Evans Lescouflair accusé de viol et de pédophilie

Le ministre de la Jeunesse, des Sports et de l'Action Civique, Evans Lescouflair, est l'objet d'une double plainte pour viol contre Wilio Dor et pédophilie sur un mineur de 16 ans. Selon la plainte déposée le 3 août dernier, les faits remontent au 2 janvier 2010. Cependant, huit mois après, l'affaire est sortie des décombres et étalée au grand jour par des sénateurs dont Youri Latortue, à moins de deux mois des élections présidentielles et législatives du 28 novembre.

Publié le 2010-09-23 | Le Nouvelliste

Une plainte pour viol a été déposée par M. Wilio Dor au Parquet du Tribunal de première instance de Port-au-Prince contre le ministre de la Jeunesse, des Sports et de l'Action Civique, Evans Lescouflair, le 3 août 2010, a révélé le sénateur Youri Latortue. « M. Lescouflair doit se présenter devant la justice car personne ne doit être au-dessus de la loi », a fait remarquer le sénateur à l'émission Panel Magik sur Magik 9 (100.9 Mghz), jeudi 23 septembre. Le commissaire du gouvernement, Harrycidas Auguste, aurait déjà écrit au président René Préval, afin que ce dernier passe des instructions conformément à l'article 90 du Code pénal, pour que le ministre Evans Lescouflair se présente à la justice, a-t-il indiqué. « On ne doit pas faire obstruction à la justice », a-t-il ajouté en dénonçant le retard pris à donner suite à la démarche du chef de la poursuite. Il y a, outre la plainte, un certificat médical délivré par l'HUEH et une photo sur laquelle on voit l'agression commis sur M. Wilio Dor par M. Lescouflair, a ajouté Youri Latortue, pour qui « il y a assez de preuves pour que le ministre s'explique ». « Il est dans l'intérêt de M. Lescouflair qui a été mon professeur à Saint-Louis de Gonzague de faire la lumière sur cette affaire et couper court aux suspicions d'autant qu'un mineur serait concerné », a expliqué Youri Latortue, rejetant d'un revers de main toute présomption de manipulation politique en vue de neutraliser ce proche de René Préval, à moins de deux mois des élections du 28 novembre 2010. « Je ne connais pas celui qui a déposé la plainte. Mais des sénateurs responsables ayant reçu cette plainte ne pouvaient pas rester silencieux et se faire complices. Je répète, nous n'avons pas dit qu'il est coupable, nous disons qu'il doit se présenter à la justice », a martelé le bouillonnant sénateur de l'Artibonite. RNDDH confirme et révèle « Je confirme qu'une plainte pour viol a effectivement été déposée au Parquet par M. Wilio Dor le 3 août », a déclaré le jeudi 23 septembre 2010 le directeur exécutif du RNDDH, Pierre Espérance, offusqué par la diffusion dans la presse de l'identité d'un mineur concerné dans ce dossier. « Je confirme aussi que M. Dor a été reçu ici début janvier 2010, avant le tremblement de terre du 12 janvier. Il s'était dit victime d'un viol perpétré par le ministre Evans Lescouflair le 2 janvier. Sans préjuger de rien, nous lui avons donné une assistance comme nous le faisons pour toute personne sollicitant notre support tout en ouvrant notre propre enquête afin de former notre propre conviction dans cette affaire. Mais de janvier jusqu'à la mi-juillet, nous n'avons eu aucune nouvelle de M. Dor », a expliqué M. Espérance, qui a révélé que le certificat médical versé au dossier a été établi à la demande du commissaire du gouvernement Harrycidas Auguste le 5 août 2010. Le directeur exécutif du RNDDH a confié avoir rencontré le ministre Evans Lescouflair le jeudi 26 août sur cette affaire. M. Lescouflair a reconnu avoir eu une « violente altercation » avec M. Dor, son employé, à cause du « détournement d'une forte somme d'argent ». M Lescouflair, a poursuivi Pierre Espérance, a démenti avoir violé et blessé par balle M. Dor. « J'ai personnellement rencontré M. Dor le 3 septembre. Je devais le rencontrer à nouveau le 6 septembre, mais depuis je ne l'ai pas revu », a