De Duvalier-Ville à Cabaret, une commune sous-estimée

A une trentaine de Km de Port-au-Prince, Cabaret est la commune la plus proche de la capitale, de celles ne faisant pas partie de la zone métropolitaine. Pourtant, la cité construite par le président François Duvalier et ayant porté son propre nom, reste, depuis belle lurette, dans l'ombre de la misère.

Publié le 2006-03-31 | lenouvelliste.com

« Les 85.000 Cabarétains répartis sur les 4 sections communales sont livrés à leurs seuls produits agricoles constitués en grande partie en la banane », a déclaré le maire assesseur de la commune de Cabaret, M. Guillaume Joseph Baptiste, au cours d'un entretien accordé au journal. La ville construite par François Duvalier donne l'image d'un endroit où les gens ne sont pourvus d'aucun savoir-faire, a-t-il déploré. Pourtant, cette commune est située à 35 Km de Port-au-Prince. Elle est la plus rapprochée de la capitale après celles faisant partie de la zone métropolitaine. Depuis la chute de Jean Claude Duvalier, en 1986, Cabaret est comme délaissée. « L'équipe que je dirige n'est entrée en fonction qu'en Juillet 2004. Soit 5 mois après le départ du cartel municipal qui nous a précédé », a laissé entendre l'édile pour signifier ses déboires vis-à-vis du traitement infligé par les autorités centrales à sa commune. Il soutient que la ville et ses sections regorgent de ressources naturelles, touristiques. La mer, les rivières, les cultures vivrières sont autant de richesses exploitables évoquées par le maire Baptiste avant de souligner que la grande majorité des professionnels cabarétains habitent leur patelin grâce à sa proximité avec la capitale. Des efforts quand même consentis Le premier citoyen de Cabaret a fait savoir que la mairie ne dispose que d'une mince capacité matérielle pour survivre. Il se félicite d'avoir à laisser une administration vivante par rapport à celle trouvée en 2004. A son entrée dans la municipalité, a-t-il affirmé, la caisse de la mairie ne disposait que 2 millions 093 mille gourdes et 35 centimes. L'Administration municipale accusait des dettes représentant plus de deux tiers de ce montant. M. Baptiste se vante d'avoir pu honorer toutes les dettes contractées par les autorités communales précédentes. Il aura à laisser un héritage de 3 millions de gourdes à ses successeurs et aucune dette. Toutefois, il déplore le fait que l'équipe gouvernementale de la transition n'a accordé aucune assistance aux initiatives des autorités de la commune de Cabaret. « Nous avons entrepris des démarches auprès des responsables du ministère de l'Intérieur et des Collectivités territoriales qui n'ont abouti à rien », a-t-il martelé. Il a souligné le népotisme qui caractérisait le programme de la déconcentration de Port-au-Prince. Un marché trop vieux « Le problème de la ville de Cabaret n'est autre que le marché », s'est plaint le maire qui explique que le marché est vieux de 45 ans. Étant implantée au milieu de la ville et subissant les assauts de la surpopulation urbaine due à l'exode rural, cette construction ne constitue pas une agréable image pour le milieu . « Le marché n'avait ni eau, ni toilette », a-t-il reconnu avant de mentionner son intervention à ce niveau. M. Baptiste a mentionné que son administration a entrepris de doter la commune de certaines infrastructures de base. Mais les limites du temps et des moyens financiers ne l'ont pas permis d'achever ces projets. Ce marché, a-t-il dit, a été construit pour une population de moins de 4.000 individus. La population cabarétaine l'investit aujourd'hui, ce qui implique un vrai débordement du cadre du marché, a-t-il précisé. Le magistrat communal souhaite que le prochain cartel élu poursuive le travail qu'il a débuté au niveau de la municipalité. Guillaume J. Baptiste mentionne, entre autres, l'amélioration du transport en commun en quelque sorte, la célébration de la fête patronale de la ville, Notre-Dame du Mont-Carmel, tenue annuellement le 16 juillet et l'exploitation de la plage communale réalisée par son équipe dont il vante l'union qui y réside. Guillaume Joseph Baptiste fait part également de son désir de voir se poursuivre les activités tendant à renouer les habitants de Cabaret avec certaines pratiques antérieures, telles que le bain à la rivière, les bals « Les huit » et le carnaval cabarétain qui visent à maintenir les riverains chez eux pendant les vacances.
Lima Soirélus soi_lisse@yahoo.fr
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