J’ai pris du temps à lire et comprendre « AU DELA DES BRUMES ET DES MYSTEREs» de Gina Boyer, un livre extraordinaire d’une élue unique dans ce genre de révélations sur le temps, nos rêves et réminiscences inachevées.
La vente signature du 25 février, qui a mobilisé le pays, à un restaurant de Pétion Ville, a brandi des vérités rares dans nos annales littéraires. En 5 parties, 16 sous-titres et 423 pages, l’ouvrage exhume des secrets inconnus, enfouis dans de vieux hiéroglyphes égyptiens et au cœur du patrimoine haïtien.
Ce qui me frappe surtout repose sur cette avalanche de stylistique, et comme me le disait une fois feu Roger Gaillard « on n’écrit plus comme cela » avec tant de verdeur, de fraicheur, de confort, de réconfort, d’élégance, de courage et de virages, dans l’ancrage de la mort, du Nirvana ou de l’illumination .
« Au-delà » de Gina Boyer, nous apprend au moins une multitude de réalités sur les Sentinelles qui nous surveillent, les gardiens de l’équilibre, de la rédemption, de l’ombre, des derniers seuils, des souvenirs, des pouvoirs du balai, des mapous, des carrefours, des réincarnations, ou conditions séculaires, des églises , des 7 jugements au cours de 49 nuits après les décès, des parangons de l’âme et des lourds silences d’ archines méconnus.
TOUSSAINT LOUVERTURE N’EST PAS AU FORT DE JOUX
Ce livre me ramène à l’époque, ou Directeur de Télé Haïti, je disais au pouvoir qu’il se trompait en réclamant de la France, les restes de Toussaint Louverture, alors qu’ils ne se trouvaient nullement au Fort de Joux ou mourrait un sosie, mais en Haïti, au cimetière d’Ennery.
En 4 pages, de 134 à 138, Gina Boyer dément le vieux mensonge dans son livre « Au-delà », sans nommer malheureusement par exemple des hommes de Moise Louverture qui l’avaient martyrisé, pour se venger, dans l’indifférence complète de Dessalines, dont un fils révolutionnaire, Noël, avait été tué par le pro français Isaac Louverture. Parfois des morts convoqués peuvent tout raconter au-delà des enquêtes factuelles officielles.
Ce document de Gina Boyer s’apparente à un délice à boire ou absorber, même si, évidemment, certaines approches commandent chez moi de la prudence, notamment cette histoire de Grande Brigitte (pages 152 à 159), qui serait une irlandaine, ou du Baron Samedi, remontant à un baron étranger. Or, les sociétés secrètes dans certains rituels, précisent que la congolaise Grande Brigitte était la femme de Makanda (nom d’une société secrète) d’origine malienne, devenus tous deux, depuis le 17e siècle, les chefs des cimetières et des guédés, n’ayant rien à voir avec le grand bridge de St Marc, construit bien après.
Je retiens également des non-dits notamment sur les portes de l’enfer, rouvertes en décembre 2009, par les autorités, et non encore fermées, débouchant sur le séisme de Janvier 2010, l’insécurité et la pagaille actuelles. Rien non plus sur les affaires criminelles du président Fabre Geffrard contre Jeanne Pelée et sa sœur Congo Pelée, alors que l’auteure effleure l’assassinat de Cincinnatus Leconte, tué au Bois Verna chez sa maitresse, ramené ensuite à la poudrière du Palais, à sauter, rien non plus sur la magie de Carthagène réalisée avant la mort de Jovenel Moise, qui n’a encore jamais été appelé à témoigner sur sa mort .
« Au-delà » de Gina Boyer, annonce sans doute de nouveaux éclairages sur d’autres au-delà, par exemple la hiérarchie des 21 du Panthéon des dieux tutélaires de la Nation, des 401 sociétés secrètes de la République, ou de la puissance mystique de Joutte la Chenet, la femme de Jean Pierre Boyer, son brillant ancêtre.
Pour finir, je remercie Gina Boyer, d’accepter de faire entendre enfin sa voix, d’inviter à connaitre les chemins funéraires, à découvrir des esprits de la trempe de Azrael, Cronos, Morbiris, Luxor, Cerbere, Muros etc. Et Je me courbe devant cette voix avec un respect assez profond.
