Républicain et Démocrate : deux frères siamois, même stratégie et même combat
Formant le noyau central de la dictature du bipartisme aux États-Unis, les deux partis gouvernants républicain et démocrate mènent le même combat économique et politique sans interruption. Les États-Unis d’Amérique sont devenus la première puissance économique et militaire après la Deuxième Guerre mondiale, ce qui nous porte à 81 années de domination américaine (1945 – 2026), dont la monnaie nationale le dollar US$ est aussi dominante à l’échelle internationale. La guerre fait des vainqueurs et des heureux, comme elle fait aussi des vaincus et des malheureux : grâce au concours de l’Amérique toute-puissante, l’Empire britannique est légitimement reconnu parmi les vainqueurs. Mais l’Angleterre a perdu sa place de première économie du monde entre le 19e siècle et au début du 20e ; son économie a commencé à s’effriter après la Première Guerre (1914 – 1918) pour connaître son basculement ultime pendant et après la Deuxième. « A quelque chose malheur est bon », dit le vieil adage, mais l’Amérique telle que nous l’appréhendons sous notre prisme de lecture n’est pas blâmable dans ce cas précis puisque les Européens ont réussi à faire de la guerre leur mode de vie, cela depuis les Romains anciens jusqu’à notre époque. Il va falloir qu’ils se résignent à renoncer à la violence, à la barbarie et la guerre. Il est avéré que chez chaque être humain dort une part d’animalité qu’il faille s’en débarrasser ; et, à notre avis, c’est à l’accomplissement de cette phase ultime de l’évolution humaine que l’Homo sapiens (femme et homme savants) pourra alors s’enorgueillir d’avoir occupé la position dominante à l’échelle organique. En tout cas, pour l’Europe conquérante, belliqueuse et belliciste dès son enfance, nous avons glané dans notre richesse culturelle pour soumettre à son appréciation ce proverbe créole : « Sa ou fè se li ou wè » traduction littérale : ce que tu fais est ce que tu vois. Explication : ce qu’on observe dans notre vie est le résultat de nos actions. Ou : « On récolte ce que l’on sème » ou « Qui sème le vent récolte la tempête ». C’est le cas de l’Union européenne qui pousse le gouvernement de l’Ukraine à la guerre par procuration contre la Fédération de Russie, dont les morts et les victimes sanitaires se dénombrent par centaines milliers dans les deux camps. La barbarie européenne s’éternise.
En politique intérieur, démocrate et républicain suivent la tradition au pied de la lettre et maintiennent la nomenclature systémique, celle de favoriser la bourgeoisie possédante qui regroupe les détenteurs de capitaux, les propriétaires des entreprises industrielles, des oligopoles bancaires, des chemins de fer, des fermes d’exploitation agricole, de la presse et des médias. L’exploitation des classes ouvrières américaines est invariablement inscrite dans l’agenda politique des deux partis gouvernants, c’est-à-dire les salaires du peuple ouvrier s’amenuisent davantage au profit du grand capital. Et les patrons capitalistes sont au service du système et perçoivent un salaire additionnel considérable (prime spéciale) sur la plus-value, dont ils connaissent l’abécédaire sur le bout des doigts. Et les syndicats patronaux sapent et éludent les revendications du peuple salarié : tel est le rôle perfide qu’ils jouent dans le système sous le couvert du syndicalisme ouvrier. Les quelques révoltes des ouvriers commencent sur la cour des usines capitalistes et finissent dans le bureau du patron : soit les révoltés se plient aux règles administratives qui leur sont imposées, soit ils sont virés. C’est là le principe arbitraire que Karl Marx nomme « l’esclavage salarié ». C’est un véritable complot contre les classes ouvrières, au profit des élites économiques qui obèrent l’avenir des forces de travail par l’exploitation capitaliste.
