DNL / Atelier de réflexions / Hôtel le Xaragua

Pour une politique nationale du livre

Publié le 2011-04-29 | lenouvelliste.com

« Partager le savoir, garantir l'avenir », tel est le thème autour duquel la Direction Nationale du Livre (DNL) a organisé du 29 au 30 avril 2011, à Le Xaragua (Montrouis), un atelier de réflexions sur le livre et la lecture. Des écrivains, éditeurs, bibliothécaires, libraires et opérateurs culturels de la capitale et de la Province ont participé aux différents débats devant aboutir, à la proposition d'un document de politique du livre susceptible d'être suivi d'effet. «Le livre est une passerelle certaine non seulement vers nous même, mais aussi vers l'autre. Tous les autres». C'est en substance ce qui ressort des propos de la Directrice de la DNL, Emmelie Prophète, lors du lancement le vendredi 29 avril 2011 des travaux relatifs à l'atelier de réflexions sur le livre et la lecture. Forte de la responsabilité qui incombe à son institution d'avoir la charge légale de proposer un document de politique du livre, Madame Prophète a plaidé pour ce document administratif qu'elle considère comme la boussole et l'instrument de travail et de référence de tous les acteurs de la chaine du livre. Et les résultats seront, selon elle, une meilleure compréhension des actions concertées au service de la communauté, en perspective de plus d'infrastructures de lecture publique qui proposent plus d'informations, plus de formations et de culture, voire une législation relative à l'exportation du livre haïtien. Dans ses propos de circonstance le responsable de la lecture publique à la DNL, Ernst St-Louis a vanté les mérites de son institution qui, depuis sa création en 2005, cherche de plus en plus à devenir cet organe étatique d'orientation et de régulation du secteur du livre et de la lecture, capable de participer valablement à l'application des articles de la Constitution de 1987 qui fait de la culture et de l'éducation deux axes majeurs dans la formation et l'épanouissement de l'homme haïtien. « La DNL est consciente qu'elle ne pourra jamais réussir sa mission sans interpeller les principaux acteurs évoluant dans le domaine, sans la définition d'une vraie politique de l'Etat pour ce secteur qui traverse à la fois l'éducation et la culture ». Auguste D'meza, professeur a l'Université et représentant des Editions Zemès a fait ressortir quant à lui la nécessité de clarifier le mandat des organismes travaillant au niveau du livre en Haïti, en l'occurrence la Bibliothèque Nationale d'Haïti (BNH), les Presses Nationales d'Haïti (PNH), la DNL qu'il considère comme une chaine ou chacun a ses responsabilités. « Un empiétement sur la fonction de la DNL l'empêcherait de jouer son rôle moteur dans l'exécution d'une politique du livre et de la lecture ». Pour sa part, le directeur général du Bureau Haïtien des Droits d'Auteur, Emmanuel Desrivois a mis l'emphase sur le rôle du BHDA comme instrument étatique pour protéger les droits des créateurs, des écrivains. Il a souhaité un partenariat avec la DNL et a appelé à la mise en place d'un observatoire sur le livre en général et sur le livre haïtien en particulier, afin de s'assurer de la qualité des oeuvres à mettre à la portée de la jeunesse, car l'espace privilégié pour les interventions dans le cadre de ce partenariat reste l'université, les écoles publiques et privées, les bibliothèques municipales, etc. Ce partenariat devrait inclure aussi la BNH, les Presses Nationales d'Haïti et les Archives Nationales. Trois ateliers de réflexion ont animé ces assises qui ont pris en compte notamment la nécessité de renouveler et de vitaliser le milieu de la création littéraire et de la pensée scientifique, de dynamiser les maisons d'édition, de développer les conditions nécessaires au travail des auteurs. Ont été également abordées les questions relatives à la promotion, la diffusion et la défense du livre haïtien a l'étranger. Anaïse Chavenet, Claude C. Pierre, Josaphat Robert Large et Marc Dorcin sont d'avis que le livre haïtien à la qualité nécessaire pour constituer un produit d'exportation concurrentiel capable de s'imposer sur le marché international. Françoise Thybule de la BNH, Elizabeth Pierre Louis de la FOKAL, Jean Adler Jean Pierre du Ministère de la Culture et de la Communication (MCC) ont tous plaidé en faveur de la reproduction massive des titres-phare et l'organisation d'ateliers de culture à l'intention de ceux qui s'intéressent à écrire pour le grand public. Frisch Deschamps, des Editions Deschamps, Pierre Buteau, Historien, Ronald C. Paul du MCC, Willems Edouard des Presses Nationales d'Haïti, Lyonel Trouillot, Ecrivain et Jean Euphèle Milcé, écrivain, ont reconnu qu'ils ne sont pas nombreux les auteurs haïtiens qui tirent leurs ressources principales de leurs activités d'écriture malgré que leurs travaux littéraires ou scientifiques peuvent donner lieu à un contrat professionnel à une édition permettant la perception du numéraire sous forme de droits d'auteur. Ils proposent entre autres l'aménagement d'un cadre institutionnel pour l'attribution de bourses d'aide aux auteurs et d'autres compensations financières susceptibles de jouer un rôle essentiel dans l'élaboration d'une oeuvre.
Robenson Bernard Robernard2202@yahoo.fr
Auteur


Réagir à cet article