Les pratiques sociales de qualification des enseignants des universités en Haïti

Je me propose de travailler 3 aspects portant sur l’enseignement supérieur en Haïti : les pratiques sociales de qualification des enseignants, les pratiques pédagogiques développées en cours et les considérations autour du mémoire de sortie.

Les pratiques sociales de qualification des enseignants des universités en Haïti

Etudiants au travail

Je me propose de travailler 3 aspects portant sur l’enseignement supérieur en Haïti : les pratiques sociales de qualification des enseignants, les pratiques pédagogiques développées en cours et les considérations autour du mémoire de sortie. Les deux premiers aspects se justifient par leur ampleur d’effet sur le rendement scolaire. Le troisième aspect concerne surtout un phénomène renvoyant à la réalité que les universités diplôment très peu les étudiants[1]. S’agissant d’universités et sachant que la plupart des parcours sont sanctionnés par l’écriture et la soutenance publique d’un mémoire, il s’avère judicieux que cet aspect soit abordé dans une réflexion qui se veut objective. Pourquoi cet exercice, simple à la base et nécessitant un entraînement obligatoire au préalable fait autant de remous jusqu’à ce qu’il devienne difficile ? Relancer le débat avec ces thématiques peut se révéler constructif et formateur dans un contexte où des investissements massifs dans l’enseignement supérieur et la R&D permettent d’inscrire l’éducation dans une politique de croissance économique[2]. Afin de laisser du temps au lecteur, ces trois aspects seront développés dans trois publications différentes pour finalement se retrouver ensemble dans un projet plus important de publication d’ouvrage.

Le contexte

Dans une publication faite sur sa page Facebook le 12 mars 2026, le Dr Guichard Doré a expliqué que 40 000 Haïtiens étudient en République dominicaine. Docteur Doré précise que “ce flux représente pour les familles haïtiennes une dépense annuelle de l’ordre de 220 millions de dollars américains en frais de scolarité et substance”. Toujours selon l’auteur, “pour l’année 2024, on dénombrait 4,700 Haïtiens qui poursuivaient leurs études supérieures en France. 78% d’entre eux étaient dans les universités publiques et 15% étaient dans les lycées techniques et écoles de commerce pour un coût annuel de 16 millions d’euros incluant le coût de la vie et les frais de scolarité”. Toujours selon le socio-économiste, “en 2023 on comptait 1240 Haïtiens qui étaient inscrits dans les universités américaines, ils ont globalement payé un prix plancher de l’ordre de 25 millions de dollars américains incluant les frais de scolarité et le coût de la vie”.

Je ne crois pas que ces informations, bien qu’alarmantes, doivent nous inviter à la pitié car ce n’est pas la première fois qu’on en parle. Tous les pays tier-mondistes, je dirais de préférence les pays sous-équipés, ont tendance à envoyer leurs enfants faire des études plus poussées dans les pays mieux équipés. C’est un phénomène qui ne date pas d’aujourd’hui. C’est le moment de se demander comment freiner le découragement des familles haïtiennes faiblement dotées de ressources économiques mais qui supportent le poids des études de leurs enfants hors des frontières haïtiennes ? Si la République dominicaine attire les capitaux haïtiens par le nombre d’étudiants haïtiens qu’elle accueille c’est un peu également par les efforts consentis au niveau de la dotation budgétaire et la pression fiscale[3], entre autres, nous explique Nesmy Manigat[4].

