Il existe une hiérarchie tacite dans la manière dont le pays traite sa mémoire. Les monuments se visitent, les musées s'inaugurent, les commémorations mobilisent les discours officiels. Les archives, elles, dorment. Elles ne réclament rien, n'attirent aucun cortège, et c'est précisément cette discrétion qui les rend vulnérables à l'oubli, alors qu'elles constituent le socle sans lequel toute autre forme de mémoire nationale perd sa preuve.
Haïti, née d'une rupture aussi radicale que la guerre de l'indépendance, aurait dû, en toute logi
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