indiqué M. Espérance qui, en passant, a souligné que le RNDDH a respecté la règle de « confidentialité » en choisissant de ne pas rendre publique cette « affaire délicate ». « Je souhaite que le dossier suit son cours et j'invite l'accusé à se mettre à la disposition de la justice en vue de faire la lumière sur cette affaire », a conclu Pierre Espérance. La présidence n'a rien reçu « Je ne sais pas si une telle correspondance a été acheminée directement au secrétariat privé du président mais elle n'a pas été reçue au secrétariat général de la présidence », a indiqué M. Fritz Longchamp, secrétaire général de la présidence. « Nous n'avons rien reçu », a de son côté confié gentiment une femme travaillant au secrétariat privé du président. Le ministre accusé de pédophilie sur un mineur de 16 ans, neveu de M. Wilio Dor, de viol sur ce dernier, de voies de fait suivis de blessures et de menaces de mort, en voyage au Sénégal pour vérifier les conditions d'accueil d'un groupe d'étudiants haïtiens boursiers du gouvernement sénégalais, n'a pas encore donné sa version des faits. Cependant, son épouse, Hancia Lescouflair, s'est dit terrassée. « J'ai entendu cette affaire; je suis choquée et je me sens très mal. Cette affaire a atteint notre image et notre dignité », a-t-elle confié à Haïti Press Network (HPN), une agence en ligne dirigée par le journaliste senior Clarens Renois. Petit cours de biologie « La médecine peut établir une pénétration avec violence mais pas un viol car dans le viol, il y a la notion de non consentement entre deux personnes majeures d'avoir des rapports sexuels. Seule la justice, avec des témoins et d'autres preuves, d'autres pièces à conviction peut établir le viol. La médecine, dans un délai n'excédant pas les 72 heures, peut permettre de faire le prélèvement de sperme, si le violeur présumé n'avait pas de preservatif, et des poils de son pubis à partir duquel (grâce aux follicules pileux) on peut faire des prélèvement d'ADN », a expliqué le docteur Philippe Desmangles. Un certificat médical fait des mois après ne peut rien apporter en termes d'information pertinente, a commenté le médecin. « Il n'y a pas de loi sur le certificat médical en Haïti », a lâché laconique maître Samuel Madistin joint par le journal. Toutefois, le ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes et des organisations de défense des droits de la femme, face aux viols répétés et l'impunité dont jouissent les prédateurs sexuels sont parvenus à faire accepter, selon un fonctionnaire de ce ministère, des certificats médicaux des médecins privés par des tribunaux.
Roberson Alphonse ralphonse@lenouvelliste.com Auteur

Réagir à cet article

Nous avons remarqué que vous utilisez un bloqueur de publicité.

Notre contenu vous est présenté gratuitement à cause de nos annonceurs. Pour continuer à profiter de notre contenu, désactivez votre bloqueur de publicité.

C'est éteint maintenant Comment désactiver mon bloqueur de publicité?

How to disable your ad blocker for our site:

Adblock / Adblock Plus
  • Click on the AdBlock / AdBlock Plus icon on the top right of your browser.
  • Click “Don’t run on pages on this domain.” OR “Enabled on this site.”
  • Close this help box and click "It's off now".
Firefox Tracking Prevention
  • If you are Private Browsing in Firefox, "Tracking Protection" may casue the adblock notice to show. It can be temporarily disabled by clicking the "shield" icon in the address bar.
  • Close this help box and click "It's off now".
Ghostery
  • Click the Ghostery icon on your browser.
  • In Ghostery versions < 6.0 click “Whitelist site.” in version 6.0 click “Trust site.”
  • Close this help box and click "It's off now".
uBlock / uBlock Origin
  • Click the uBlock / uBlock Origin icon on your browser.
  • Click the “power” button in the menu that appears to whitelist the current website
  • Close this help box and click "It's off now".