Au-delà de ses impacts financiers et matériels, la situation de l'insécurité n’a fait qu'accélérer l'érosion des liens intergénérationnels dans le monde rural et menace la transmission du patrimoine agricole matériel et immatériel. Ces pertes échappent aux bilans classiques financiers et économiques.
Mise en contexte
A ce carrefour où se trouve Haïti aujourd’hui, il revient à toutes les Haïtiennes et à tous les Haïtiens, de se questionner sur les résultats des politiques publiques mises en oeuvre par les différents gouvernements ces 30 dernières années, afin d’en tirer les leçons nécessaires pour orienter les choix à faire et les mesures à adopter pour les 30 prochaines années. Sinon, Haïti risquerait de connaître un déclin durable de ses capacités de développement. En effet, les préoccupations sont croissantes au sein de la société quant au risque d’un affaiblissement irréversible de l’appareil étatique si les défaillances structurelles ne sont pas corrigées. Cette inquiétude se manifeste dans le secteur de l’agriculture où les capacités productives sont mises à rude épreuve. Les exploitations agricoles essentiellement tributaires des ressources propres des familles paysannes se révèlent de plus en plus vulnérables en raison de l’insécurité et des crises politiques.
Cette réflexion s’appuie sur des échanges entre pairs, des témoignages d’agriculteurs et de la recherche documentaire. Elle propose un état des lieux analytique de l’agriculture et formule des recommandations pour sa relance. Elle porte principalement sur les nouveaux défis du contexte national marqué, au cours des cinq dernières années (2021-2026), par une insécurité sans précédent dans l’histoire du pays.
Encore largement fondée sur des pratiques traditionnelles très peu adaptées à ces défis, l’agriculture fait face aux rudes conséquences du changement climatique. Elle doit assurer sa survie compromise, entre autres, par la montée en puissance de l’insécurité que connaît le pays depuis plus de cinq ans. Entre 2020 et 2021, l’insécurité, dans un contexte de violences extrêmes des gangs et d'hostilités politiques, caractéristique de l’écosystème socio-politique national, s’est intensifiée et s’est aggravée à ce jour, avec la perte de contrôle de l’Etat de certaines zones qui deviennent des territoires perdus dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite, du Centre et du Nord’Ouest. La situation demeure tendue dans d’autres régions face à la menace d’extension de cette insécurité croissante et multiforme. Les ménages agricoles sont durement affectés et de nombreuses exploitations sont abandonnées. Ils sont des victimes directes dans les territoires perdus ou subissent les externalités de l’insécurité touchant le monde agricole (perte de marchés, manque d’accès aux intrants et aux services, arrêt de l’assistance publique agricole, etc). Il faut noter surtout que les effets d’une telle insécurité ne sont pas localisés mais diffus, la pression des groupes armés sur les populations et les ressources dans les territoires qu’ils contrôlent et de ceux environnants a des effets en cascade jusqu’aux extrémités du pays.
I. Étendue géographique et ampleur sociale de l’insécurité
L’onde des chocs produits par l’insécurité sort des confins du territoire national, mais avec des intensités vibratoires différentes suivant qu’on considère le centre, l’environnement immédiat et les zones éloignées. Selon les sources officielles, 4 sur 10 départements géographiques sont directement et fortement affectés par la présence de groupes armés très actifs et où les terres agricoles sont systématiquement abandonnées par les producteurs. Selon la FAO (2025), « … Dans plusieurs communes de l’Artibonite, de l’Ouest et du Centre, des exploitations sont abandonnées en raison des violences, des enlèvements et des affrontements armés. … L'insécurité limite directement l’accès aux terres agricoles et réduit la production.». Dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, couvrant les communes Port-au-Prince, Delmas, Tabarre, Croix des Bouquets, Pétion Ville, Cité Soleil, Carrefour, la domination des groupes armés est imposante. Les exploitants ayant survécu aux attaques et leur famille sont contraints de fuir, laissant tout derrière eux. La violence des groupes armés a provoqué des déplacements massifs de population. Environ 1,4 million de personnes ont fui leur domicile entre décembre 2024 et septembre 2025, perturbant les moyens d’existence ruraux et réduisant la disponibilité de la main-d’œuvre agricole dans plusieurs zones affectées (FAO, 2025).
