PAPDA : la nécessité d’augmenter le salaire minimum à 500 gourdes

La Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (PAPDA) démontre la nécessité d’augmenter le salaire minimum à 500 gourdes dans le secteur de la sous-traitance au cours d’une conférence de presse donnée, ce mardi, dans ses locaux à Canapé-Vert, pour saluer la date du 1er mai.

Publié le 2014-04-29 | Le Nouvelliste

Le nouvel ajustement des salaires minimums par l’arrêté présidentiel en date du 16 avril 2014 continue de faire couler beaucoup d’encre. La Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (PAPDA) dénonce cet arrêté. « La revendication des ouvriers, les conditions économiques et la misère qui empire dans le pays ne sont pas prises en compte au niveau de cet arrêté présidentiel », a soutenu Camille Charlemers, coordonnateur général de la PAPDA, précisant que plus le salaire est bas dans un secteur économique, plus il y a d’instabilité dans ce secteur. D’où la nécessité, d’après l'économiste, d’augmenter le salaire minimum à 500 gourdes. Le numéro un de la PAPDA qualifie de propagande et de mensonge les arguments avancés dans les médias contre une augmentation raisonnable des salaires minimums. « A chaque fois qu’il est question d’augmenter le salaire minimum, les discours prononcés font référence à l’augmentation du taux d’inflation, au découragement de la compétitivité et aux pertes d’emplois. Les expériences haïtiennes prouvent le contraire quand on se réfère à tous les épisodes de l’augmentation de salaire. Par exemple, avec l’augmentation du salaire minimum à 400 gourdes en 2009, le nombre d’ouvriers dans le secteur de la sous-traitance passe à présent de 20 000 à 31 000 », a indiqué le coordonnateur général de la PAPDA. « Si nous regardons aujourd’hui le panorama mondial, nous observons une conjoncture de grande mobilisation ouvrière pour l’augmentation de salaire. Il y a une dynamique d’augmentation salariale dans des pays comme la Chine et la Thaïlande », a révélé le professeur Charlemers, soulignant que le salaire minimum en Haïti est très faible en comparaison au salaire dans les Caraïbes et l’Amérique centrale. Sur cette lancée, l’économiste Camille Charlemers a révélé que les donneurs d’ordre américains et canadiens étaient d’accord pour accorder un salaire minimum de 300 gourdes pour huit heures de travail aux ouvriers de la sous-traitance. La PAPDA signale aussi l’absence d’un plan de compétitivité au niveau de ce secteur dans le pays. « La compétitivité n’est pas seulement liée au facteur du salaire mais également à d’autres facteurs infrastructurels, a déclaré M. Charlemers . Bien que que le pays offre, depuis l’année 1969, le salaire le plus faible dans la zone, il n’est pas le pays qui attire le plus grand nombre d’investisseurs. La raison, c’est que les investissements exigent un environnement macroéconomique avec des infrastructures de transport, port, aéroport, etc. » Le coordonnateur de la PAPDA a avancé que la sous-traitance ne pourrait pas être le véritable moteur de la croissance économique et de développement en Haïti. « C’est un secteur enclavé. Lorsqu’on dit que le pays exporte pour environ 800 millions de dollars américains à travers ce secteur, il faut demander combien de dollars dépensés pour payer les intrants importés. Environ 80% de ce montant va à l’importation des intrants. La sous-traitance n’est pas connectée aux autres secteurs de la vie nationale. C’est-à-dire, elle n’achète pas les matières premières dans le pays et ses produits ne s’écoulent pas sur les marchés locaux. Pourtant, l’élevage haïtien pourrait bien offrir les intrants pour la confection des ceinturons », a signalé M. Charlemers. La PAPDA se pose des questions sur le travail effectué par le Conseil supérieur des salaires (CSS). « Sous quelle base, le CSS a fixé tous ces salaires minimums ? Il n’y a pas eu d'étude scientifique qui analyse le profil global de l’économie haïtienne. Les différenciations n’ont pas été clairement expliquées. Or, le salaire minimum constitue un instrument qui devrait être au service du développement économique et social. C’est aussi un instrument qui ne doit pas être géré simplement dans une perspective patronale. Mais, c’est le constat dans tous les arguments présentés dans la presse. Car la compétitivité, l’inflation et les pertes d’emplois, ce sont des thèmes utilisés toujours par le secteur patronal dans ses discours », a déploré le coordonnateur de la PAPDA.
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