IBESR/Adoption

Une histoire qui a mal tourné

Confiés aux responsables de la crèche Sourire d'Amour sise à la route de Frères à Pétion-Ville, 47 enfants originaires de Jérémie devraient être adoptés par des étrangers. Pour se détacher de leurs enfants, les parents avaient obtenu du pasteur Inès Joseph une garantie ferme. L'histoire a mal tourné.

Publié le 2007-08-08 | lenouvelliste.com

« C'est un exemple flagrant de la traite des enfants en Haïti ! Arracher des enfants à leurs parents, tenir à ces malheureux des promesses fallacieuses, sous prétexte que leurs enfants vont être adoptés par des étrangers, c'est un crime ! », a déclaré, avec une pointe d'énervement dans la voix, un représentant de l'Organisation internationale de la migration (OIM). Originaires de Jérémie, 47 enfants de la crèche Sourire d'Amour - âgés entre 2 et 7 ans - se trouvaient, très tôt ce matin, à l'aérogare Guy Malary. « Quatre vols à destination de Jérémie sont prévus. Ils iront par groupe de douze retrouver leurs parents », assure un représentant de l'Institut du Bien-Être Social et de Recherche. Assis, l'un à côté de l'autre, ils attendent impatiemment le vol, le retour au village. « On a trouvé les enfants de la crèche du pasteur Inès dans un état lamentable ! Il y a trop de gens qui sont en train de s'enrichir sur le dos des pauvres !», déclare le représentant de l'OIM. Cesser de vendre les enfants ! Vu l'état dans lequel se trouvent les enfants, ils ne seront pas remis automatiquement à leurs parents. Les petits seront soignés dans un hôpital de la métropole de la Grand-Anse. Il sera remis à chaque parent un kit et une enveloppe de dix mille gourdes ; un autre montant de dix mille gourdes sera versé au nom de chaque parent à l'institution Fonkonze. « Les frais que nous avons octroyés aux parents serviront à générer des revenus. Il faut cesser de vendre des enfants en Haïti ! » a dit la directrice de l'Institut du Bien-Être Social et de Recherche, Mme Gabrielle P. Beauplan. Le scandale d'un groupe d'enfants de Jérémie embarqués à destination de Port-au-Prince s'était déjà ébruité au début de l'année. La presse jérémienne avait alerté les autorités haïtiennes sur la question. Aujourd'hui, munis d'une ordonnance de justice, les représentants de l'IBESR, de PADF et de l'OIM entament le processus de réinsertion de ces enfants. Seulement 119 crèches et orphelinats sont enregistrés à travers Haïti. Pourtant, rien que dans le Sud du pays, une ONG telle que Catholic Relief Service (CRS) approvisionne 100 crèches en ration sèche. Il est à espérer que les responsables du ministère des Affaires sociales auront à coeur de se battre de toutes leurs forces pour protéger nos enfants envers et contre tout. Ce sont les futurs citoyens du pays et plusieurs sont appelés à remplir des fonctions importantes dans ce pays où la carence de compétences est patente. Il est du devoir de tout citoyen d'apporter sa quote-part à ce travail qui s'annonce long et difficle.
Claude Bernard Sérant serantclaudebernard@yahoo.fr
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