II. Impacts sur la mise en valeur des terres irriguées
Les zones de montagnes humides et les périmètres irrigués sont là où les productions agricoles offrent plus de garanties. Or, en réunissant les périmètres aménagés des zones sous l’influence des groupes armés, cela représente une part importante des terres sous irrigation exposée, y compris la Vallée de l’Artibonite (plus de 35 000 ha) dans le département de l’Artibonite, les systèmes de Cabaret, Arcahaie, Plaine du Cul de Sac, Croix des Bouquets, Ganthier, Gressier, les zones humides de Kenscoff, la plaine de Léogane dans le Département de l’Ouest, les petits périmètres du bas plateau jusqu’à Mirebalais dans le département du Centre, etc. Aucune donnée fiable ne permet actuellement d’estimer la superficie totale des terres irriguées affectée directement par l’insécurité. Le BINUH a rapporté en 2024 l’abandon de plus de 3 000 hectares dans l’Artibonite, tandis que le PAM a estimé à environ 5 000 hectares les terres agricoles affectées par la violence en 2023. La nature des dégâts physiques est diverse affectant les communautés : infrastructures sabotées, stocks pillés et détruits. Des hectares de plantations sont littéralement incendiés ou ravagés dans ces départements. Cette description demeure toutefois en deçà des dégâts réels évoqués dans la presse, les conférences et les groupes de discussion.
III. Impacts sur les filières agricoles
a) les productions et l’accès aux marchés
A l’intérieur des territoires contrôlés, les espaces mis en valeur ont été réduits pour minimiser les coûts humains et financiers, l’accès aux intrants est devenu plus difficile et beaucoup trop coûteux et la menace de vandalisation ou de pillage des plantations est quasi constante. Le sectionnement des axes routiers entraîne également la perturbation des chaînes d'approvisionnement et des activités agricoles dans le reste du pays. Les activités liées à la production et la transformation des produits agricoles sont drastiquement réduites et les chaînes d'approvisionnement désorganisées. La Banque mondiale indique que “les ménages agricoles réduisent leurs investissements productifs en raison de la hausse des coûts induite par l’insécurité” (BM, 2025).
Concernant le circuit de commercialisation, les Madan Sara, maillon essentiel des circuits de commercialisation, sont la cible des groupes armés; elles subissent non seulement le vol, des arnaques mais aussi peuvent être enlevées ou violées sur les routes. Les restrictions de la circulation et la menace constante de l’insécurité ont entraîné l’arrêt de l’exportation vers les Etats-Unis, suite à une décision prise en 2023, par les autorités américaines. Les productions agricoles (bananes, ignames, véritables, légumes, etc. du Sud, du Sud’Est et de la Grand’Anse utilisent, entre autres, la voie maritime et arrivent au compte-gouttes sur les marchés métropolitains.
Les filières agro-industrielles d’exportation ont connu une baisse considérable. Les revenus issus de l’exportation ont également chuté. L’Organisation internationale du travail, citant la BRH, a noté que les exportations du cacao sont passées de 10.84 millions USD en 2020 à 2.41 millions USD en 2023 (OIT, 2024). Le rapport d'évaluation rapide de l’impact de la crise, en 2024, produit par le Gouvernement et les partenaires internationaux, révèle que le contrôle des axes routiers de Croix des Bouquets constitue une menace pour la production caféière à Thiotte, principale zone de production de la filière; l’exportation a connu une baisse de 36% entre 2021 et 2023, passant de 3.6 à 2.2 millions USD. Le rapport indique également qu’à cause de l’insécurité, les mangues ne peuvent plus être préinspectées sur place, comme cela se faisait par des inspecteurs du Département d’Etat Américain de l'Agriculture (USDA), privant ainsi la production de mangue de l'accès au principal marché d'exportation qui est les Etats-Unis. Avant la crise, la mangue francisque, la variété exportée et produite principalement dans l'Artibonite, le Centre et l’Ouest, rapportait environ 12 millions USD.
