La Jacmelitude tomes I, II, III et IV

 Jacmel, ville située sur la côte sud-est de la République d’Haiti a été, dès sa naissance, marquée par le sceau de la grandeur, vu que son fondateur colonial, le Gouverneur, Jean-Baptiste DUCASSE, de la Compagnie des Indes Occidentales, avait la vision de lui donner une vocation économique qui pourrait contribuer à la richesse du Pacte Colonial où tout ce qui se produisait dans la colonie de Saint-Domingue était destiné « Par et pour la Métropole ! ».

La Jacmelitude tomes I, II,  III et  IV

Jacmelitude tome 1

 Jacmel, ville située sur la côte sud-est de la République d’Haiti a été, dès sa naissance, marquée par le sceau de la grandeur, vu que son fondateur colonial, le Gouverneur, Jean-Baptiste DUCASSE, de la Compagnie des Indes Occidentales, avait la vision de lui donner une vocation économique qui pourrait contribuer à la richesse du Pacte Colonial où tout ce qui se produisait dans la colonie de Saint-Domingue était destiné « Par et pour la Métropole ! ». Ainsi donc, les révoltes blanches des colons de Jacmel, fin 17ème siècle et pendant tout le 18 ème siècle, jusqu’aux batailles de l’Indépendance d’Haiti,  contre cette mesure royale injuste et qui produisaient  le « pétun » (tabac) se sont donc multipliées contre le gouverneur qui amena de Curaçao des Juifs qui maintenant produisaient le café. Cette denrée  fera la richesse de Jacmel  au 19ème siècle, à un point tel que le bord de mer de Jacmel comptait ses multimillionnaires pour chaque bloc de maisons, en 1860, l’époque d’or de l’économie jacmélienne.

Quelle fût noire, descendante des colons, juive ou de colonies étrangères européennes, la bourgeoisie jacmélienne vivait à l’heure internationale et donnait le ton par ses belles demeures richement ornées de meubles et d’artefacts venant des grandes métropoles du monde : New York, Paris, Londres. Elle envoyait ses progénitures étudier à Paris, afin de donner à la nouvelle génération des ferments solides pour maintenir son standard de vie dans cette belle ville, où les maisons de villégiature dans les campagnes avoisinantes, le statut social et le développement socioéconomique contribuaient à jouir du farniente de la vie, dans ses méandres multiformes et multicomplexes. Cette bourgeoisie intellectuelle, éclairée, visionnaire qui avait roulé sa bosse et carrosse en terres étrangères fit de Jacmel, la première ville électrifiée des iles caribéennes, communiquait avec les pays étrangers par le biais d’un câble sous-marin qui reliait la ville et Kingston Jamaïque ; elle construisit son lycée local, le Lycée Pinchinat de Jacmel, où elle invita des précepteurs français comme le Révérend Père LACORDAIRE, le duc de CHOISEUL, DEBRAY Ainée, entre autres, comme premiers directeurs et professeurs dudit établissement scolaire.

Ces messieurs et dames de la bourgeoisie jacmélienne optaient pour un curriculum scolaire prestigieux, à l’instar des programmes des lycées parisiens et des institutions parisiennes, telles que le Lycée Louis Le Grand et le Couvent des Oiseaux qu’ils avaient eux-mêmes fréquentés. Avec les relations entretenues avec les bourgeois de la Ville Lumière, ils ont installé dès 1920, l’Alliance Française de Jacmel, à l’Hôtel de France, résidence des demoiselles DOUGE qui avaient fréquenté Mademoiselle Yvonne SARCEY, sociétaire des Gens de Lettres de Paris. Ainsi donc, Jacmel vit défiler des personnages célèbres  du théâtre français de la Comédie française du  20ème siècle, tels que : Jean COQUELIN et Madeleine RENAUD, pour ne citer que ces deux, entre autres.

Avec la même ardeur, cette bourgeoisie fonda son hôpital communal, son asile communal, son système d’eau potable, et bien d’autres institutions sociales d’importance pour la vie de la cité, avec la bénédiction de commissions communales qui avaient l’autonomie communale et la vision pour prendre leurs responsabilités d’hommes d’état.

Avec une histoire aussi riche, aussi époustouflante et incroyable d’investissements humains, il est donc nécessaire de rappeler à toutes les lectrices et lecteurs de ces 4 Tomes de JACMELITUDE, que la jeunesse jacmélienne des années 1950-2000 a grandi dans une ambiance semblable à celle de toute jeunesse du monde avec le respect des normes, l’amour du patelin natal qui l’encourageait à y revenir pour prendre soin des négoces hérités et contribuer au développement du pays. Malheureusement, depuis les années troubles des dictatures successives à la tête du pays, qu’elles soient militaires ou civiles, Jacmel, comme toute autre ville d’Haiti, a connu une fuite de cerveaux et de ressources humaines. Situation de non-retour à son état premier.

Par les temps actuels où le désordre étatique généralisé est devenu la norme sociale, où la corruption sous ses formes perverses, retors et maladives donne le malaise, où le « Tout voum se do ! » (Laisser-aller) et le  « Jan l pase l pase ! » (laisser-faire), où la décence est considérée comme dépassée, blasée et même méprisable, il est temps de dire HOLA !!!

