Communauté internationale/Acteurs politiques

Dialogue : Desras, Tholbert et Martelly en mode « je n’attends que toi »

Le processus de dialogue entre l’exécutif, le Parlement et les partis politiques est au point mort. Alors que toutes les parties en présence se disent ouvertes, personne ne veut faire le premier pas. Dans un communiqué publié jeudi, la communauté internationale a appelé à la continuation des discussions.

Publié le 2013-11-07 | Le Nouvelliste

National -

Les esprits s'échauffent, les manifestations se multiplient et on s’achemine lentement mais sûrement vers la fin de l’année sans la moindre chance d’avoir des élections. Le chef de l’Etat et les parlementaires ne se parlent pratiquement plus. Ils se rejettent la responsabilité. Le dialogue est au point mort. C’est dans ce contexte que la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies en Haïti et les membres de la communauté internationale en Haïti se sont rencontrés sur la situation du pays. Dans un communiqué publié jeudi, le chef de la Minustah, les représentants spéciaux et les ambassadeurs du Brésil, du Canada, de l’Espagne, des Etats-Unis d’Amérique, de la France, de l’Organisation des Etats américains et de l’Union européenne accrédités en Haïti appellent les acteurs politiques haïtiens à la continuation du processus de dialogue enclenché le 14 octobre 2013 entre l’exécutif et le législatif afin, disent-ils, d’arriver à une solution de consensus sur les questions politiques clés. « Un tel accord permettra le fonctionnement continu des institutions et la tenue d’élections libres, équitables et inclusives qui sont des conditions nécessaires pour le renforcement de la bonne gouvernance et pour la création d’un cadre propice au développement socio-économique au profit du peuple haïtien », soutient la communauté internationale. Elle estime « qu’il est dans l’intérêt de toutes les parties prenantes de la nation qu’une solution à l’impasse actuelle soit trouvée dans les plus brefs délais, et que cette solution soit mutuellement acceptée par les acteurs politiques ainsi que la société civile haïtienne. » Desras, Tholbert et Martelly en mode « je n’attends que toi » « Le processus de dialogue est au point mort à partir du moment où le président Martelly avait demandé que l’on ait un mandat pour discuter avec lui, a indiqué au Nouvelliste le président du Sénat. Mon assemblée ne m’a pas encore donné ce mandat. J’attends. » Selon le sénateur Dieuseul Simon Desras, après la rencontre du 14 octobre avec le chef de l’Etat, les deux parties devaient se rencontrer dans soixante-douze heures pour le suivi. « Au moment de se rencontrer à nouveau, le président avait écrit à Religions pour la paix, demandant que le président Tholbert Alexis et moi soyons munis d’un mandat pour parler avec lui », a-t-il dit. Pour le parlementaire, l’appel à la poursuite du dialogue lancé par la communauté internationale est un bon souhait. Le président de la Chambre des députés a, lui aussi, reconnu que le processus de dialogue est au point mort. Cependant, Jean-Tholbert Alexis se dit ouvert, disponible et disposé à reprendre les pourparlers là où ils les avaient laissés « pour le bien de la nation ». Le parlementaire a estimé que la communauté internationale n’avait même pas besoin de faire cet appel, parce que, eux au niveau du Parlement, ils n’attendent que cela. Une façon pour le député de dire que la balle est dans le camp du chef de l’Etat. Pour le porte-parole de la présidence, « plus que jamais l’exécutif est disposé au dialogue ». Selon Lucien Jura, parce que le pouvoir accorde une grande importance au dialogue, il veut que ce dernier soit réalisé sans possibilité de contestation après. « C’est pourquoi le président de la République a demandé aux présidents des deux chambres de se faire dûment mandater par leurs assemblées respectives », a-t-il dit, soulignant que le palais national n’attend que ce mandat de Dieuseul Simon Desras et de Jean-Tholbert Alexis. De son côté, Evonie Georges, membre de la plateforme Religions pour la paix qui joue le rôle de médiateur dans le processus de dialogue entre les deux présidents du Parlement et l’exécutif, a indiqué au Nouvelliste que l’institution a déjà transmis aux protagonistes la position de chaque partie. « Depuis lors, il y a eu un silence des deux côtés, a dit constater la représentante du secteur vaudou. C’est ce que nous avons à faire, alors, nous attendons et nous prions. » Interrogé par le journal sur cet appel au dialogue, le responsable de la commission permanente animation, organisation et mobilisation de Fanmi Lavalas, Ansyto Félix, a indiqué que la position du parti n’a pas changé. « Fanmi Lavalas est toujours ouvert au dialogue, cependant, par rapport aux problèmes liés à l’Etat de droit, violation des droits, des arrestations illégales, la dégradation de la situation de la population… nous ne sommes pas prêts à nous asseoir avec le chef de l’Etat dans un processus de dialogue qui, pourtant, est un monologue », a-t-il ironisé. Pour Turnep Delpé, l’un des responsables du MOPOD, le dialogue est un élément fondamental pour toute démocratie. Le leader politique a indiqué qu’il est prêt à prendre part à un dialogue qui a un contenu, une conférence nationale souveraine au cours de laquelle tous les problèmes du pays seront abordés. En revanche, le leader politique a rejeté le modèle de dialogue (mètdam) du pouvoir visant à avoir simplement un accord pour la réalisation des élections. Selon lui, l’exécutif a pris le contrôle de l’appareil électoral en recrutant les membres de BEC et des BED, en révoquant et nommant comme bon lui semble… « Ils ont le contrôle de tous les commissaires du gouvernement, des juges de paix et des juges d’instruction », a dénoncé Turnep Delpé, indiquant que le pouvoir souffre d’un déficit de légitimité constitutionnelle. Entre-temps sur le terrain, l’opposition politique maintient la pression et multiplie les manifestations. Elle boude le précalendrier électoral et réclame une loi électorale, des élections avant la fin de l’année, sinon, le départ du chef de l’Etat.

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