Un nationaliste au coeur d'or voyage vers l'univers céleste

Il est des nouvelles que l’esprit refuse d’abord d’accepter, tant elles sont brutales et inattendues.

Par William Eliacin
20 août 2026 — Lecture : 4 min.
Un nationaliste au coeur d'or voyage vers l'univers céleste

Georges Duperval

Il est des nouvelles que l’esprit refuse d’abord d’accepter, tant elles sont brutales et inattendues. Après deux jours, j’avais dû finalement me résoudre à admettre l’accident de mon camarade et ami Georges Duperval, survenu à IGUANA Café, le weekend dernier.  Mais la catastrophe de ce mardi soir est venue porter le coup ultime, celui auquel personne ne voulait croire. 

Georges est parti définitivement. 

Avec lui disparaît un ami, un petit frère qui m’appelait affectueusement « PAPA », une marque d’attention qui me touchait profondément et qui donnait à notre relation une dimension toute particulière.

Sa disparition soudaine m’affecte d’autant plus qu’elle vient interrompre brutalement un engagement patriotique profond en faveur d’Haïti, auquel il consacrait toute la fougue de sa jeunesse, son intelligence, son énergie et sa remarquable capacité de rassemblement. Georges est tombé en plein combat, laissant à ses proches, à ses compagnons, à ses amis et à tous ces jeunes la responsabilité morale de poursuivre son œuvre.

Un engagement constant pour Haïti

Georges Duperval n’était pas un simple observateur de la réalité haïtienne. Depuis de nombreuses années, il s’impliquait activement et courageusement  dans des actions sociales, citoyennes et communautaires. Il portait la conviction inébranlable qu’une autre Haïti était possible, malgré les crises, les déceptions et les obstacles.

Son engagement reposait sur une idée simple mais puissante : ne pas subir l’histoire, mais la transformer.

PHOENIX : Une initiative en plein chantier pour créer un espace de réflexion et d’action

Parmi ses initiatives les plus importantes de ces deux dernières années figurait la PHOENIX — Plateforme Haïtienne des Organisations Émergentes Nationales pour l’Implémentation des Projets X.

Plus qu’une organisation, PHOENIX était pour lui un véritable cadre de réflexion, de mobilisation et d’action. Elle réunissait des citoyens valables et compétents issus de divers horizons, animés par une même volonté : proposer des solutions concrètes aux problèmes structurels du pays.

Autour de Georges s’était formé un groupe uni par une question centrale :

Comment faire renaître Haïti de ses cendres ?

Le choix même du nom PHOENIX traduisait cette conviction profonde. Comme l’oiseau mythique qui renait de ses cendres, Georges rêvait de voir notre Pays se relever après tant d’années d’épreuves.

« BATON JENES, DU SANG NEUF » : un appel à la jeunesse

C’est dans cette même dynamique que Georges portait aussi son slogan à travers sa structure sociale et politique :

« BATON JENES, DU SANG NEUF ».

Par cette formule, il lançait un appel direct à la jeunesse haïtienne. Il l’invitait à ne pas attendre le changement, mais à en devenir l’acteur principal. Pour lui, il s’agissait de :

● agir pour transformer la réalité,

● promouvoir un changement par l’action,

● et faire émerger un nouveau leadership haïtien, fondé sur la responsabilité, le courage et l’engagement.

Un homme tourné vers l’action

Georges voulait réfléchir, proposer, rassembler, mais surtout agir. C’est cette image que je garde de lui : celle d’un homme passionné, engagé et profondément habité par l’avenir de son pays, un POTO MITAN. 

Sa mort interrompt son parcours, mais elle ne doit pas interrompre son rêve. À ses compagnons de PHOENIX, à ses amis et à tous ces jeunes de plusieurs régions du Pays qui ont partagé ses idéaux, il revient désormais une responsabilité essentielle : poursuivre son œuvre et maintenir vivante la flamme qu’il a allumée.

Un adieu personnel et une douleur partagée

Georges, mon cher ami et fils adoptif, tu es parti trop tôt.

 C’est avec une immense douleur que ton PAPA te dit adieu.

Tu rêvais avec moi d’une Haïti debout, réconciliée avec elle-même et digne pour ses enfants. Par-dessus tout, j’admirais ton grand courage qui ne reculait devant aucun obstacle qui se présentait devant toi.

J’ai encore la conviction que ce rêve demeure et deviendra une réalité. 

Tu es tombé en plein combat, Georges, mais la bataille doit continuer.

Que PHOENIX poursuive son envol et qu’Haïti puisse un jour renaître comme tu l’espérais. Je suis tout aussi persuadé que BATON JENES LA prolongera cette vision.

Je tiens enfin à saluer avec respect et émotion ton père, Monsieur Gérald Duperval, originaire comme moi de la ville des Cayes, un camarade que j’ai eu le plaisir de retrouver au début de ma carrière aux bureaux de la BNDAI à Port-au-Prince. A cet ami de longue date, à la chère épouse et aux enfants de Georges, à ses deux sœurs ainsi qu’à tous les membres de la famille Duperval durement éprouvés par cette perte, j’adresse mes sincères condoléances en les  assurant de tout mon soutien moral. 

Adieu Georges ! Repose en paix !

Que la terre d’Haïti te soit légère