Holà  au mépris de l’histoire !. Holà à la mauvaise direction que prenne la ville où le patrimoine bâti, n’est pas mis en valeur ! Holà à la destruction du tissu social dont les nouveaux maitres et puissants de la ville n’ont aucun sens ! Holà !!!

Pourquoi parler de Jacmélitude pour ces 4 Tomes-Albums photos de l’histoire de Jacmel ?

Dans les 4 Tomes de ces Albums, la lectrice et le lecteur auront à leur disposition une iconographie abondante et riche.

Tome 1 Jacmélitude: Histoire, géographie

(Jacmel et ses environs, sites d’importance, cartographie et reliefs historiques, évènements majeurs et quelques personnalités qui animent la ville par des organisations au service des jeunes, théâtre, hommes politiques, franc maçonnerie, religion catholique et confessions protestantes, vodou et spiritualité, Congrégation des Sœurs de St Joseph de Cluny, insolites de Jacmel).

Tome 2 Jacmélitude: Héros et personnages

Figures de proue de l’histoire Jacmélienne, le fondateur de la ville et tous les personnages qui ont contribué à donner à la ville sa renommée légendaire dans le temps : amis, ennemis, oubliés, rejetés, ….ils sont tous réunis sous le drapeau de leur ville, en tant qu’enfants de la même cité !  L’histoire a cimenté les querelles fraternelles et les haines inutiles !

Tome 3 Jacmélitude: Carnaval

Promenade époustouflante à travers les rues de Jacmel, dans le temps et l’espace, pour communier avec la créativité artistique des carnavaliers et des parties prenantes de cet évènement incontournable de notre ville.  Haute couture, artisans, restaurateurs au service d’une gastronomie variée, riche et débordante de saveurs, de douceurs et de souvenirs de la table jacmélienne d’autrefois. Tout cela, dans une ambiance d’apothéose des retrouvailles familiales et amicales : l’espace des Trois jours gras ! Visites chez l’habitant, dégustations poétiques chez le célèbre poète, Emile Célestin Mégie, en compagnie de Dany Laferrière et de Rodney Saint-Eloi. Festival de l’Amitié. Université Publique du Sud-Est à Jacmel (UPSEJ), une institution qui a contribué énormément à l’organisation des jeux carnavalesques et autres réflexions sur une meilleure planification de la vie socioéconomique de la ville pendant 12 ans, à travers ses facultés d’Education, de Gestion et d’Agriculture.

Tome 4 Jacmélitude: Architecture

Une expérience fantastique de visiter la ville d’autrefois et d’aujourd’hui. Voir ou revoir toutes ces belles demeures d’autrefois qui pavoisaient les rues de la fière cité d’Alcibiade Pommayrac, le citoyen-phare de notre Jacmel d’autrefois, qui a contribué énormément aux tracés de la ville moderne de 1860 et à l’architecture  de Jacmel. Introduire le lecteur dans l’intimité de ces maisons bourgeoises d’autrefois pour imaginer les pas feutrés dans les salons, les notes mélancoliques des pianos, des clavecins et des harmoniums qui ponctuaient les conversations grivoises ou sérieuses, les prières pieuses montant des chambrettes vers le Dieu Tout-Puissant. Les complots ourdis dans les officines et les planifications d’une ville autosuffisante, autonome, riche, prospère, tournée vers l’avenir, lequel avenir que ces planificateurs voulaient serein. Une architecture variée, cossue, avec des dentelles pour lui donner les ailes de l’élégance diaphane des grandes capitales culturelles, économiques et socialement solide. Ce n’est donc pas sans raison que les habitants de Jacmel se donnaient le nom de « DJON », cette fleur mystérieuse, mystique du bois de Gaïac et que la ville, en tant que première électrifiée parmi les iles caribéennes s’appelait « Jacmel, ville lumière ! », vu que ses fils les plus nobles avaient fréquenté le Lycée Louis le Grand à Paris et ses filles les plus dévouées le Couvent des Oiseaux.  Des générations d’hommes et de femmes altières, stoïques jusqu’à la cruauté dans leur façon de vivre et qui avaient un haut idéal de la famille, du développement communautaire, du respect de la Res Publica et de la communauté, comme espace humain.

Quand on parle de patrimoine, on invoque une opportunité sine-qua-non de transmission de la culture et de l’identité particulière locales et le projet de les protéger. Ce que font depuis des décennies certains responsables de la mairie, des bureaux du Tourisme et de la culture de Jacmel. Cependant, vu que ces responsables n’ont pas toujours les moyens de leur politique, il est important que les historiens, les économistes, les éducateurs, les chercheurs, les planificateurs urbains et toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté se mettent de la partie pour sortir Jacmel du bourbier et du marasme socioéconomique et culturel où l’ont plongé les mauvaises décisions politiques du pouvoir central. Une ville autrefois paisible mais aujourd’hui gangrénée par les gangs et la mafia en puissance qui font disparaitre les gens est à refaire, à repenser. Le vandalisme d’état, le feu, les cyclones, le tremblement de terre de 2010 et autres intempéries ont déjà soumis à rude épreuve notre patelin natal. Aujourd’hui, il est important de faire de la Jacmélitude une réalité plus que vécue !