La réalité qui dérange

Il y a beaucoup trop d’institutions d’enseignement supérieur dans un pays de 12 millions d’habitants et dont la superficie tourne autour de 27,750 km2. Pour 9 millions de km2 et 41,5 millions d’habitants, le Canada n’en compte pas autant[5]. La République Dominicaine a pu faire vérifier 35 universités[6] en 2026 mais en compte officiellement 42 avec une superficie de 48,671km2 pour une population estimée en 2026 à près de 11,4 millions d’habitants[7]. Pour le cas haïtien, il est possible de comprendre que le choix est difficile quand les coûts de scolarité sont souvent trop élevés. Le dernier rapport remontant à 2024 de la DESRS[8] fait état de 199 institutions d’enseignement supérieur dont 158 sont de l’enseignement supérieur privé[9], soit environ 80%. Ce qui traduit, en d’autres termes que la réalité est similaire entre enseignement de base et enseignement supérieur en comparant les proportions du public par rapport au privé. Qu’en est-il du parcours des étudiants qui choisissent de poursuivre leurs études dans les universités en Haïti. Le choix terminologique universités au lieu d’institution d’enseignement supérieur s’explique. Selon Alain Renaut (2008) le rôle des universités consiste à «la formation de conscience authentiquement contemporaine[10] ». On pourrait me dire que les autres institutions d’enseignement supérieur renvoient à ce même principe mais je ne voudrais pas que la seule exigence du baccalauréat comme critère d’admission fasse d’une école une université. Ce n’est pas l’appellation université qui traduit implicitement que l’institution s’aligne sur la formation de conscience authentiquement contemporaine. Ceci est un autre débat.

Aujourd’hui, écrire, ou du moins réfléchir sur l’université en Haïti revient à considérer la démotivation pour faire des études, le découragement de leur fréquentation par la population capable de s’y inscrire ou une évolution que les acteurs de mise en œuvre ne sont pas capables d’expliquer. Contrairement à ce que le décor permet de constater en Haïti, l’université n’est pas un espace pour les plus jeunes. Cette représentation est renforcée par les faibles efforts déployés pour la masterisation des parcours de formation, les faibles ouvertures à des spécialisations pour répondre aux besoins du marché de l’emploi, et également les pratiques sociales de qualification des enseignants sans oublier leur mauvais comportement vis-à-vis des étudiants. S’il y a une forme de découragement quant à la fréquentation des universités parce que les coûts seraient trop importants pour les familles de petite bourse, le mémoire de sortie ne constitue nullement un effort vers l’encouragement pour ne pas dire qu’il cautionne ce découragement au regard des modalités d’organisation. Ce n’est pas parce que les étudiants ne veulent pas soutenir ce mémoire ou qu’ils ne peuvent pas soutenir. Ils sont forcés de faire un exercice pour lequel ils n’ont aucun entraînement spécifique avec un encadrement médiocre de la part d’enseignants dont la seule motivation est de les voir échouer pour se sentir valorisés. Aujourd’hui encore en Haïti, on rencontre des enseignants à l’université qui s’enorgueillissent que des étudiants échouent systématiquement à leur cours lors des examens. Certains développent des pratiques pédagogiques concoctées un beau matin dans le seul but de nuire à la pleine émancipation des étudiants qui ne souhaitent que réussir et tracer leur chemin.

Si les derniers débats sur les réseaux sociaux abordent la pertinence des financements publics de l’enseignement supérieur privé concordant mal avec le caractère lucratif des institutions d’enseignement supérieur, c’est surtout au fait que les services fournis par ces institutions les font plus ressembler à des entreprises qu’à autre chose. Les services sont chers. Un simple relevé de notes dépasse les 100 dollars américains[11] dans certaines universités et je ne souhaite pas citer d’autres exemples. Comme supra annoncé, l’aspect retenu dans cette première partie de la réflexion concerne les pratiques sociales de qualification des enseignants par les universités en Haïti. Les premiers critères de qualification des enseignants que les pratiques sociales permettent d’identifier sont le diplôme et les expériences professionnelles[12].

