Autorité Aéroportuaire national (AAN)

Lionel Isaac dans le collimateur de la justice

Publié le 2008-07-09 | lenouvelliste.com

Un mandat d\'amener a été décerné contre le directeur général de l\'Autorité aéroportuaire nationale (AAN), l\'ingénieur Lionel Isaac. Il y a également une interdiction de départ contre lui. Alors qu\'il est poursuivi par la justice, l\'ingénieur Issac circule librement, sous forte escorte policière, indique une source généralement bien informée. Depuis l\'émission du mandat d\'amener, le directeur général continue d\'aller à son bureau. Au contraire, sa sécurité est renforcée. En revanche, le responsable de la compagnie Magnum sécurité S.A, l\'ancien cadre des Forces armées d\'Haïti, le major Edwin Florexil a été écroué depuis le lundi 7 juillet 2008, a affirmé une source proche de la AAN. M. Edwin Florexil a été arrêté sur ordre du parquet du tribunal civil de Port-au-Prince, suite à une saisie d\'une trentaine d\'armes jugées illégales que des agents de la compagnie de sécurité privée dénommée Magnum S.A utilisaient pour sécuriser le périmètre interne de l\'institution. Une opération a été menée par le parquet de Port-au-Prince, le samedi 5 juillet, de 11 h a.m. jusqu\'à 3 hres p.m. Selon des informations recueillies, cette opération a été menée de concert avec la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). «Toutes ces armes ne sont pas enregistrées. Magnum S.A n\'a pas d\'adresse et le payroll se fait régulièrement sous un manguier au local de l\'AAN», indique un cadre de cette institution. Selon cette même source, le parquet a finalement la copie du contrat signé entre les deux parties (AAN et Magnum S.A) après maintes demandes. Ce contrat engagé est d\'un montant de un million quarante-quatre mille gourdes (1.044.000 gdes), approuvé par une lettre de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif, signé par M. Julien Simon, président du conseil. Cette valeur est reçue mensuellement de Magnum sécurité S.A. «TCA non incluse, somme qui devra être versée entre le 1er et le 5 de chaque mois. Un dépôt de garantie de un (1) mois est exigé à la signature du contrat». Entré en vigueur le 16 janvier 2006, ce document a été préparé en quatre originaux le 13 janvier 2006. De OCEPS à Magnum S.A Selon cinq employés de Magnum, révoqués pour des raisons qu\'ils disent ignorer, avant Magnum sécurité S.A, existait OCEPS, une autre dénomination. Ce changement de nom a été fait, suite à une inspection d\'un cadre de l\'OFNAC qui trouvait bizarre une telle dénomination. Ce sigle que le responsable, Edwin Florexil, n\'a jamais défini, ont déclaré ces employés révoqués à la presse, ce mercredi 9 juillet 2008. Magnum sécurité est plus explicite. On n\'a pas beaucoup d\'effort à faire pour se faire comprendre, ont-ils poursuivi. «Cependant, en tant qu\'anciens militaires ou militaires démobilisés, nous voulons toujours voir clair. C\'est ainsi, dès notre embauche, nous avons sollicité un contrat de travail avec Magnum appartenu au même propriétaire, M. Edwin Florexil», a indiqué l\'un d\'entre eux. Cette compagnie de sécurité qui n\'a pas d\'adresse, compte un effectif de 70 agents de sécurité, tous des militaires démobilisés. «Elle s\'engage à mettre en oeuvre et superviser un système de surveillance périphérique permanente, 24/24 heures et 7/7 jours à l\'intérieur de l\'Aéroport international Toussaint Louverture. Système ayant pour mission de surveiller et protéger le périmètre à travers une structure vigilante et active combinant postes fixes, patrouilles et inspections régulières, pour une période nominale de 12 mois». Le personnel disposera de tout, les matériel et équipements nécessaires à l\'accomplissement de sa tâche: fusils 12 ga, armes de poing, munitions, radio communication, menottes, jepper gaz, bâtons, ceintures en toile forte, lampes électriques, suivant le poste et les besoins, ou tout autre équipement qui sera jugé nécessaire par les deux parties», indique le contrat. Notons que les matériel et équipements restent à l\'intérieur du bureau après les heures de travail. Les employés révoqués, rencontrés ce midi, ont déclaré, en dépit qu\'ils travaillent pour l\'Autorité aéroportuaire national, n\'avoir jamais rencontré le directeur Lionel Isaac. Une façon de dire qu\'ils ignorent tout du directeur général de l\'AAN. Début du malaise «Les relations ont commencé à être rompues à partir du moment où nous avons demandé au major Florexil la licence des armes que nous utilisons dans l\'exercice de nos fonctions. Cela a suffi pour avoir des menaces de révocation». «Le responsable de la compagnie avait même déclaré qu\'il y a des gens qui sont prêts à travailler pour un montant de 1750 gdes par quinzaine alors que nous touchons 2500 gdes. Suite à cette prise de bouche, plusieurs d\'entre nous ont été révoqués», ont indiqué nos interlocuteurs. Ce qui a enfoncé le clou dans la plaie, disent-ils, c\'est lorsqu\'ils ont demandé une lettre de travail afin de produire des réclamations à l\'Office national d\'assurance. Ils ont su par la suite que, depuis cinq mois, la compagnie Magnum n\'avait jamais versé un sou à l\'ONA en termes de cotisation. Ces employés disent vouloir récupérer tout l\'argent qu\'on a prélevé sur leur salaire et contestent la révocation qu\'ils jugent illégale, arbitraire et sans motif valable.
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