Qu’est-ce que la Jacmélitude ?

Jacmélitude : comme philosophie et comme art de vivre.

Le mot a pris naissance en 2009, après un bon repas copieux entre amis, entre le zist et le zeste, dans les jardins du Maire d’alors qui sera plus tard sénateur de la République, Monsieur Joseph Edwin Daniel Zenny, plus connu sous le nom d’Edo.

 La maternité du mot revient à Joan Dithny Raton qui, en causant avec Jean-Elie Gilles, Danièle St. Lot, Michaëlle Craan, Richarson Dorvil, Camille Depestre, Pascarin Raymond, trouvait que Jean-Elie avait une passion toute voile dehors pour parler du Jacmel d’antan avec une fine pointe de mélancolie dans la voix et s’exclama tout de go, « …mais vous nous donnez la Jacmélitude ! », afin de souligner cette solitude des histoires anciennes. Et, ce mot dans lequel réside toute une philosophie et un art de vivre montre clairement que « La Jacmélitude » est le point d’ancrage qui nous fait épouser nos relations humaines, en tant que communauté de tendances économiques, culturelles, sociales et spirituelles plurielles.

La Jacmélitude, c’est le singulier dans ce pluriel d’un monde qui bouge et qui vit au gré de bien des souvenirs de traditions saines et d’actions civiques citoyennes qui peuvent nous aider à garder notre sanité. Un passé/présent sempiternelle qui constitue à la fois refuge, référence et détermination pour accomplir ensemble des actions communautaires pour notre patelin natal : Jacmel et ses communes avoisinantes. 

La Jacmélitude permet au jacmelien d’aujourd’hui de rester un citoyen dans une cité en lambeaux de traditions, déconnectée avec ses racines vivaces et nourricières du progrès pour tous, face à la démission des uns et a l’indifférence des autres. Elle permet de se souvenir des traditions, de la façon d’être du Jacmelien qui est « diffèrent », comme Edo Zenny se plait à le signaler.

La Jacmélitude c’est notre sens de l’accueil, notre façon de juger, d’apprécier et de vivre pour que notre avenir puisse s’ancrer dans un présent-futur en invitant à la jeunesse actuelle d’avoir un lieu commun qui est bien leur. 110 Dans Jacmélitude : gastronomie, histoire, musique, littérature et poésie, Pisquettes, doukounou, riz et Djon Djon, akoté, toutes les saveurs du terroir y passent dans une apothéose d’amour et de ferveur locale où le chauvinisme n’est pas de mise. Et, c’est justement cela qui fait la force de cette philosophie de la vie de notre patelin.

La Jacmélitude c’est le farniente pour des lendemains meilleurs dans une attitude de « servitude volontaire » et de probité du citoyen qui s’engage pour la cité au nom de son amour pur pour elle, et rien que cela. La Jacmélitude c’est l’essence même du Jacmelien qui se cherche au miroir de sa vie sociale afin d’épouser l’histoire de ce coin de terre qui se cherche en ces moments incertains de l’après-dictature des Duvalier de 1957 à 1987, et des différentes autres formes d’abandon du pouvoir central de 1987 à 2017.

La Jacmélitude c’est la nouvelle humanité multiforme et multi complexe du Jacmelien en transhumance.

La jacmélitude est donc un confluent conceptuel où l’héritage patrimonial, le développement socioéconomique, culturel et communautaire se mettent au diapason du développement humain par le biais de politique publique adéquate. Etant donné que les ramifications plurielles de la jacmélitude invitent à poser des actions analysées sous des angles pluridisciplinaires, à partir de questionnements pertinents, il est donc impératif de mettre en exergue l’importance de la diversité du patrimoine qui doit servir à la création de richesse. Pour une ville comme Jacmel dont le carnaval, l’artisanat, l’art culinaire, les hounforts de renom, l’architecture, les forts, les cascades, la mer, et les ressources naturelles constituent des atouts majeurs pour attirer le tourisme sous tous ses angles : tourisme culturel, gastronomique, balnéaire, écotourisme, rural, de mémoire et religieux.  La jacmélitude doit donc engendrer des impacts positifs pour garantir une pérennité dans le temps des activités et des événements qui doivent contribuer, autant que possible, à la transmission de notre héritage non seulement comme vitrine sociétale de ce que nous sommes et savons faire, mais surtout comme legs contribuant à la mémoire collective pour les jeunes générations.

Si l’ambition de ces publications sur la Jacmélitude est atteinte par une diffusion qui permet à chaque citoyenne et à chaque citoyen d’entrevoir une volonté accrue de sauvegarder et de valoriser les richesses du département du Sud-est, afin de promouvoir les richesses locales, nous aurons fait œuvre qui vaille et ce ne sera que SERVIR !