Le football comme arène politique : Haïti-Brésil, identité et inégalités

Le football, à la lumière des contributions de Coca (2022), est conçu à la fois comme une profession, un dispositif socio-économique et une source de spectacle et de divertissement, capable de mobiliser des forces sociales et de susciter un sentiment national qui renforce les identités collectives.

Jean Peterson Notis[1]
28 mai 2026 — Lecture : 14 min.
Le football comme arène politique : Haïti-Brésil, identité et inégalités

Sélection nationale des Grenadiers

Le football, à la lumière des contributions de Coca (2022), est conçu à la fois comme une profession, un dispositif socio-économique et une source de spectacle et de divertissement, capable de mobiliser des forces sociales et de susciter un sentiment national qui renforce les identités collectives. En Amérique latine et dans les Caraïbes, cette dimension nationaliste de la discipline sportive a acquis une importance particulière (Gómez, 2026), se reflétant notamment en Haïti et au Brésil, où elle se manifeste comme un phénomène qui suscite une passion collective transcendant le champ sportif. Cette même force symbolique, qui mobilise des identités locales, nationales et régionales, se projette également à l’échelle mondiale, configurant le football comme une arène de pouvoir structurel, fondamentale pour l’analyse des relations économiques, politiques et sociales qui traversent le champ symbolique et idéologique.

Inscrit dans cette logique, cet article a pour objectif de proposer une analyse des relations en question, en prenant comme référence la Coupe du monde de 2026, tournoi international de football masculin organisé aux États-Unis, au Canada et au Mexique, et ayant pour locus empirique d’analyse le match entre Haïti et le Brésil. À partir de ce cadre, l’événement, en caractère inaugural, réunira 48 sélections nationales dans un format compétitif structuré, comprenant des phases qualificatoires et éliminatoires qui incluront des groupes, des huitièmes, des quarts, une demi-finale et une finale, suivant les règlements et calendriers officiels de l’entité organisatrice et culminant dans la consécration d’une sélection championne à la fin du cycle.

Dans cette continuité, il devient pertinent d’observer comment le football se transforme en une arène de pouvoir et de lutte pour l’hégémonie internationale, en particulier lors des cycles quadriennaux de la Coupe du monde. Il convient toutefois de souligner que cette perspective critique ne vise pas à délégitimer l’acte commémoratif ni, en aucune hypothèse, à remettre en question l’haïtianité (Casimir, 1981), mais cherche à proposer une réflexion qui dépasse l’immédiateté, le fanatisme et le populisme symbolique, en s’inscrivant dans le champ de la problématisation.

Haïti et Brésil : confrontation et significations pour l’identité nationale

La confrontation entre les Grenadiers et la sélection brésilienne, les Canarinhos, constitue une unité d’observation privilégiée pour examiner les tensions entre identité nationale et inégalités structurelles. Cette perspective gagne en pertinence lorsqu’on considère qu’après 52 ans, et pour la deuxième fois, la sélection masculine de football revient sur la scène mondiale (Jure, 2026). Ce retour s’inscrit dans la continuité de la participation de la sélection féminine à la Coupe du monde de 2023, lorsque les Grenadières ont articulé leur haïtianité comme symbole de résistance, de courage et d’identité collective, prolongeant ainsi une dynamique qui a ravivé la fierté nationale.

Dans ce même rythme, les Grenadiers affronteront, au cours des trois matchs de la phase de groupes, une véritable épreuve de survie dans la compétition, avec un accent particulier sur le duel contre le Brésil, une sélection expérimentée qui compte cinq trophées, le dernier ayant été remporté en 2002, il y a plus de deux décennies. Bien que ce duel ne constitue pas nécessairement le plus grand défi technique pour Haïti, surtout au regard des performances récentes d’adversaires comme le Maroc, il revêt une charge symbolique particulière, renforcée par la mémoire du dernier affrontement entre le Brésil et Haïti disputé à Port-au-Prince. Ce match amical s’était soldé par un score de 6 à 0 en faveur des Brésiliens, laissant un souvenir douloureux aux Haïtiens, mais demeurant également comme un acte performatif de pouvoir et de légitimation symbolique. Il s’agissait d’un match stratégiquement instrumentalisé, conçu pour fonctionner comme un mécanisme de pacification politique et, en même temps, consolider l’hégémonie internationale à travers l’intervention de la MINUSTAH dans le pays (Perina, 2024).

