Minorité vs majorité : un antagonisme social apparu dès l’aube de la civilisation

Aux origines des luttes sociales Si l’antagonisme entre la minorité et la majorité a pris des formes historiques changeantes au cours du processus du développement continu de l’Histoire, il n’en demeure pas moins qu’il a commencé avec notre civilisation.

Jean-Marie Beaudouin; coifopcha@yahoo.fr    
27 avr. 2026 — Lecture : 6 min.
Minorité vs majorité : un antagonisme social apparu dès l’aube de la civilisation

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Aux origines des luttes sociales

Si l’antagonisme entre la minorité et la majorité a pris des formes historiques changeantes au cours du processus du développement continu de l’Histoire, il n’en demeure pas moins qu’il a commencé avec notre civilisation. Ce phénomène social est digne d’un paradoxe ayant caractérisé la société humaine et la marquera pour longtemps encore, au vu de la configuration socio-politique et économique dominante actuelle. Depuis l’époque de la Cité grecque et de la Rome ancienne qui symbolisèrent la civilisation gréco-romaine et par laquelle s’incarne l’hégémonie occidentale à notre temps contemporain, la minorité et la majorité s’affrontent dans une lutte sociale directe où les enjeux et les intérêts se situent à des pôles divergents. La minorité comprend la classe des riches ou des gens aisés ; elle s’affirme par ses valeurs intellectuelles, culturelles, religieuses, politiques et économiques. Sur la base de sa construction idéologique, la conscience bourgeoise s’impose et s’en glorifie de ses résultats et de ses accomplissements. La majorité comprend la classe des pauvres, catégorie sociale défavorisée et exploitée. Elle mène le combat de tous les instants pour sa liberté et se défend face aux énormes défis posés par son adversaire traditionnel de classe. Mais elle maintient ses revendications légitimes et tient à conquérir ses droits, notamment le droit à l’existence, quoi qu’il puisse arriver. Le combat est donc ouvert dans l’arène politique, sans concession.

Nous semblons avoir présenté d’utiles jalons et des référence crédibles en soutien de ce qui va être dit au sujet de cette confrontation sociale historique, mettant en scène l’inévitable opposition minorité vs majorité. Nous la situons à une époque éloignée de l’ère moderne actuelle, c’est-à-dire depuis la décomposition de nos premières sociétés humaines apparues vers 3500 ans avant Jésus-Christ. Dans lesquelles la conscience de nos femmes et de nos hommes était encore saine et immaculée de la pollution mentale générée par les théories capitalistes qui déshumanisent en temps réel la société humaine. Le troc y était le moyen d’échange, comme étalon de l’économie de l’époque ; le mode de production préfigurait les rapports sociaux de production du système communiste actuel.

Un système idéologico-politique à valeur de pouvoir et de gouvernement a besoin des figures qui l’incarnent, mais aussi des personnalités d’autorité intellectuelle et morale pouvant servir de modèle pour les générations futures. Sous l’Ancien Régime où l’esclavage des humains était considéré comme une manne céleste, la noblesse détenait le pouvoir par la naissance dont le roi incarnait la politique de la monarchie et exerçait le pouvoir absolu auquel il ajoutait le « droit divin » : c’était alors la norme générale. L’absolutisme royal, tel qu’il s’exerçait, était en parfaitement harmonie avec la haute hiérarchie ecclésiastique qui ne s’en privait pas, se réjouissait de plein droit. Dans ce système tel que défini brièvement, les masses populaires et paysannes étaient vouées aux gémonies sous le joug de la seigneurie d’alors ; elles étaient donc livrées à elles-mêmes. Mais la bourgeoisie qui formait le Tiers- état pour l’essentiel, se considérait comme une victime du système puisqu’elle était non-noble et non-clergé ; elle était donc dominée par les deux premiers ordres parasites : le clergé et la noblesse. Telle fut la perception de la Curie au sujet de la bourgeoisie qu’elle assimilait à une catégorie sociale bâtarde, propre à couvrir les dépenses, à développer et faire prospérer l’économie du royaume par son travail pour les besoins de la société. Tout en étant sans privilèges ni avantages, les artisans et les paysans étaient obligatoirement soumis à l’impôt.

