Haïti: contre la «république des ONG»

Même s'il travaille comme volontaire pour l'ONU, Paul Farmer n'a pas la langue de bois. Alors qu'Haïti connaît la pire épidémie de choléra sur la planète, cet infectiologue soutient qu'on doit en finir avec la «république des ONG», faire confiance à l'État haïtien et créer de l'emploi pour ses citoyens. Médecin et anthropologue de formation, cet Américain travaille depuis près de 30 ans à soigner gratuitement les plus pauvres. Cofondateur de l'organisme Partners in Health, qui oeuvre aujourd'hui dans une dizaine de pays, il a été nommé par Bill Clinton envoyé spécial adjoint de l'ONU en Haïti. Pour la sortie en français de sa biographie, Soulever les montagnes, nous nous sommes entretenue avec ce médecin, qui vient aussi de faire paraître en anglais l'essai Haiti After the Earthquake.

Chantal Guy/La Presse
19 sept. 2011 — Lecture : 3 min.
Q: Vous plaidez pour que l'aide internationale soit versée directement à l'État haïtien, afin de renforcer ses institutions puisque ce financement les contourne. Pourquoi ça ne se fait pas? R: Il faut simplement reconnaître qu'il y a cette «république des ONG». C'était le cas avant le tremblement de terre, c'est maintenant plus prononcé. Si on a des milliers d'ONG qui passent par des filières qui n'incluent pas le secteur public, au bout du compte, on n'aide pas à grand-chose. Il n'y a pas encore de recette, mais c'est clair que ce qu'on fai

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