimés (DOP), Tèt kole ti peyizan ayisyen sont les principales plateformes et organisations regroupées au sein dudit collectif qui est monté au créneau pour dénoncer les manœuvres du gouvernement, de connivence avec la Banque mondiale, afin de déboucher sur des exploitations minières en dehors de tout contrôle. Dans cette perspective, le collectif a signalé la présence de neuf compagnies minières internationales en activité dans le pays. Le collectif remet en question la volonté du gouvernement de faire du secteur des mines sa grande priorité. Il questionne le rôle de la Banque mondiale dans l’élaboration de la nouvelle loi sur l’exploitation des mines. Alors que la Société financière internationale (SFI), membre de la Banque mondiale, finance l’une des compagnies minières actives dans le pays, d’après le collectif. « Nous sommes très inquiets quand on sait que le gouvernement veut faire du secteur des mines une priorité pour les vingt-cinq prochaines années. Le gouvernement n’a pas le droit de faire un tel choix tout seul. L’administration Martelly-Lamothe doit tenir compte de la vulnérabilité environnementale du pays. En outre, il est indispensable d’évaluer les impacts qu’une industrie minière puisse avoir sur Haïti : un pays menacé par des risques sismiques, cycloniques(…) », a déclaré Camille Charlmers, responsable de la PAPDA soulignant que les industries minières font toujours beaucoup de promesses qu’elles n’y tiennent plus. » « Le gouvernement ne peut se permettre d’ignorer le côté historique des exploitations minières dans le pays. C’est une longue histoire qui avait commencé avec le débarquement des colons en 1492. Après notre indépendance, nous avons connu plusieurs expériences en la matière. La plus grande était celle de 1956 qui a duré environ vingt-six ans avec la compagnie Reynold’s Mining Corporation. Cette dernière avait exploité plus de 600 mille tonnes de bauxite à Miragoâne. Elle ne laissait rien au pays sinon qu’un sol infertile à Miragoâne. Il y avait aussi cette expérience avec la compagnie canadienne SEDREN dans les années 60 et 70. Elle avait exploité pendant onze ans environ 1,5 million de tonnes de cuivre. La compagnie a gagné 83 millions de dollars américains en vendant le cuivre sur le marché international. Pourtant, l’Etat haïtien n’a reçu que trois millions de dollars, monnaie américaine », retrace le professeur Camille Charlmers mettant l’accent sur le fait que des recherches confirment l’existence de richesses importantes dans le sous-sol du pays. Intervenant également au cours de cette conférence, la directrice de Global Justice Clinic, Magaret Satterthwaite, a révélé plusieurs cas de violation de droits des citoyens par les compagnies minières, provenant des Etats-Unis et du Canada, actives dans le pays. « Dans le Nord-Ouest, le gouvernement et les compagnies minières ne prennent pas le temps pour faire comprendre aux citoyens vivant dans les communautés ce que c’est une exploration du sous-sol. Pourtant, ils ont signé un accord avec plusieurs centaines de citoyens dont la majorité ne sait pas lire. Dans cet accord, il est dit que les citoyens autorisent les compagnies à travailler sur leur terrain. Plus loin, il est inscrit dans cet accord que ces activités peuvent endommager le sol », a fait savoir la directrice de Global Justice Clinic qui dit avoir effectué une visite de terrain dans les communautés où ces compagnies procèdent à des explorations du sous-sol. « Il y a aussi une violation de la loi de 1976 sur l’exploitation des mines dans le pays », affirme Josué Augusma, membre du collectif. « Selon la loi de 1976, une compagnie ne peut disposer que de 25 kilomètres carrés pour effectuer des travaux d’exploration. Pourtant, dans la nouvelle loi, une compagnie peut avoir jusqu’à 100 kilomètres carrés. Il faut révéler qu’il y a dans le Nord plus de 1 700 kilomètres carrés concernés actuellement par des activités d’exploration (..). Il y a tellement de dérives. Dans le Nord-Ouest, par exemple, il y a une compagnie qui a entamé des négociations directes avec la population. Lorsqu’on considère le niveau de pauvreté existant dans le milieu rural, ensuite le niveau d’études des gens, nous ne pouvons que questionner cette démarche », a martelé Josué Augusma, un membre du collectif. Pour le moment, le collectif confirme qu’il n’y a pas d’exploitation des mines dans le pays depuis la résolution prise par le Sénat de la République. Toutefois, il se montre inquiet au sujet de cette nouvelle loi qui fera échapper les exploitations minières à tout contrôle parlementaire.

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