Cet épisode, marqué par la force symbolique de la sélection brésilienne de l’époque, contraste avec le présent. L’équipe de cette période, composée de stars telles que Ronaldinho, Adriano, Kaká et Júlio César, n’existe plus et n’exerce plus la même hégémonie sportive. Néanmoins, la sélection de Pelé demeure l’une des plus admirées par de nombreux haïtiens et respectée par diverses autres sélections à travers le monde, réaffirmant son rôle de référence historique et culturelle dans le football mondial.

À ce stade de l’analyse, il devient nécessaire d’élargir l’horizon à partir de l’exercice proposé par Žižek (2013), qui distingue entre violence subjective, celle pratiquée par des agents individuels et visible dans des actes concrets, et violence objective ou systémique, inscrite dans les structures sociales et institutionnelles. En déplaçant le regard de la violence visible et attribuée à des agents identifiables vers les scénarios qui l’engendrent, s’ouvre la possibilité de comprendre le duel Haïti-Brésil et, plus encore, la Coupe du monde non seulement comme des compétitions sportives, mais comme des dispositifs politiques et symboliques révélant des relations de pouvoir et d’identité. Ce mouvement dialogue avec la critique foucaldienne de la supposée neutralité des institutions (Foucault, 1978), permettant de saisir la compétition comme une pratique constitutive dans la production de sens et la construction de récits de pouvoir et d’identité.

Cette conception, lorsqu’elle est observée dans une perspective comparée, révèle que, dans le cas du Brésil, le sport fait l’objet d’une politique publique institutionnalisée, c’est-à-dire que, selon la conception de Boneti (2017), l’État réalise une intervention dans la réalité sociale, soit pour effectuer des investissements, soit par le biais d’une intervention purement administrative ou bureaucratique. Concrètement, ce plan étatique se traduit par des initiatives redistributives et des investissements publics structurés qui matérialisent l’intervention publique dans la sphère sportive. À partir de ce constat, il devient pertinent d’entreprendre une approche comparative entre Haïti et le Brésil, afin d’identifier les convergences et les dissimilitudes dans la manière dont chaque État organise son action politique et économique autour du football.

Politiques publiques et inégalités structurelles dans le football

Discuter des politiques publiques dans un contexte d’érosion politico-institutionnelle, c’est-à-dire face à l’absence totale du pouvoir législatif et à l’absence effective de l’exécutif dans le cadre constitutionnel, n’a pas pour objectif une évaluation immédiate, mais bien la production de réflexions capables de contribuer au destin collectif. Dans ce sens, il devient pertinent d’observer des pratiques traditionnelles, telles que la remise de prix sous forme d’enveloppes contenant de l’argent, qui, tout en révélant la reconnaissance symbolique du succès sportif, mettent également en évidence la fragilité résultant du manque de politiques structurées. Bien que cette reconnaissance soit significative pour l’individu, puisqu’elle lui procure un certain soulagement financier ou prestige, la réalité est qu’aujourd’hui, pour atteindre le sommet, l’athlète haïtien parcourt ce chemin seul, dépendant de sa famille ou de sponsors privés, sans aucun soutien effectif de l’État. Surgit alors la question : nos talents et athlètes doivent-ils dépendre de faveurs et de dons occasionnels, ou le pays devrait-il investir dans des politiques publiques qui, au lieu de seulement couronner les rares qui atteignent le podium, garantissent dès l’enfance les conditions et opportunités nécessaires pour que chacun puisse développer son potentiel sportif ? Sans aucun doute, la réponse est déjà connue : seule une politique publique cohérente peut assurer des opportunités réelles et durables.

