Evènements du 3 décembre 2002 et du 5 décembre 2004

Quatre militants Lavalas acquittés

Publié le 2006-08-16 | lenouvelliste.com

Lundi 14 août 2006, aux environs de huit heures, le verdict est rendu, Annette Auguste, Yvon Antoine, Paul Raymond André Junior et Georges Honoré sont libérés. Le juge Fritzner Fils-Aimé a déclaré que les accusés ne sont pas coupables d'association de malfaiteurs, de voies de fait suivies de coups et blessures graves, de destruction de biens meubles et immeubles appartenant à l'Etat. Etant donné que le ministère public a renoncé à l'accusation, constatant qu'il n'y a plus rien à juger, le juge a libéré les accusés. Même le conseil de la défense n'a pas plaidé. Me Axène Joseph, un des représentants du conseil de l'accusé a fait seulement certaines remarques sur le fonctionnement de la justice et remercié le ministère public du fait qu'il s'est montré honnête, compétent et sérieux dans la recherche des preuves. Une fois que le juge a fini de prononcer le mot du droit, les accusés acquittés s'embrassaient à coeur joie et la salle majoritairement remplie de sympathisants «Fanmi Lavalas» explosait. Et une ambiance de carnaval s'en est suivie. Des militants, des représentants d'organisations populaires, des parents, des amis et sympathisants ont transformé le Palais de Justice en un lieu de manifestation. Tandis que dans le box des accusés, on se bousculait pour saluer ceux-là qui viennent d'être libérés. "Après plus de deux ans de détention préventive prolongée, on avait soif d'être en compagnie", disaient des proches de Annette, Yvon, Paul et Georges. Les agents de l'Administration Pénitentiaire nationale (APENA) n'avaient pas trop de difficultés pour contrôler la situation. Puisque la foule qui s'y trouvait était à 90% de membres et sympathisants du parti «Fanmi Lavalas». Comme dit le proverbe : «kabrit Tomazo menm plim menm plimaj». Sous l'acclamation de la foule, ils sont retournés à leur lieu de détention respective pour regagner, le même soir, leurs pénates. Une demande collective au juge Fils-Aimé Avant la décision du juge les mettant hors des liens de l'accusation, chacun d'eux avait demandé au juge de les libérer afin qu'ils puissent dormir le soir même de leur élargissement avec leur famille. Ils disaient que leur demande est en fonction des conditions de détention à la prison. Cependant, Yvon Antoine voulait dormir chez lui parce que le 15 août ramenait l'anniversaire de son épouse, jeune de 25 ans. A l'audience Le ministère public, partie poursuivante, avait cité six témoins à charge dont Dr Fritz Gérald Milry, Dr André Adrien, Me Lucmane Délile, Fritzner Marc, Frédéric Leconte. Aucun d'eux ne s'est présenté à l'audience. Alors que les témoins à décharge cités par le conseil de l'accusé étaient venus déposer en faveur de leurs amis accusés. Ils étaient au nombre de six : Jean-Louis Pierre Gardy, Estan Emmanuel, Fritznel Maître, Pierre-Louis Wilguens, Saint-Aimé Jacques Jean, Besly Raymond. Déclarations des accusés Mme Annette Auguste, Yvon Antoine et Paul Raymond André Junior ont tenu les mêmes déclarations qu'ils ont faites le mercredi 14 juin 2006, devant la Cour d'appel, suite à l'appel par eux interjeté contre l'ordonnance du 6 mars 2006, rendue par le juge d'instruction Mimose A. Janvier. Annette Augustin : «Je lance un défi à quiconque de dire avoir été victime par moi lors des événements du 3 décembre 2002 sur la place des Nations Unies et du 5 décembre 2003 à la faculté des Sciences Humaines» Paul Raymond André Junior : «J'étais à Cuba le 5 décembre 2003. J'ai été voir un collègue de travail, James Rosefort qui avait subi une intervention chirurgicale. J'ai laissé Port-au-Prince le 30 novembre 2003 et je suis retourné le 7 décembre 2003. Mon passeport en est une preuve». Yvon Antoine : «J'ai été arrêté le 22 mars 2004 pour avoir cassé les jambes du recteur de l'Université d'Etat d'Haïti, Pierre-Marie Paquiot le 5 décembre 2003 à la faculté des Sciences Humaines. J'avais demandé une confrontation avec le recteur qui ne s'était jamais présenté au cabinet d'instruction. Par la suite, le professeur Paquiot avait déclaré qu'il ne me connaît pas». Quant à Georges Honoré, ses déclarations ne semblent pas faire du poids dans la balance. Il a nié sa participation dans les événements survenus sur la place des Nations Unies (3 décembre 2002) et à la faculté des Sciences Humaines (5 décembre 2003).
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