b) services d’appui
Pratiquement toutes les actions publiques conduites tant par le Gouvernement que les acteurs non gouvernementaux y compris, les biens et services agricoles marchands délivrés par les entreprises et les prestataires de services ont été interrompus dans les zones dominées et réduites à travers le pays. Les coûts logistiques pour le transport et le conditionnement ont explosé. Le financement agricole est déjà relativement très faible, l’avons-nous mentionné en ces termes : « le caractère marginal du crédit agricole, combiné à des conditions d’accès peu favorables et à des mécanismes de financement inadaptés, empêche le secteur financier de jouer un rôle moteur dans le développement de l’agriculture haïtienne. » (Fontil, 2026). Du quinquennat 2016-2020 à celui de 2021-2025, la part des crédits budgétaires alloués au Ministère chargé de l'Agriculture est passée des moyennes de 6% à 4% du budget national. La société est consciente que la sécurité qui quand même se fait attendre est la priorité et parallèlement l’Etat doit faire face aux défis humanitaires sans cesse croissants. Ainsi, l’agriculture est doublement pénalisée en étant l’un des secteurs les plus affectés par l’insécurité et défavorisé dans les politiques publiques en cours. La recherche et l’innovation agricole, l’aménagement des systèmes irrigués et le renforcement des capacités institutionnelles sont quasiment délaissés.
c) gouvernance sectorielle
On assiste à une puissance publique qui dérive et qui n’arrive toujours pas, depuis 2020, à contenir la violence et la criminalité. La présence institutionnelle, dans certains endroits, n'est que fantomatique ou presque. Bon nombre de cadres (techniques et stratégiques) découragés, apeurés et rendus vulnérables ont quitté leurs fonctions et ont fui à l’étranger. La majorité des partenaires techniques et financiers ont dû prendre des mesures de sécurité drastiques, la plupart ont relocalisé en partie ou entièrement leurs opérations hors des zones à risque. Structurellement, le financement public agricole est dispersé entre plusieurs ministères et organismes publics, un fait qui semble s'être accentué avec la situation actuelle. Comme conséquence, il en résulte un affaiblissement du Ministère de l’agriculture, l'exécution de programmes et de projets sans être inscrits dans le plan d’action sectoriel et un manque de cohérence de la politique agricole. Au niveau de l’Etat, des mécanismes d’adaptation se font au cas par cas tant dans la gouvernance stratégique au niveau central pour rester en vie que dans la gouvernance au niveau déconcentré dans les départements agricoles. D’une manière générale, la cohérence de l’action publique demeure un grand défi.
IV. Pauvreté accrue et insécurité alimentaire
Le peuple haïtien plonge de plus en plus dans les abysses de la pauvreté, la faim et le chômage, profitant des avenues garnis d'embûches aménagées par l'insécurité et la crise politique. L'économie affiche des taux de croissance négatifs depuis 2020. Environ 49% de la population vivait encore sous le seuil de 3 $US par jour en 2025, a estimé la Banque mondiale (2026). Plus de 5,83 millions de personnes (52% de la population) étaient confrontées à une insécurité alimentaire aiguë de Phase 3 (Crise) ou plus entre mars et juin 2026, suivant la méthodologie de l’IPC. L’insécurité alimentaire reflète, entre autres, l’affaiblissement progressif de l’agriculture familiale; la baisse de la production agricole a donc une répercussion négative sur l’offre alimentaire.
V. Coûts financiers et économiques
« Les pertes totales de production dans le secteur agricole entre 2021 et 2024 sont estimées à 1,1 milliard de dollars américains, soit environ 4,5 % du PIB de 2024. Les pertes résultent principalement de l’insécurité, du contrôle des axes routiers par les gangs, de l’abandon des terres agricoles, des difficultés d’accès aux intrants et de la désorganisation des circuits de commercialisation. » (BM, 2025).
Derrière les chiffres, se cachent d’autres dommages difficilement quantifiables tels le pillage et l’abandon des actifs (matériels, équipements, bétail, stocks, etc.), la décapitalisation des exploitants, la baisse de la production, la perte des revenus et des emplois, la hausse des coûts et le recul des investissements, la perturbation des circuits commerciaux, la perte des savoir-faire. Au-delà de ses effets, la situation de l'insécurité n’a fait qu'accélérer l'érosion des liens intergénérationnels dans le monde rural et menace la transmission du patrimoine agricole matériel et immatériel. Ces pertes échappent aux bilans financiers et économiques.