C’est précisément ici que le cas brésilien se distingue, car, contrairement à Haïti, le Brésil dispose d’une politique publique institutionnalisée appelée Programme Bolsa Atleta, créé par le Gouvernement Fédéral et administré par le ministère des Sports, qui offre un soutien financier aux sportifs de haut niveau (Brésil, 2026). Le programme se distingue par son ampleur, couvrant différentes étapes de la carrière sportive, depuis la catégorie étudiante et de base jusqu’aux niveaux national, international et olympique, ainsi que la catégorie Podium, destinée aux athlètes ayant un potentiel de médaille dans des compétitions internationales. Cette structure étendue se reflète directement dans ses résultats : en 2026, par exemple, le Bolsa Atleta a bénéficié à 11 214 sportifs, chiffre significatif qui doit également être compris à la lumière de la dimension continentale du Brésil. Cette politique de redistribution vise à garantir l’égalité des conditions aux athlètes brésiliens en pleine activité compétitive, couvrant de la formation de base jusqu’au haut niveau (Brésil, 2026).

Inégalités économiques et institutionnelles dans l’arène du football

Le décalage entre la sélection haïtienne et la sélection brésilienne de football masculin ne s’est pas limité aux inégalités d’opportunités dont les athlètes ont disposé pour développer leurs talents. Il se manifeste également dans des aspects institutionnels et économiques, comme le montre le budget de la sélection brésilienne, qui atteint 281 millions de Reais soit environ 47,7 millions d’euros (CBF, 2026), révélant la distance matérielle entre les contextes et renforçant les asymétries qui structurent le champ sportif. Cette disparité devient encore plus évidente lorsqu’on considère la valeur marchande actuelle de l’effectif de la sélection brésilienne pour la Coupe du monde 2026, estimée à environ 908,7 millions d’euros (G1, 2026), ce qui intensifie le contraste avec la réalité haïtienne. La différence ne se limite pas à la valeur marchande des joueurs, car s’ajoutent encore les promesses millionnaires faites par la CBF à chaque athlète de l’effectif auriverde en cas de conquête du titre (CBF, 2026), ce qui amplifie la perception des inégalités qui traversent le football contemporain.

Selon Transfermarkt (2026), la valeur totale de marché de l’effectif de la sélection haïtienne est estimée à environ € 56,3 millions, ce qui accentue le contraste avec l’effectif brésilien. Cette disparité devient encore plus évidente si l’on considère que la sélection haïtienne dispose d’un budget de US$ 6 025 998, soit environ € 1 038 000, provenant presque exclusivement de subventions externes, incluant la FIFA, la CONCACAF, la CFU et des contributions ponctuelles de l’État haïtien, comme indiqué dans le rapport d’audit fiscal de la Fédération Haïtienne de Football (2025). Reste à savoir dans quelle mesure ce modèle est réellement capable de soutenir des politiques sportives durables, de renforcer la ligue nationale et d’assurer une meilleure intégration entre clubs et sélection?

Conformément aux chiffres mentionnés, le contraste entre la sélection haïtienne et la sélection brésilienne apparaît encore plus évident, amenant plusieurs commentateurs à souligner le large favoritisme de l’équipe Canarinhos. En effet, sous une lecture réaliste, le Brésil entre sur le terrain comme favori, détenteur d’un maillot prestigieux et de cinq titres mondiaux. Pourtant, ce constat ne diminue pas la valeur symbolique et politique de la présence haïtienne dans la compétition, qui porte avec elle la force de l’haïtianité et la fierté d’être à nouveau sur la scène mondiale. Face à ce scénario et à tous les pronostics défavorables, demeure la question qui résonne dans les tribunes : que peut-on attendre des Grenadiers sur le terrain ?

