Par Jean-Marie Beaudouin
Soutenir une cause est une chose, la matérialiser en est une tout autre.
L’Union européenne est une structure du plus pur type de l’impérialisme capitaliste. Elle est l’émanation de plusieurs traités, dont le dernier sous le nom de « Traité de Lisbonne » en date du 1er décembre 2009. Elle est, en collaboration avec le capitalisme américain, la théoricienne de la mondialisation qui atteint sa phase terminale et qui profite uniquement à la bourgeoisie occidentale au détriment de la classe travailleuse et paysanne. Point est besoin de rappeler ici que la propriété privée et l’exploitation des forces de travail sont des garanties existentielles du capitalisme dominant. Et le communisme prolétarien demeure la seule voie qui affranchisse le travailleur de l’exploitation et de l’oppression capitalistes. Là où le communisme domine et maintient sa domination, le capitalisme et son ancêtre – le christianisme occidental – disparaissent : c’est-à-dire le capitalisme est perçu comme le premier enfant du christianisme. En clair, le père et le fils ne composent pas avec l’idéologie communiste et défendent les intérêts de la bourgeoisie possédante, tandis que le communisme s’engage résolument dans l’émancipation des classes laborieuses et paysannes. La Russie est profondément haïe par l’Occident, à cause de son passé communiste révolutionnaire. La Russie des tsars est cette Russie que l’Occident aima ; c’est ce qui a expliqué l’intervention de l’impérialisme occidental pendant la guerre civile russe, du 7 novembre 1917 au 16 juin 1923. Ils y intervenaient aux côtés des contrerévolutionnaires pour replâtrer le tsarisme.
Ces brefs mots semblent introduire le sujet que nous avons librement placé au-dessus. L’Union européenne est une association d’États capitalistes, économiquement forte ; outre le pillage des matières premières extorquées à travers ses transnationales dans les pays coloniaux, elle a amassé des fortunes colossales sur le dos des travailleuses et des travailleurs. L’Union européenne regroupe vingt-sept pays dont les plus riches en Europe sont notamment l’Allemagne, l’Angleterre, la France, l’Italie. L’Angleterre s’est retirée de l’Union le 31 janvier 2020, mais rejoint ses homologues dans la guerre ukrainienne. Dans la conduite d’une guerre quelle qu’elle soit, l’économie n’est pas le seul facteur essentiel : il y a d’abord le côté moral qui fait appel à l’adhésion de la population derrière son chef de guerre. Ensuite viennent les dispositifs militaires en termes de troupes, d’engins, de matériels roulants, d’avions, de bateaux, etc., qu’il faille s’assurer de leur effectivité : s’ils sont en état de combat, dont l’issue de la guerre en dépend. « On sait quand on entre en guerre, mais on ne sait pas toujours quand on en sort. », d’après Raymond Aron, figure éminente de la philosophie contemporaine. Malgré le fait qu’elle soit belle, pimpante et même magnifique, l’UE ne possède même pas une virgule des dispositifs brièvement énumérés. Elle a passé le plus clair de son temps à courir avec frénésie après l’argent, en espérant que la saison de paix (1945 à nos jours) serait pour les siècles et des siècles d’après le crédo chrétien.
Maintenant, passons au propos qui clôt notre courrier d’aujourd’hui. Russophobe invétérée, l’Union européenne met en marche sa machine de propagande contre la Fédération de Russie et son président constitutionnel, légal et légitime. Constitutionalité, légalité et légitimité n’ont un sens de valeur démocratique que lorsqu’elles s’appliquent aux saintes personnes de l’échiquier politique qui exercent la sainte démocratie occidentale. Qui atteint aujourd’hui son degré supérieur sous le nom de sainte démocratie totalitaire occidentale qui dans l’histoire récente a été mise à l’épreuve en Afghanistan (Octobre 2001 – Août 2021), en Irak (Mars 2003 – Décembre 2011) et en Libye (Février – Octobre 2011). Dont les résultats se sont avérés un désastre humain : la violence, la criminalité et la mort font désormais partie du quotidien de la population des trois pays de langue arabe, grâce à la sainte exportation de la démocratie totalitaire. Ce n’est pas tout : un chef du nébuleux terrorisme international devient président de la République arabe syrienne le 29 juin 2025 pour ses loyaux services rendus à la démocratie libérale occidentale. Ce chef terroriste a chassé du pouvoir l’ancien président constitutionnel Bachar al-Assad le 8 décembre 2024, avec l’aide puissante des gouvernements d’Occident.