Les diplômes comme critères de qualification

Il n’est écrit nulle part que seuls ceux qui détiennent un doctorat doivent enseigner à l’université. Ce n’est fait nulle part de cette manière. Cependant, certains standards doivent s’appliquer. Un enseignant à l’université doit au moins détenir le niveau Master et s’impliquer dans un mécanisme de formation continue lui permettant de comprendre la relation pédagogique ainsi que les mécanismes d’accompagnement des étudiants. Certains cours se donnent par des professionnels mais l’exigence d’une durée effective de 5 années d’expériences professionnelles dans le secteur doit être un impératif. Un expert-comptable accusant un minimum de 5 années d’expériences professionnelles peut donner un cours dans cette discipline une fois que son syllabus à la fois explicatif et descriptif soit validé par le secrétariat général qui peut déléguer une équipe pédagogique pour évaluer ces outils. À en croire Anne Jorro[13], l’évaluation doit construire et doit trouver de la valeur (valuere du latin). Suivant la même logique de Jorro (2015), si l’université impose l’évaluation, donc une contrainte, elle peut s’inscrire dans une visée de développement professionnel et organisationnel. Cette évaluation des syllabi ne se met pas en place pour uniquement accorder la possibilité à des professionnels sans master car même le docteur, s’il se respecte et s’il est ce qu’il est, ne devait pas rentrer en salle de cours sans préparation. Le diplôme seul (Licence, Master ou Doctorat) ne devrait pas prendre le dessus dans le recrutement d’un enseignant. Si les diplômes sont des indicateurs peu suffisants de compétences et de connaissances, il faut les compléter par d’autres outils pour s’assurer que l’on respecte le droit des étudiants. En effet, financer des études à l’université c’est investir dans la préparation de son avenir et la construction de soi en tant que capital humain. C’est pour cela que les universités doivent agir sur des pratiques inattaquables en matière de qualification des enseignants allant bien au-delà de l’exigence du diplôme.

Le premier principe est que ce n’est pas parce que j’ai accompli un cycle d’études universitaires que je suis automatiquement habilité à intervenir dans la co-construction de compétences et de connaissances avec des étudiants. Je n’entends pas imposer des principes aux universités en fixant exclusivement toutes les conditions pour recruter un enseignant. Mais, les universités doivent être guidées par le principe que le facteur enseignant, les stratégies pédagogiques et le facteur enseignement (les deux derniers renvoient à l’enseignant) jouent une meilleure ampleur d’effet[14] sur le rendement scolaire[15]. Le viel adage dit que la confiance n’exclut pas le contrôle. Une prudence extrême va de soi quant à l’acceptation des diplômes venant de l’étranger. Loin de dire que seules les formations en présentiel comptent, s’agissant des études faites hors d’Haïti, il est nécessaire que l’université vérifie (le double check) le titre et le parcours suivi pour y parvenir. Par exemple, quelqu’un qui n’a jamais laissé La Vallée de Jacmel et qui présente un Master en bio-criminologie délivré par Columbia University doit attirer mon attention si je suis recruteur pour une université. Le diplôme seul ne suffit pas, on peut fabriquer un diplôme de toute pièce. Quelles sont les lectures qu’il a faites ? Quels sont ses travaux de recherche tout le long de ce master ? Des conférences ? Des articles ? Qu’est-ce qu’un Master finalement ? Il ne s’agit de mettre en doute tout diplôme présenté par un individu en mettant le focus sur ses origines sociales et économiques, mais une vérification pointue qui devient la norme. Il ne s’agit nullement d’empêcher quiconque de profiter des privilèges accordés à un grade académique alors que les efforts pour y parvenir n’ont nullement été fournis, il s’agit de protéger les investissements des familles dans le développement de la conscience citoyenne de doter le pays de professionnels qualifiés et aptes à jouer les rôles qui leur sont confiés dans les univers professionnels. J’ai déjà entendu que Jean-Jacques Dessalines a été tué, entre autres, pour la vérification des titres de propriété. Une forme d’argument d’autorité pour ne jamais mettre en doute les titres académiques présentés par les individus. Haïti n’a pas encore érigé des mécanismes officiels d’authentification des diplômes qu’il est possible d’obtenir dans ses universités. En d’autres, un diplôme obtenu en Haïti n’est ni vrai ni faux. Et c’est justement pour ça qu’en attente de ces mécanismes officiels d’authentification, que chaque université doit vérifier chaque titre présenté par celui qui veut devenir enseignant qu’il l’ait obtenu en Haïti ou à l’étranger.

