Aucun fait lié à la situation actuelle, combien difficile, que connaît le pays depuis quelques temps — tels que : déplacement des gens d'une zone à une autre, vols, kidnappings, assassinats, enlèvements, incendies des maisons, et viols — ne saurait laisser indifférent un observateur assidu qui, au quotidien, se voit contraint d'ajouter, à un rythme soutenable, autant d'hypothèses que possible afin de parvenir à une explication satisfaisante de la dégradation galopante de l'état de santé mentale des concitoyens subissant, impuissants, de telles tragédies..
En effet, les dégâts causés par une telle situation qui a déjà trop perduré sur le côté émotionnel — d'une part chez les parents des victimes et d'autre part chez les victimes elles-mêmes — ne sont plus à démontrer, tant que les signes et les symptômes sont prévalents et entraînent de multiples variables polymorphes.
Il serait inélégant, si aujourd'hui, on tentait de déplacer la question hors de son contexte, dans le but de satisfaire un secteur donné, alors même que tout concourt à justifier l'ampleur d'un problème encore non résolu.
Une dimension à ne pas négliger, et qui n'est d'ailleurs pas des moindres, est celle relative au dysfonctionnement des institutions psychiatriques publiques du pays, d'où devrait nécessairement partir tout effort thérapeutique global touchant, comme son nom l'indique, une large portion de la population.
Un tel plan ainsi défini, à en juger par sa dimension, représente un sérieux manque à gagner pouvant apporter un essai de solution au problème constaté, dont les conséquences sont étendues à toutes les catégories sociales d'âges, impliquant des formes diverses de pathologies situationnelles.
La démarche à adopter, en vue de répondre adéquatement à cette catastrophe sanitaire, dépend essentiellement de la méthodologie que développeront les prestataires de soins en santé mentale, en tenant compte de l'ensemble de rapports à élaborer ou à instituer avec le patient, selon son niveau de compréhension, d'analyse et de jugement favorable au schéma thérapeutique défini et retenu.
Ainsi perçu, tout plan de traitement doit être articulé en plusieurs points, en considérant ou en privilégiant l'approche familiale avec une insistance particulière sur le coefficient de relations entre parents et enfants, lequel éclairera sur l'évènement cognitif comme étant un facteur décisionnel dans tout processus thérapeutique y afférent.
Il est clairement établi dans les manuels de psychopathologie que, l'ampleur de tels évènements affecte les individus peu ou prou, selon la structure de leur personnalité, sous 3 angles différents, lesquels traduisent à chacun des moments l'importance du problème ressenti:
- phase aiguë, où, les premiers signes et/ou les symptômes sont présents au cours d'une période de temps inférieure à 3 mois,
- phase chronique, au cours de laquelle, les premiers signes et/ou les symptômes apparaissent au-delà de 6 mois,
- phase à éclosion tardive, où, les premiers signes et/ou les symptômes sont perceptibles au-delà d'une année.
Sur la base de cette considération classique et par rapport à l'anamnèse de la situation, il est donc peu probable qu'il existe encore des sujets qui soient fixés à la première phase.
Une telle affirmation met en exergue le caractère idiosyncrasique des troubles psychosomatiques récurrents qui ne manqueront pas de constituer les raisons de la consultation dans une institution spécialisée. À cet effet, le sujet est pris en charge par une équipe médico-psychologique dont le travail consiste au prime abord à réduire, autant que faire se peut, l'intensité des algies et de concourir à une meilleure organisation d'une thérapie basée sur les méthodes cognitivo-comportementales ( TCC ), sous-tendues par une échelle psychométrique ( Échelle de dépression de Becks ou de Hamilton ) susceptible d'évaluer la présence et/ou la pertinence de toute réaction ou de modification du comportement rattachée aux agents pathogènes susceptibles de créer de tels changements.
D'une manière ou d'une autre, le tableau ayant trait aux diverses pathologies qu'un sujet peut montrer, dans le cas qui nous préoccupe, paraît davantage sombre, pour les raisons que l'on peut aisément comprendre et établir, eu égard au déficit structurel constaté dans la géographie psychologique et psychiatrique, par notre trop grande dépendance de l'extérieur, même pour des attributs qui auraient pu être réglés sur place, ce qui retarde tout dans un contexte où les compétences locales ont toujours fait montre d'efficacité, sinon, les principales avenues du pays seraient bondées de dérangés mentaux, ce qui, par voie de conséquences, nous conduirait à un stade de dangerosité généralisée.
L'on peut conclure qu'il est grand temps d'envisager les choses, selon un schéma conforme à notre identité, en tenant compte de nos différences fondamentales, au risque d'éviter toute pratique inappropriée, ce qui nous éloignerait d'emblée de l'ethno-psychiatrie, thème dominant de la pensée de Dr. Louis Mars.
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