MON DIT

LES EXAMENS D\'ETAT ECOLE NATIONALE D\'INFIRMIERES

Publié le 2006-11-06 | Le Nouvelliste

Cet écrit n\'est pas une remise en cause de la nécessité de l\'examen d\'Etat, mais plutôt une critique que nous espérons constructive. Lors de la décision de la reprise de l\'examen d\'Etat je pense que le véritable rôle du ministère de la Santé publique a été un peu oublié. Je crois que le but véritable du ministère est de s\'assurer de l\'accessibilité de la population à des soins de qualité quel que soit le niveau économique. Pour cela, il doit déterminer les différents profils des prestataires oeuvrant dans ses propres institutions sanitaires et effectuer un contrôle stricte sur la prestation en général, c\'est-à-dire dans le secteur public et dans le privé. Le moteur de cette tâche est assuré par le leadership du ministre représentant la politique du gouvernement et/ou un parti politique. Ainsi, le ministre étant le symbole d\'un idéal politique, il n\'est point nécessaire qu\'il soit diplômé de Santé Publique. Par contre, ce genre de compétences et d\'autres sont fondamentales dans l\'équipe qui l\'entoure. Aussi, si le ministère a un droit de regard sur la formation des futurs prestataires de santé, celle-ci est assurée par un organisme spécialisé : l\'Université. Là, se trouvent ceux qui, parce que formateurs, peuvent évaluer les formés, car ils sont garants de l\'\"Académicité\". Et c\'est l\'un des problèmes enregistrés lors de l\'examen d\'Etat. Les évaluateurs ne faisaient pas partie d\'un « board » de soins infirmiers. Pour évaluer en toute équité, ils ont dû demander aux différentes écoles de fournir une liste de questions dont une partie tirée au hasard fournira le substrat de l\'examen. Mais avec ce consensus, la notion même de l\'évaluation s\'en trouvait un peu biaisé. En effet, pour s\'assurer d\'un bon pourcentage de réussite au niveau de leur école, certaines des directions concernées ont donné à leurs étudiantes lesdites questions à préparer. La réussite à l\'examen n\'était plus fonction obligatoirement de compétences. Elle dépendait fortement aussi du volume de questions à préparer mis à la disposition de la postulante. A ce stade-là, il me vient une question : quelle était l\'urgence? Pourquoi un gouvernement de transition a-t-il senti l\'urgente nécessité de faire une pareille évaluation ? Cela faisait un bout de temps que cet examen n\'existait plus; alors pourquoi le remettre avec une structure provisoire imposée par la force des choses à toute une population ? J\'ai la profonde conviction que jamais je n\'aurai de réponse. Un examen plus poussé révèle, en outre, que les différentes écoles souffraient, certaines d\'un manque de formateurs, d\'autres d\'un manque de cours de base. La logique veut que la priorité soit accordée d\'abord à une formation adéquate avant de penser à une quelconque forme d\'évaluation. D\'autant que le ministère était au courant de ces problèmes. Mon malheureusement le mal est fait et il faut maintenant recoller les morceaux ! La meilleur façon devrait passer par une réforme profonde de la structure même de l\'enseignement des soins infirmiers en Haïti. Et cette réforme, pour être efficace, devrait aboutir à des FACULTES de soins infirmiers mixtes (c\'est une discrimination que de n\'accepter que des femmes), laïques (les pratiques de prosélytisme forcé sont anticonstitutionnelles et rappellent trop les pratiques inhumaines du Moyen Age), dotées d\'un corps professoral de niveau universitaire (ce n\'est hélas pas toujours le cas). Quand aux promotions à venir, qu\'elles prennent note de l\'évolution de cette crise en constatant que le bris de vitres, le sac d\'immeuble, les injures, les attaques de ministre, en un mot la violence, ne résoudront rien et bloqueront toute forme de dialogue. Je tiens à leur faire remarquer que tous les étudiants des autres facultés, qui sont soi-disant venus prêter main forte, ont eu une année normale et leur soutien n\'était en fait que du vent...
Philippe Desmangles pdesmangles@yahoo.fr Auteur

Réagir à cet article

Nous avons remarqué que vous utilisez un bloqueur de publicité.

Notre contenu vous est présenté gratuitement à cause de nos annonceurs. Pour continuer à profiter de notre contenu, désactivez votre bloqueur de publicité.

C'est éteint maintenant Comment désactiver mon bloqueur de publicité?

How to disable your ad blocker for our site:

Adblock / Adblock Plus
  • Click on the AdBlock / AdBlock Plus icon on the top right of your browser.
  • Click “Don’t run on pages on this domain.” OR “Enabled on this site.”
  • Close this help box and click "It's off now".
Firefox Tracking Prevention
  • If you are Private Browsing in Firefox, "Tracking Protection" may casue the adblock notice to show. It can be temporarily disabled by clicking the "shield" icon in the address bar.
  • Close this help box and click "It's off now".
Ghostery
  • Click the Ghostery icon on your browser.
  • In Ghostery versions < 6.0 click “Whitelist site.” in version 6.0 click “Trust site.”
  • Close this help box and click "It's off now".
uBlock / uBlock Origin
  • Click the uBlock / uBlock Origin icon on your browser.
  • Click the “power” button in the menu that appears to whitelist the current website
  • Close this help box and click "It's off now".