S’il faut parler du doctorat un vrai problème se pose en Haïti. Certains titulaires de master peuvent se révéler plus brillants pour enseigner que des docteurs. Je n’ai rien contre les docteurs mais si le grade permet de commencer une carrière de chercheur légitimé, il faut une pratique certaine de recherche qui conforte cette légitimité. Avec un faible indice bibliographique, des interrogations sont pertinentes sur le profil. Dans le recrutement, le rapport de soutenance de thèse importe plus que le diplôme lui-même. Guichard Doré (2014) reconnaît que le diplôme ne doit pas porter le recruteur à prendre le détenteur pour un professionnel compétent. En fait, « la compétence fait appel aux ressources sociales, relationnelles, émotionnelles, intellectuelles, savoir-faire, savoir-agir ainsi qu’aux valeurs professionnelles, personnelles et éthiques qui sont institutionnellement validées »[16].

L’expérience professionnelle

La place de l’expérience professionnelle dans cette réflexion se justifie par la représentation de la qualification en Haïti dont le diplôme et les nombres d’années d’expérience constituent le noyau central. Parfois, l’expérience tend à prendre plus de place que le diplôme sur le simple fait qu’il ne suffit pas d’être diplômé pour être qualifié et compétent. S’assurer d’une formation universitaire de qualité ne rime pas forcément avec des cours magistraux à longueur de journée où les étudiants ne comprennent pas forcément. Souvent les enseignants se basent sur leur longue expérience professionnelle pour justifier le peu d’efforts qu’ils déploient pour accompagner les étudiants. J’ai suggéré 5 ans d’expériences professionnelles pour des détenteurs du grade de Licence pour intégrer le corps professoral de l’université mais cela ne doit pas se transformer en norme. Les expériences professionnelles auxquelles je fais référence doivent être en droite ligne avec la professionnalisation en filigrane des études universitaires nécessitant la présence de ce type de professionnel. S’il faut nécessairement de l’expérience professionnelle, il n’est pas dit que celui qui n’en a pas n’a pas sa place. C’est justement pour cette raison que chaque unité de formation doit être placée sous la responsabilité d’une équipe pédagogique avec un développement adoptant le principe cours magistral en grand groupe d’étudiants complété par des travaux dirigés (TD) en petits groupes (20 étudiants par groupe). Les enseignants les plus expérimentés s’occupent des cours magistraux que les plus jeunes complètent. L’expression enseignants plus expérimentés ne fait pas référence à l’âge de l’enseignant mais de préférence au niveau d’enseignement dont il a l’habitude ainsi que la durée d’exercice, son niveau académique et la pertinence de ses publications scientifiques. Il s’agit d’un travail d’équipe et il doit y avoir un coordonnateur pour s’assurer que tout se fait en alignement avec la politique de qualité qui doit être la marque de cette université. Ce qui voudrait dire que l’expérience professionnelle qui va rendre l’enseignant plus apte à enseigner peut se construire autour du mode d’organisation pédagogique.

Le débat sur l’expérience professionnelle pose problème dans un contexte où les universités sont peu dotées financièrement pour s’attirer les meilleurs enseignants dans un premier temps. Dans un deuxième temps, les ressources humaines sont disponibles en petite quantité et ne s’intéressent pas pour la plupart d’entre elles à enseigner à l’université. En fait, soit les salaires sont trop bas soit les équipements nécessaires n’existent pas. Cette réalité réinvente l’enseignement universitaire en Haïti. L’enseignant vend des heures de cours car seule la présence en salle est payée sans aucune vérification de la préparation qui est faite. L’insécurité grandissante dans le pays avec la présence des groupes armés expliquent en partie que des cours soient faits en ligne. Aux soucis de connectivité à l’internet s’ajoutent le manque de préparation pour agir dans ce contexte particulier où l’enseignant lit des notes que les étudiants recopient pour se préparer aux examens.

