La bataille de la Vega Real dans le caciquat de la Magua du 27 mars 1495 fut le premier pas qui allait mener à la Révolution anti-esclavagiste et anticolonialiste de 1804. Cette bataille s'inscrit dans la logique de guerre permanente en passant par différentes autres batailles et des soulèvements dont la première révolte de l'esclave Lemba dans une plantation de Diego Colomb en 1523 . Ce qui avait suivi l'alliance des Indiens marrons et Roldan en 1495 et 1496. D'autres évènements allongent encore la liste. Les plus remarquables remontent aux soulèvements de Curazao, de Saint Domingue, de Coro, Sainte Croix, Jamaïque et Guadeloupe dans le cours des années 1750 à 1799.
Les conquérants européens à un titre ou un autre, adélantade, gouverneur, prêtre ou amiral ont eu à jouer, soit le rôle d’émissaire pour négocier la paix ou la conquête soit pour se constituer en principal guerrier. Les conquérants n’ont pas su seulement compter sur la supériorité de leurs armes pour asseoir leur domination. Ils ont aussi utilisé la diplomatie, la persuasion, la ruse, les alliances ou l’instrumentalisation pour réaliser leur projet de conquête. L’option de la violence allait devenir l’approche politique des massacres perpétrés, la répression et les déplacements forcés de la population dans le cadre des repartimientos.Les moyens utilisés furent des déplacements forces de population (repartimientos) et une politique d’installation de forteresses militaires. Mais tous les territoires n’étaient pas controlés par les espagnols.Des marrons indiens et noirs africains avaient aussi organisé une longue résistance dans les montagnes de Bahoruco sous l’obédience du Nitayno Enriquillo du Xaragua . Ce, malgré les noirs avaient été abandonnés par la suite, quand intervint l’accord avec la couronne et se promulga la Loi des Indes qui abolit l’esclavage des indiens.Cette tranche d’histoire a été rapportée pour déconstruire toute dualité indio et noir africain. Plus tard, le Général Jean Jacques Dessalines eut été inspiré par une relation dialogique indo-africaine dans son projet de d’organisation de l'armée des Incas dans une perspective de guerre révolutionnaire.
La bataille de la Vega Real dans le caciquat de la Magua du 27 mars 1495 fut loin des appréhensions de Thucidyde ni de Sun Tse qui eurent marqué les temps anciens. Il est un fait que les dénommés indiens de l'île d'Haïti et de Bohio proviennent de diverses migrations dont la plus ancienne remonte aux Banwaroïdes de Trinidad, soit 6,000 ans avant notre ère. En effet, l’art de la guerre Sun Tse qui date déjà du 5è siècle avant notre ère ne saurait être de l'apanage des Indiens qui n'ont pas maitrisé l'écriture du point de vue linguistique et non phonologique.
Les indiens ont eu à bénéficier de la tradition de l'oralité pour capter les connaissances utiles ainsi que la philosophie, l’histoire, la navigation et l'art de la guerre. Pour revenir à la bataille de la Vega Real, il y a lieu de relever l'assomption et la hardiesse des autochtones face à un adversaire de taille qui a déjà connu la poudre et les armes à feu qui auraient témoigné d'une supériorité mais relative en raison des conditions d'adaptation climatique et de terrain. En effet, la guerre de la Vega Real s'est déroulée dans des conditions non conventionnelles si l'on tient à la théorie Sun Tse qui évoque la retenue d'attaquer une armée adverse dans des conditions difficiles qui traverse une rivière en crue par exemple. La traitrise fut à l’horizon pour couter la défaite des indiens alors engager dans une stratégie de guerre populaire.
Quelles sont les leçons qu'on peut en tirer ? La bataille a été perdue non la guerre permanente menant à la révolution haïtienne de 1804. Dans notre itinéraire, la révolte de Tupac au Pérou nous est révélatrice dans l'application de la doctrine de la guerre permanente des indigènes et alliés africains. Ce qui eut inspiré le projet de l'armée des Incas du Général Jean Jacques Dessalines, un zambo qui aurait résulté de la rencontre indo-africaine.