Histoire, identité et résistance à travers le football en haïti

La genèse d’Haïti comme État-nation résulte d’une rupture historique en 1804 avec le colonialisme, lorsque les hommes de l’armée indigène, durant la Révolution haïtienne, vainquirent les troupes de Napoléon Bonaparte et proclamèrent l’indépendance, en faisant retentir le cri « grenadye alaso, alaso, sa ki mouri zafè a yo », devenu symbole de résistance, de courage et de dépassement. Cet exploit, marqué par une victoire qui contredisait l’ordre colonial et le paradigme politique occidental de l’époque, semblait impossible ailleurs dans le monde. Pourtant, les ancêtres haïtiens, animés par la soif de liberté, ont laissé un héritage politique et historique qui résonne aujourd’hui dans le champ sportif comme une inspiration pour affronter des adversaires considérés comme supérieurs. Ainsi, si la sélection haïtienne souhaite inscrire son nom dans la mémoire de cette compétition, elle doit mettre en avant son haïtianité, réaffirmant que le football, tout comme la lutte pour l’indépendance, constitue un espace de résistance, de dignité et de construction d’une identité collective.

Mais cela ne représente qu’une solution immédiate, sans exigences majeures. Toutefois, pour que cette dimension symbolique se traduise en résultats concrets dans une perspective stratégique, il est indispensable de reconnaître que l’inspiration et l’identité ne suffisent pas sans politiques publiques solides et adaptées à la réalité haïtienne. L’analyse ne vise donc pas à encourager l’improvisation, mais à soutenir la nécessité de programmes étatiques et de solutions techniques cohérentes, spécialement orientées vers les disciplines sportives en Haïti, en défendant des initiatives qui garantissent continuité et légitimité plutôt que des mesures occasionnelles ou purement assistancialistes.

Il s’agit en définitive de transformer le sport en un véritable projet d’État, conçu comme une politique publique structurée et continue, ce qui implique de dépasser les pratiques assistancialistes, telles que la remise ponctuelle d’enveloppes ou les réceptions solennelles, qui ne garantissent pas la durabilité. Dans cette perspective, la réflexion de Spivak (2010) est fondamentale, car elle rappelle qu’il ne suffit pas de reconnaître la voix des subalternes sans créer des conditions structurelles pour qu’elle soit effectivement entendue.

Dans le cas des athlètes haïtiens, des actions isolées ou des initiatives symboliques ne répondent pas à leurs besoins réels, ce qui rend indispensable la formulation et la mise en œuvre de politiques publiques efficaces et adaptées à la réalité haïtienne. Inspirées par des programmes tels que le Bolsa Atleta du Gouvernement Fédéral brésilien, ces politiques doivent être capables d’assurer une infrastructure adéquate, de promouvoir une formation continue et de garantir la durabilité des carrières sportives. Cette responsabilité doit incomber aux gouvernements issus de la volonté populaire et qui construisent leurs agendas sur la base des demandes nationales, toujours dans le cadre constitutionnel et en garantissant des conditions matérielles pour le développement des talents sportifs. Dans ce contexte, le football haïtien peut s’affirmer non seulement comme spectacle, mais aussi comme instrument de résistance, de dignité et d’affirmation collective.

Le football comme espace de sociabilité, de pouvoir et d’inclusion sociale

À partir de la discussion menée jusqu’ici, il devient possible de montrer que, au-delà de la mobilisation affective et de la construction d’un sentiment d’appartenance collective, le football s’ouvre également comme espace de sociabilité et comme spectacle de victoires, étant régulièrement analysé sous ces dimensions. Cependant, la Coupe du monde se révèle en réalité comme un véritable terrain de jeu politique, où s’entrelacent des luttes d’identité, de pouvoir et de reconnaissance internationale. Cette dimension devient encore plus claire lorsque l’on observe le match Haïti-Brésil, qui expose des mécanismes de pouvoir et des inégalités structurelles rarement mis en avant dans des analyses immédiatistes et sensationnalistes.