La rareté des ressources humaines qualifiées explique aussi, mais en partie, que des universités comblent des heures avec des profils inexpérimentés. Mieux vaut avoir quelqu’un qui travaille avec les étudiants que d’annuler le cours parce que des enseignants qualifiés pour le dispenser seraient difficiles à trouver sur le territoire national. Ce qui explique que, fort souvent, la première expérience professionnelle se fait dans une salle de cours à l’université par des étudiants fraîchement issus de la formation initiale universitaire. Les stages professionnels en entreprise exigés pour certaines formations universitaires spécialisées complètent le caractère livresque des cours suivis en salle. Hormis les étudiants en psychologie, en science (génie civil, électromécanique, médecine, pharmacie ou odontologie) les universités en Haïti n’exigent pas le stage en entreprise ou sur le terrain professionnel pour les étudiants. Ce qui explique que le diplôme de Licence ne comporte aucune dimension professionnelle. Ce qui signifie qu’il faut un encadrement pour les enseignants nouvellement recrutés pour qu’ils grandissent en expérience et soient plus aptes à agir sur l’optimisation du rapport enseignement-apprentissage dans la formation initiale universitaire. D’où la pertinence du développement d’un modèle d’organisation permettant de faire l’expérience sur le tas via la modalité de l’accompagnement par expert.

Aborder l’expérience professionnelle renvoie aussi au fait que la plupart des enseignants à l’université ne font qu’arrondir leur fin de mois. Si certains vont le voir comme une critique, d’autres assumeront le fait qu’ils répètent souvent aux étudiants qu’ils ne viennent pas à l’université pour gagner leur vie. Un choix qui reste légitime si le primum vivere se comprend ainsi. Le fait que l’enseignant ne peut pas vivre de son enseignement, il est obligé d’avoir un emploi et il profite de son temps libre pour donner quelques heures de cours afin de combler le vide. Justement, quand il parle de son expérience professionnelle il lui est difficile de mettre en avant le fait qu’il soit enseignant à l’université. Ce n’est ni un métier ni une expérience dont on est fier et on n’en parle pas au point de chercher à devenir plus professionnels. Le fait d’avoir une longue expérience professionnelle en tant que comptable avec le grade de Licence ne prédispose pas à développer des compétences avec des étudiants à l’université en sciences comptables. Il ne s’agit pas d’un rejet rapide de l’approche adéquationniste mais de l’application d’une autre forme de considération de ce à quoi doivent renvoyer l’expérience et le diplôme dans les pratiques sociales de qualification. La réflexion de Guichard Doré[17] (2014) citant Bel M. (1986) précise que l’inadéquation formation-emploi n’est pas « la manifestation d’une mauvaise production du facteur travail par le système productif[18] », mais bien le résultat d’un rapport temporel complexe entre éducation et économie. Autrement dit, il est plus que nécessaire de la part des employeurs de s’assurer que les pratiques sociales de qualification privilégient des mécanismes assez puissants pour que l’enseignant en entretien d’embauche ne mise pas uniquement sur un parcours de formation et une expérience professionnelle alignée avec le cours qu’il s’agira de dispenser à l’université. D’entrée de jeu, les pratiques sociales de qualification se heurtent à une mauvaise solution pour un problème mal compris. Il faut des réflexions plus solides pour construire la qualification qui doit s’appliquer s’agissant du recrutement des enseignants à l’université dans un contexte où il existe une peuplade d’universités offrant les mêmes formations universitaires pour une petite population[19] d’étudiants.


[1] Lors d’une recherche menée en 2012 auprès de 9 universités publiques et privées, il a été révélé qu’une seule université privée a diplômé 1,434 étudiants pendant 17 ans. Il a fallu 10 ans à une autre université privée pour diplômer 43 étudiants après soutenance du mémoire de Licence. Une faculté publique de l’Université d’État d’Haïti n’a pu réaliser que 295 soutenances sur 31 ans d’existence. Source : Boursiquot, H. (2023). Diplômes, compétences et validation des acquis de l’expérience en Haïti. Paris : L’Harmattan, p.197

[2] Aghion, P. et Cohen, E. (Rapport de) (2004). Éducation et croissance. Avec la collaboration d’Éric Dubois et Jérôme Vandenbussche, commentaires de Jean-Hervé Lorenzi, Michel Mougeot. Paris : La Documentation française.