D’autre part, existe-t-il des pauvres aux États-Unis ? Réponse : les pauvres sont légion dans le pays capitaliste le plus développé au monde. La catégorie sociale pauvre est répertoriée pour la plupart dans la communauté noire américaine, dont les habitats sont placés dans des quartiers salubres et dont les services sociaux de base y sont rares aussi, que nous appellerons ségrégation spatiale au nom du racisme culturel en usage aux États-Unis. Toutefois, il existe une petite élite noire dont les membres atteignent le statut social relativement élevé ; ils occupent des hautes fonctions de l’État et peuvent briguer des postes électifs allant des élections locales jusqu’au sommet de l’État. Dans l’histoire récente, le Parti démocrate choisissait un candidat noir qui en avait reçu l’investiture et est élu président des États-Unis : Monsieur Barak Obama, né le 4 août 1961, qui a pu accomplir deux mandats présidentiels successifs. Bien sûr, le système reste en place et intact. Parce que le Parti ne l’avait pas élu pour changer la nature exclusive du système, mais pour perpétuer et pérenniser la puissance et la domination des détenteurs du grand capital. Auquel cas il n’aurait jamais été élu.
Il y a aussi la communauté amérindienne désignée « native Indians » ou Indiens d’Amérique d’après le jargon juridique américain, dont les membres sont des survivants de l’apocalypse dite « conquête de l’Ouest » au début du 19e siècle. Mais l’administration fédérale étasunienne les condamne à vivre dans l’éloignement en permanence. La population squelettique amérindienne/indienne s’installe dans les territoires les plus reculés des États-Unis au nom de la ségrégation spatiale et au nom de la démocratie blanche. Voilà donc comment les dirigeants politiques démocrates et républicains traitent les deux minorités nationales, soit la communauté noire et celle amérindienne. Les États-Unis d’Amérique sont pourtant admis et reconnus comme la plus grande démocratie au monde, comprenne qui pourra !
En politique extérieur, les deux administrations confondues dominent les relations internationales et s’octroient la suprématie sur les plans géopolitique et géostratégique, cela depuis 1945 à nos jours. La question de l’isolationnisme étasunien est un mythe dans la culture des élites américaines. L’interventionnisme militaire américain est si ardent et répétitif dans l’histoire contemporaine que la paix et la sécurité internationales sont vides de sens et n’ont aucune logique de compréhension réelle, n’en déplaise à la presse et les médias bourgeois qui occultent les invasions militaires illégales des États-Unis. D’ailleurs le vocable ambitieux et dangereux « gendarme du monde » dont s’en vantent les États-Unis, laisse sans voix et sans recours les peuples et nations qui subissent les guerres d’agression dans le dos du droit internationale, en aliénant parfois leurs alliés naturels. La presse bourgeoise est au service de la propagande.
Voici maintenant le point d’orgue de la question posée en titre. L’actuel chef de l’État des États-Unis et commandant en chef des forces armées américaines, en l’occurrence le président Donald Trump a rempli toutes les conditions objectives et psychologiques pour se démettre de ses fonctions et s’en aller dès la proclamation officielle des résultats des élections législatives et locales prévues pour le mois de novembre de l’année en cours. Le Parti démocrate a certes besoin d’une figure d’incarnation en prévision de l’élection présidentielle qui aura lieu en principe le 7 novembre 2028, entretemps il doit se concentrer sur les élections de mi-mandat qui arrivent à grand pas. En conséquence, le Parti a le devoir moral et politique de choisir les meilleurs candidats pour la Chambre des représentants et pour le Sénat.
Vue de l’extérieur, le choix réfléchi et structuré des candidats est la seule préoccupation cruciale du parti démocrate pour le moment. Car le parti républicain ayant commis l’erreur fatale en cautionnant le chaos politique et/ou la politique du pire qui s’accélère sous la direction xénophobe du président Trump, dont la présence a créé une atmosphère lugubre à la Maison Blanche. Ainsi les républicains ont inconsciemment mis toutes les chances de victoire aux côtés de leurs rivaux démocrates, d’après les tendances de l’opinion américaine et ailleurs. Ce n’est pas tant le populisme d’extrême droite du président Donald Trump qui a causé la catastrophe administrative du gouvernement républicain actuel, mais c’est plutôt sa démence sénile qui en est la cause profonde. Une maladie quelle qu’en soit la nature doit être soignée et traitée, auquel cas on doit s’attendre au pire. S’il advenait que le Parti démocrate ne remporte pas les midterms, alors le précipice deviendrait plus grand encore et affecterait négativement la civilisation à l’échelle de la planète. Si le pays le plus puissant au niveau de la sphère économique et militaire se délite, un tel phénomène aura forcément une incidence majeure sur le reste du monde. Nous croyons avoir répondu à l’interrogation de départ et espérons que les lectrices et lecteurs d’ici et d’ailleurs y verront une contribution de notre part à la cause de la civilisation humaine.
