Arnel Bélizaire arrêté, emprisonné, évadé et libéré

Publié le 2011-10-24 | lenouvelliste.com

Arnel Bélizaire a bien été arrêté, s'est évadé, a été reconduit en prison puis a été libéré par un juge, selon son avocat Camille Leblanc. A aucun moment il n'a été condamné à une peine afflictive et infâmante. Il n'a jamais perdu ses droits civils et politiques, précise l'avocat qui prend le contrepied de la campagne que mène Pierre Lespérance du RNDDH. Selon le militant de défense des droits de l'homme le parlemantaire doit répondre aux questions de la justice suite à la demande faite en ce sens au parlement par le commissaire du gouvernement. « Arnel Bélizaire a été en prison à trois reprises. Le 14 septembre 1995, il l'a été pour abus de confiance et libéré quatre jours plus tard. Le 14 octobre 2004, pour détention illégale d'arme automatique. En fuite lors d'une évasion collective au pénitencier national en février 2005, il a été arrêté par la police dominicaine pour vol de véhicule, puis remis aux autorités haïtiennes qui l'ont incarcéré le 4 juillet 2005. Il a été élargi en juin 2006 », rappelle le secrétaire exécutif du RNDDH, Pierre Espérance, faisant référence aux archives de l'organisation. Intervenant ce lundi sur les ondes de Radio Magik 9, le militant de droits humains dénonce la faiblesse des institutions telles que la DCPJ qui ont procuré au député un certificat de bonnes vie et moeurs pour son inscription aux dernières élections législatives. Pierre Espérance critique aussi le Conseil électoral provisoire qui, dit-il, n'a pas tenu compte d'un document présenté par le Réseau de défense des droits de l'homme qui a cité les cas de plusieurs candidats qui ont eu des démêlés avec la justice. « Cela prouve combien l'impunité et la corruption sont institutionnalisées en Haïti », s'indigne le secrétaire exécutif du RNDDH. Pierre Espérance, qui croit que la fonction de parlementaire d'Arnel Bélizaire ne le place pas au-dessus de la loi, salue la décision du commissaire du gouvernement près du tribunal civil de Port-au-Prince, qui a écrit au bureau de la Chambre basse pour lui demander de mettre le député à la disposition de la justice. « Si les autorités judicaires écrivent au bureau de la Chambre basse, ils ont forcément de solides documents », laisse entendre le défenseur des droits humains, qui souhaite que les députés et les sénateurs ne fassent guère obstacle à la justice. Le député Arnel Bélizaire a eu, il y a environ trois semaines, une prise de gueule avec le président de la République au palais national, ce qui laisse planer des interrogations sur la décision du commissaire Felix Léger, selon Pierre Espérance, avant de dénoncer le fait que la justice a toujours fonctionné d'après les caprices du chef de l'exécutif. Une situation qui toutefois ne réfute pas la décision du parquet de Port-au-Prince dans la mesure où les faits reprochés au député ne sont pas injustifiés, a fait savoir le défenseur des droits humains. Le responsable du RNDDH a d'autre part souhaité que ces décisions judicaires n'aillent pas dans un seul sens. Selon Pierre Espérance, il y aurait aux échelons les plus élevés de l'Etat des fonctionnaires qui ont eu dans le passé des démêlés avec la justice haïtienne. Arnel Bélizaire a déjà purgé sa peine Arnel Bélizaire a déjà purgé sa peine pour les accusations de détention d'arme illégale, a indiqué Camille Leblanc, qui l'a représenté dans le cadre de cette affaire. Invité également à Radio Magik 9, l'homme de loi précise qu'en juin 2006, le tribunal correctionnel a ordonné la libération de M. Bélizaire qui a bénéficié de la loi Lespinasse. Le député s'est rendu à la prison et il a été jugé pour l'effraction pour laquelle il a été appréhendé. Or, précise l'avocat, le principe de cumul de peine n'est pas applicable en Haïti. De plus, a-t-il fait savoir, le parlementaire, pour n'avoir pas été poursuivi pendant trois ans pour ce délit, a bénéficié du principe de la prescription. Arnel Bélizaire n'a pas été condamné à une peine afflictive ni infamante, ce qui explique qu'il n'a pas perdu ses droits civils et politiques, a conclu Camille Leblanc.
Danio Darius
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