[3] Manigat, N. (2026, 12 mars). Et si la stabilité d’Haïti passait aussi par un pacte fiscal national comme en République Dominicaine ? Le Nouvelliste. https://lenouvelliste.com/article/265161/et-si-la-stabilite-dhaiti-passait-aussi-par-un-pacte-fiscal-national-comme-en-republique-dominicaine#google_vignette. Consulté le 13 mars 2026 à 9:05, heure de Port-au-Prince (Haïti).

[4] Ancien ministre de l’Éducation en Haïti, envoyé spécial du Partenariat Mondial pour l’Éducation (PME).

[5] Selon Statistiques Canada, pour l’année 2026, le Canada compte 109 universités dont 89 appartiennent au secteur public. https://www23.statcan.gc.ca/imdb/p3VD_f.pl?Function=getVD&TVD=1269102 Consulté le 15 mars 2026 à 13h (heure de Port-au-Prince, Haïti).

[6] https://www.uniranks.com/ranking/fr/verified-universities/dominicaine?utm_source=copilot.com Consulté le 15 mars 2026 à 13:07 (heure de Port-au-Prince, Haïti).

[7] https://www.donneesmondiales.com/amerique/republique-dominicaine/index.php Consulté le 15 mars 2026 à 13 :10 (heure de Port-au-Prince, Haïti).

[8] Direction de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

[9] Odigène, J. (2024, 9 septembre). 199 institutions d’enseignement supérieur officiellement reconnues par le MENFP. Le Nouvelliste. https://lenouvelliste.com/article/250126/199-institutions-denseignement-superieur-officiellement-reconnues-par-le-menfp. Consulté le 13 mars 2026 à 8h53, heure de Port-au-Prince (Haïti).

[10] Renaut, A. (2008). Quel avenir pour nos universités ? Essai de politique universitaire. Quercy : Timée-Éditions.

[11] Le prix réel est de 15,000 Gourdes pour le relevé. Par souci de protection et de maintien d’objectivité, je ne veux pas révéler de nom d’institution ni rentrer trop profondément dans les détails pour éviter toute allusion fantaisiste.

[12] Boursiquot, H. (2023). Diplômes, compétences et validation des acquis de l’expérience en Haïti. Paris : L’Harmattan. Coll. Documentation Haïtienne.

[13] Anne Jorro, « De l’évaluation à la reconnaissance professionnelle en formation », Revue française de pédagogie [En ligne], 190 | janvier-février-mars 2015, mis en ligne le 31 mars 2018, consulté le 15 mars 2026 à 10h13 (heure de Port-au-Prince, Haïti). URL : http://journals.openedition.org/rfp/4697 ; DOI : 10.4000/rfp.4697

[14] Selon les mega-analyses de Fraser voici les ampleurs d’effets des facteurs agissant sur le rendement scolaire :

École = 0.25, environnement social = 0.39, enseignant = 0.44, enseignement = 0.47, élèves = 0.47, méthodes d’enseignement = 0.29, stratégies pédagogiques = 0.61

[15] Fraser, B. J. et al. (1987). « Synthesis of Educational Productivity Research », International Journal of Educational Research, vol.11, pp.147-252

[16] Doré, G. (2014). Socioéconomie de la formation et de l’emploi. Le cas de l’industrie haïtienne du tourisme (1980-2010). Port-au-Prince: CEFIE Éditions, p.288.

[17] Doré, G. (2014). Op.cit., p.289

[18] Bel, M. (1986). “La notion de qualification dans l’approche des relations emploi/formation par la planification française”, in Tanguy, L. (dir). L’introuvable relation formation/emploi. Un état des recherches en France. Paris: La Documentation Française, p.191.

[19] Aucune donnée existe pour quantifier le nombre d’étudiants à la fois dans les universités publiques que les universités privées en Haïti.

Hervé BOURSIQUOT, Ph.D.

Enseignant-chercheur

Spécialiste en Éducation