Dans le cas des Grenadiers, le succès ne peut pas être réduit au seul résultat numérique, car il est nécessaire de prendre en compte d’autres variables, telles que la conjoncture sociale, politique et économique qui a marqué la conquête de la qualification, en écartant l’interprétation selon laquelle ils auraient seulement bénéficié de l’élargissement institutionnel du tournoi de 32 à 48 sélections. En effet, si ce n’était qu’une question de chance, comment expliquer l’absence de la traditionnelle sélection italienne ? Dans ce scénario, le sport doit être conçu comme une politique publique de formation citoyenne et d’inclusion sociale, articulée avec l’éducation et la culture, afin de remplir sa fonction de promotion de la dignité, de l’identité collective et du développement national.

L’analyse conduit inévitablement, d’une part, à la compréhension du football comme un espace de confrontations symboliques et stratégiques qui dépassent les limites du jeu et se projettent dans les dynamiques politiques, économiques et sociales contemporaines. D’autre part, elle met en évidence la nécessité de s’interroger sur le fait que l’absence de politiques publiques structurées pour soutenir les athlètes en Haïti ne révèle pas un déficit de gouvernance et une fragilité institutionnelle, résultat d’une trajectoire marquée par la capture symbolique et par une représentativité dysfonctionnelle. Indépendamment des réponses, le destin collectif du football, du sport et des athlètes haïtiens en général, en particulier des Grenadiers, symbole de la fierté nationale, de la résistance et de l’espérance collective, dépend de l’action et de la participation des citoyens contemporains dans la redéfinition de l’ordre institutionnel et dans l’élargissement du rôle du sport comme instrument de citoyenneté et de transformation. Dans ce contexte, le sport, et en particulier le football, doit être inclus dans une politique publique de formation citoyenne et d’inclusion sociale, articulée avec l’éducation et la culture, afin de remplir sa fonction de promotion de la dignité, de l’identité collective et du développement national.

Défis et potentialités pour le destin collectif du football haïtien

Le destin collectif du sport en général, et en particulier du football en Haïti, ne sera viable qu’à travers la formulation de politiques publiques pragmatiques, orientées par des diagnostics objectifs et des objectifs clairs. Ces investissements doivent relever les défis structurels contemporains, tels que la sous-représentation des joueurs issus du championnat national dans la sélection, garantissant que le développement sportif soit inclusif et durable. Pour que cela se concrétise, étant donné qu’il s’agit d’un problème transversal aux institutions sportives et politiques, il faut rappeler que, dans un système de représentation démocratique, les décideurs sont élus pour agir au nom de la collectivité, délibérer sur les politiques publiques et assurer que l’État intervienne directement dans les problèmes sociaux.

Enfin, il revient au peuple haïtien non seulement de soutenir les Grenadiers et d’attendre le résultat qui viendra, non pas uniquement face à la sélection brésilienne mais tout au long de la compétition. Parallèlement, les personnes en âge de voter sont appelées à exercer un choix critique et conscient lors des prochaines élections, longtemps différées, en écartant du jeu politique ceux qui n’ont pas rempli leurs responsabilités institutionnelles, dans le cadre d’un véritable « carton rouge » appliqué par la citoyenneté elle-même. Cela s’impose afin de sauvegarder le destin collectif et de ne plus rester à la merci du hasard, mais d’être orienté par des choix intelligents et pragmatiques, capables de conduire à des projets politiques cohérents et durables.

Références

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[1] Jean Peterson Notis est diplômé en philosophie de l’Université catholique de Pelotas (UCPel), titulaire d’un master en science politique et doctorant dans la même discipline à l’Université Fédérale du Rio Grande do Sul (UFRGS).