VI. Impacts à craindre à long terme
Avec tous ces dégâts, le risque d’un déclin structurel de l’agriculture familiale est à considérer. Il résulterait de l’accumulation des chocs sociaux, financiers, économiques y compris institutionnels, la déconnexion intergénérationnelle, l'effritement des savoir-faire locaux qui finiront par saper durablement les capacités productives des ménages et fragiliser durablement les infrastructures communautaires. Ainsi, même si les conditions normales de sécurité étaient rétablies, la reconstitution du capital productif, des compétences, des circuits économiques, etc. exigerait plusieurs années, voire des décennies.
Sur le plan migratoire, la tendance a été de laisser les zones rurales vers les bourgs et les centres urbains pour diverses raisons dont la recherche d’autres activités plus rémunératrices et moins pénibles. La jeunesse rurale voit dans le voyage à l’étranger, dans des pays comme Brésil, Colombie, Mexique, Chili, République dominicaine, etc. comme leur principale perspective d’avenir. Donc cette dynamique migratoire a une grande conséquence sur la disponibilité de la main-d'œuvre dont dépend grandement l’agriculture familiale.
Les analyses de plusieurs institutions internationales, telles BM (2023), FAO (2023), FMI (2024, convergent sur ce constat que l’ampleur de l’insécurité est critique et dangereuse. Les crises sécuritaires prolongées affaiblissent les systèmes de production, découragent les investissements, perturbent les marchés, réduisent les capacités institutionnelles et compromettent durablement la croissance et la résilience du secteur agricole.
VII. Nécessité d’une prise de conscience collective
L’anthropologue et homme politique haïtien, Anténor Firmin écrit au crépuscule du 19e siècle, dans son œuvre De l’égalité des races humaines, « Une nation est forte lorsque chacun accepte de porter sa part de responsabilité dans son destin ». Un peu plus d’un siècle plus tard, l’écrivain et professeur américain Peter F. Drucker (1980), a mentionné « le plus grand danger, dans les périodes de turbulence, n’est pas la turbulence, c’est d’agir avec la logique d’hier ». En substance, les deux idées convergent; Firmin rappelle la responsabilité et l’engagement citoyens et Drucker complète en soulignant les nouveaux défis ne peuvent pas être traités avec les approches du passé.
En d’autres termes, les problèmes structurels et conjoncturels auxquels le secteur agricole est confronté, exigent aujourd’hui des solutions nouvelles non traditionnelles et surtout une mobilisation de l’ensemble des acteurs de la société. Les gouvernants et la population sont face à leur responsabilité collective et qu’il est de bonne guerre qu’ils s’impliquent main dans la main dans la conception et la construction du futur maintenant et autrement. Les réalités quotidiennes de ces 5 dernières années, en pleine crise, ont démontré les conséquences gravissimes des décennies de mauvais choix de gouvernance et dont le colosse de l’insécurité qui détruit l'être haïtien jusque dans le fond de ses valeurs propres et de sa dignité.
Le narratif judicieux et pertinent aujourd’hui pour la relance du secteur agricole doit s’incruster dans une responsabilité collective et citoyenne et un paradigme nouveau associant une vision renouvelée, des méthodes modernisées et des pratiques innovantes. Les piliers principaux de ce nouveau narratif sont, entre autres, la reconnaissance de l’agriculture comme un enjeu de sécurité et de souveraineté alimentaire et nutritionnelle. la vision partagée et mobilisatrice des différents acteurs pour des actions coordonnées, impactantes et positives, le partenariat pour la mobilisation des ressources et des investissements pour le secteur agricole. Enfin, délaisser l’agriculture c’est une fenêtre ouverte sur l’insécurité, les problèmes sanitaires et l’instabilité sociale.
VIII. Conclusions et recommandations
Notre analyse met en évidence que l’impact de l'insécurité est particulièrement préoccupant au point de compromettre les capacités de redressement du secteur agricole à court, moyen et, dans certains cas, à long terme. L’agriculture est en train de payer au prix fort les conséquences d’une crise sociale et politique, ainsi que la montée de l'insécurité qui en découle. Avec un coût financier et économique estimé et des conséquences sociales énormes qui sont encore largement sous-estimées, le secteur agricole est en train de perdre son potentiel productif et progressivement son patrimoine matériel et immatériel. Malgré tout cela, il y a une lueur d’espoir qui ressort des rapports des institutions internationales, des déclarations et expressions des populations victimes directes ou indirectes. Mais, un espoir qui exige des actions urgentes, une prise de conscience collective et des décisions politiques courageuses.