Ce chef terroriste, jadis infréquentable, s’appelle Abou Mohammed al-Joulani (nom de naissance :Ahmed Hussein al-Charaa: 19 octobre 1982 …). Il a servi dans le groupe criminel Al-Qaïda en Irak de 2003 à 2006. Le 16 mai 2013, Abou Mohammed al-Joulani est qualifié de « terroriste mondial » par les États-Unis et placé sous sanctions par Washington et par la Suisse. (Voir Wikipédia un article sur le personnage en question). Cerise sur le gâteau de la démocratie totalitaire occidentale : l’actuel président de la Syrie a été reçu au palais de l’Élysée, à Paris/France, le 7 mai 2025, ainsi qu’à la Maison Blanche, à Washington, le 10 novembre 2025. Chez l’Occident, la question de fréquentabilité est élastique : on est infréquentable à un moment donné, et on devient soudainement fréquentable selon les décideurs occidentaux.
Nous étions en train de dire que les gouvernements d’Occident et leurs médias publics abaissent le président russe Vladimir Poutine à un simple clerc des services d’intelligence (KGB) à l’époque soviétique. Ils disent aujourd’hui à son sujet qu’il est en train de réécrire l’histoire. La réécriture du temps passé des peuples est un procédé si cher à la hiérarchie occidentale qu’elle s’indisposerait, si une personne physique ou morale en venait à prendre le contrepied de ses tropismes baroques et de ses affabulations. Dès le berceau, elle aligne dans son arsenal idéologique et politique les thématiques les plus clivées et toxiques telles que le racisme, l’antisémitisme, la notion de patriarcat et/ou société patriarcale, l’esclavagisme, le négationnisme, le révisionnisme, l’eugénisme, et tant d’autre thèmes semblables. Il faut avoir un grand courage pour se colleter avec l’espèce occidentale qui maintient encore sa partie animale en dépit des progrès de la science auxquels elle a pourtant pris une part éminente. Comme nous l’avons tantôt dit : le communisme, en tant qu’idéologie et pouvoir, reste la seule voie à suivre. Les peuples asservis et soumis par la force sont appelés à s’affranchir du capitalisme, et à faire le choix d’adopter librement le communisme comme étant une perspective inéluctable.
L’Union européenne assume la guerre d’Ukraine et apporte au gouvernement ukrainien beaucoup d’argent qui se compte par dizaines de milliards pour continuer la guerre asymétrique contre la Russie, avons-nous dit. Mais la guerre est avant tout une entreprise que seul le matériel humain peut la rendre effective ou factuelle et qui, par la pratique du terrain, peut en décider la nature de l’issue. Quelle qu’ait pu être l’aviation redoutable dont on dispose, tôt ou tard il faut descendre à terre après les bombardements aériens ; car il faut conquérir le territoire de l’adversaire, ou de l’ennemi. L’Union européenne envoie l’armée et le peuple ukrainiens aux charbons, mais elle refuse d’envoyer ses propres troupes au sol ukrainien parce qu’elle n’a pas de soldats en état de combat. Sachant qu’elle ne peut pas affronter la puissance militaire de la Russie, alors l’Europe des vingt-sept songe à recourir au rapport roi-vassal. C’est-à-dire l’Union sollicite la main secourable de l’Empire américain. Mais il y a une leçon qu’elle n’a apparemment jamais apprise : c’est que les deux empereurs contemporains lui opposent une fin de non-recevoir : durant son règne, le kaiser Joe Biden avait dit qu’il n’était point question d’envoyer des marines/des soldats américains au sol ukrainien, et ne voulait pas s’exposer à une confrontation directe avec la Russie, de peur que la guerre ne prenne une tournure nucléaire. Le nouvel empereur qui le remplace, Donald Trump, lui, fait le choix de tisser des liens amicaux avec Vladimir Poutine dont il a reçu solennellement en Alaska, l’été dernier. Le conflit ukrainien n’est pas sa guerre, dit-il, sous le masque duquel l’Empereur régnant se cache. Il arrive cependant que les neurones des vassaux fonctionnent de manière lente et réduite, ou encore anormalement ; c’est un problème que l’on observe chez des gens qui ont connu l’école à l’âge adulte.
Que les Européens, ou plutôt les Occidentaux sachent que le peuple prolétaire ne lâchera jamais la Russie. Cette Russie, dont on traine aujourd’hui le peuple dans la fange de l’humiliation sans aucune justification, est ce pays bastion de la révolution prolétarienne qui a montré le chemin de la liberté vraie et authentique aux classes laborieuses qui croupissent sous le joug de l’impérialisme capitaliste. Telle est notre attitude au sujet du drelin-drelin de la démocratie libérale en Occident, mais aussi du saltimbanque que l’on prénomme UNION EUROPÉENNE.
Jean-Marie Beaudouin.
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