Nicolas Sarkozy et ses promesses

A l'issue d'une visite historique de quelques heures ce mercredi dans l' ancienne colonie de la France, Haïti, le président français, Nicolas Sarkozy annonce que la France sera au chevet du peuple haïtien pour longtemps. Il promet 326 millions d'euros d'aide incluant l'annulation de la dette du pays à son ancienne mère patrie estimée à 56 millions d'euros.

Publié le 2010-02-17 | lenouvelliste.com

« Je suis venu dire au peuple haïtien qu'il n'est pas seul », dit-il comme pour rassurer les dirigeants. De ces 326 millions d'euros, 180 millions seront utilisés pour la reconstruction du pays et 56 millions d'euros constituent l'annulation de la dette du pays à la France. Nicolas Sarkozy promet également 250 véhicules pour la police, la reconstruction de l'Hôpital de l'Université d'État d'Haïti (HUEH), des abris provisoire pour des sinistrés et un hectare de terre pour la construction des bureaux de l'administration publique à l'ancien local de l'Institut Français au Bicentenaire. « La France ne veut pas une tutelle internationale sur Haïti. Vous devez, messieurs le président et Premier ministre définir les conditions d'un consensus national pour poser les bases d'un projet national qui vous appartient. Haïti pour les Haïtiens, martèle le président français. La France vous aidera sur le long terme, mais le projet c'est le votre. » Nicolas Sakozy reconnait dans son discours que l'histoire entre Haïti et la France est douloureuse et laisse des mauvais souvenirs. Interrogé sur une redevance coloniale de la France à son ancienne colonie, le président français estime que ces 326 millions d'euros d'aide répondent à cette question. « J'ai décidé d'annuler la dette d'Haïti à la France, totalement », dit-il en guise de réponse. « De cette catastrophe il faut que vous fassiez un renouveau. C'est-à-dire, tourner le dos aux erreurs du passé», avance le président français. Il reconnait que c'est grâce à Haïti que la langue française a été acceptée par les Nations-unies comme sa seconde langue. Nicolas Sarkozy demande aux autorités haïtiennes de reconsidérer les modes de constructions et de prioriser la décentralisation. « Tout ne peut pas se concentrer à Port-au-Prince » dit-il. Pour sa part, le chef de l'Etat Haïtien, René Préval, plaide non pour la reconstruction du pays mais pour sa construction. « Le pays n'est pas à reconstruire, il est à construire, il est a refondé, dit-il. Il faut construire l'État et organiser ses institutions avec pour principale finalité le bien-être de tous les Haïtiens. » Il indique que le tremblement de terre qui a frappé une petite partie du territoire a une répercussion sur l'ensemble de la population. Cette situation, selon lui, s'explique par le fait que tout ce concentre dans la capitale, Port-au-Prince. Nicolas Sarkozy est donc le premier président français à visiter Haïti depuis son indépendance en 1804. Haïti a été colonisée par la France pendant plus de deux siècles.
Robenson Geffrard
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