Au regard de ces constats, nous proposons douze recommandations stratégiques pour passer d’une agriculture en crise à une agriculture productive, rentable et résiliente. Certes, elles ne sont pas exhaustives et ne prétendent pas constituer des solutions absolues, mais sont le fruit de notre responsabilité citoyenne dans l’esprit de responsabilité défendu par Anténor Firmin. Nous les avançons aussi avec le vœu que les décideurs publics et la société civile soient conscients que les solutions au développement de notre agriculture, dans le contexte d’aujourd’hui, passent impérativement par un changement de paradigme comme l’entend Peter Drucker.
Les recommandations sont :
A court terme (0 à 24 mois):
1)- Renforcer la sécurité des zones agricoles accessibles en coordination avec les forces de sécurité et les collectivités territoriales et y intensifier la production afin de compenser les pertes enregistrées dans les territoires inaccessibles.
2)- Mettre en place des corridors logistiques sécurisés facilitant le transport des produits agricoles par route et par mer afin d’assurer la continuité de l’approvisionnement des marchés.
3)- Soutenir les ménages agricoles accueillant des personnes déplacées par des transferts monétaires ciblés ou des appuis en nature, tout en développant des programmes d’emplois temporaires, HIMO, axés sur la réhabilitation des infrastructures rurales et hydroagricoles.
4)- Assurer une veille continue sur les territoires occupés fondée sur un système d’information géographique et des données satellitaires, évaluer à distance les impacts de l’insécurité, actualiser régulièrement l’état des pertes et préparer le plan de relance des activités agricoles dès le rétablissement des conditions de sécurité.
A moyen terme (12 à 48 mois) :
5)- Restaurer progressivement les infrastructures productives endommagées et les capacités dans les territoires redevenus accessibles et sécurisés.
6)- Poursuivre l’intensification de la production dans les bassins de production sécurisés, relancer les chaînes de valeur en facilitant les intrants, les services, la logistique et l’accès au marché.
7)- Renforcer la présence institutionnelle du Ministère de l’agriculture en rétablissant et en renforçant ses services déconcentrés, avec entre autres, l’objectif d’une gouvernance améliorée pour une meilleure coordination de l’action publique sectorielle.
8)- Apprendre des retombées de l'insécurité pour identifier et mettre en place des mécanismes de protection et de sécurisation des exploitations agricoles et des ménages agricoles.
9)- Relancer et renforcer les services de recherche et de vulgarisation en revalorisant les fermes agricoles, la remobilisation des facultés et des écoles d’agriculture publiques et privées, les centres de recherche, les associations professionnelles et la coopération scientifique nationale et internationale.
A long terme (4 ans et plus) :
10)- Doter le pays d’un véritable plan de modernisation et de développement de son agriculture de manière à positionner ses productions agricoles et agro-industrielles dans la région caribéenne et sur d’autres marchés plus compétitifs.
11)- Mener un plaidoyer auprès des pouvoirs publics et des partenaires pour un cadre macroéconomique et politique favorable aux investissements publics et privés dans le secteur (dont 10% au moins de crédits budgétaires dans les lois des finances publiques), aux partenariats agricoles public-privé, la productivité et l’insertion économique de l’agriculture familiale.
12)- Institutionnaliser et instrumentaliser (codifier dans des décrets ou des lois) la résilience agricole pour anticiper et gérer les menaces de l’insécurité, du climat, des chocs internationaux et d’autres aléas : assurances agricoles, système d’alerte précoce agricole, etc.
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À propos de l’auteur :
Nolex Fontil est ingénieur agronome et consultant en stratégie de développement, il intervient dans les domaines des politiques publiques, du développement rural, de la sécurité alimentaire et de la gouvernance.
Diplômé de la Faculté d’Agronomie et de Médecine Vétérinaire (FAMV) de l’Université d’État d’Haïti (UEH), il est aussi titulaire d’un Master 2 en Développement et Management de projets de l’Université Senghor d’Alexandrie, en Égypte. Il préside le comité directeur de l’Association Nationale des Ingénieurs Agronomes Haïtiens (ANIAH).
Courriel : ikontakanm@gmail.com
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