Ayant pris conscience de son état, la bourgeoisie s’époumonna à convaincre ses alliés naturels et se gonfla les muscles pour partir à l’assaut de la monarchie absolue qu’elle vainquit de manière digne et mémorable. En ce temps-là, la bourgeoisie était une classe révolutionnaire que l’histoire est témoin de la Révolution française de 1789, dont elle était le principal artisan. Mais la bourgeoisie ne tarda pas à renouer avec le système d’exploitation féodale ci-devant l’exploitation et l’oppression capitalistes. Elle devient aujourd’hui le bourreau des classes laborieuses ; elle s’enorgueillit d’être l’enfant légitime du capitalisme dont elle défend les valeurs, quitte à s’aliéner son passé révolutionnaire, à opprimer sans ménagement le peuple ouvrier et paysan. Aussi la bourgeoisie capitaliste garde-t-elle en horreur le communisme prolétarien, adversaire du capitalisme qui est considéré comme le premier enfant du christianisme dans les milieux intellectuels wébériens. Le sociologue Max Weber croit que la Réforme protestante aura été un apport objectif à l’économie capitaliste, d’après son classique « L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme (1905) » qui avait connu un énorme succès en Allemagne et au-delà.

Quelques décennies après avoir tourné le dos aux classes populaires, la bourgeoisie s’offusque et s’indispose par l’apparition sur la scène intellectuelle et littéraire d’une autorité de la pensée matérialiste dont la théorie représente un défi à tout ce qui a été dit et fait à l’échelle planétaire. La bourgeoisie dominante s’indigne avec raison parce qu’elle n’a pas d’alternative à ce qui lui est proposé, ou plutôt à ce qui lui est psychologiquement imposé : elle s’énerve et s’ulcère, mais elle est condamnée à faire avec. Cette personne, digne de la compréhension matérialiste de notre civilisation dans ses balbutiements comme dans ses fondements dont la puissance dialectique est évidente et dont la clarté des vues fait d’elle une virtuose de tout premier ordre, s’appelle Karl Heinrich Marx. Il est originaire d’Allemagne, y a vécu depuis sa naissance le 5 mai 1818 jusqu’à son exil forcé par le gouvernement le 16 mai 1849 ; il meurt à Londres/Angleterre le 14 mars 1883. Depuis la publication de l’œuvre historique intitulée « Manifeste du Parti communiste » le 21 février 1848, le peuple ouvrier, le peuple du paysannat pauvre, le peuple des prolétaires, le peuple sans travail et le peuple salarié en général ont un guide qui leur procure la bonne nourriture intellectuelle pour mener à bien leur combat contre l’exploitation capitaliste, pour leurs libertés et leurs droits confisqués par la bourgeoisie possédante et son oligarchie. Et cela que ce soit dans les pays industriellement développés atteignant un niveau élevé de croissance et de prospérité, que ce soit dans les pays industriellement sous-développés à faible croissance et donc à faible revenu, où la bourgeoisie pratique encore le capitalisme rentier.

En clair, le communisme marxien est venu remédier aux agents pathogènes et maladies endémiques inoculés dans la société par les classes capitalistes exploiteuses. Il s’avère que la molécule marxienne est très efficace dont la posologie administrée non seulement guérit la maladie, mais encore parvient à traiter progressivement les troubles post-traumatiques. Nous savons aujourd’hui que, après la liquidation honteuse de l’ex-Union soviétique et de ses alliés est-européens par la cohorte des renégats-révisionnistes, le Parti communiste chinois a remarquablement fait de la Chine populaire une grande puissance à tous les points de vue. La Chine contemporaine talonne de près la première puissance économique mondiale que sont les États-Unis d’Amérique, au point que Washington surveille Pékin comme le lait sur le feu. La grande chance pour la République populaire de Chine que son Parti communiste ne soit pas peuplé de traitres ; du moins s’il en existe quelques-uns, soit ils sont démasqués, soit ils n’ont pas pu prospérer. Voilà un phénomène vital qui doit être combattu à la racine par la direction du Parti/ML

De quelque autorité et érudition l’on puisse être dans maints domaines des sciences exactes et des sciences sociales et humaines, le choix de soutenir la cause de la bourgeoisie minoritaire peut à terme altérer son estime dans la société. L’individu est certes libre de son choix, mais regarder concrètement l’immense majorité du peuple subir le courroux et le joug de la minorité bourgeoise suggère de se poser des questions à soi-même. Karl Marx est un érudit savant qui assume ses responsabilités sociales, prend fait et cause pour la majorité écrasante : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! », écrit-il sur le sujet sensible de l’oppression des masses par la bourgeoisie. Telle est notre observation du climat social délétère et exacerbé, engendré par l’oligarchie capitaliste à l’échelle du globe.