L’hôpital Justinien : mémoire utile, avenir impossible

L’hôpital Justinien, œuvre colossale d’un simple citoyen , membre de l’édilité capoise en 1880 ,fut inauguré avec faste et imposantes manifestations le 16 mars 1890.

Par Islam Louis Etienne
07 nov. 2025 — Lecture : 2 min.
L’hôpital Justinien : mémoire utile, avenir impossible

L’Hôpital universitaire Justinien du Cap-Haïtien

L’hôpital Justinien, œuvre colossale d’un simple citoyen , membre de l’édilité capoise en 1880 ,fut inauguré avec faste et imposantes manifestations le 16 mars 1890. Il demeure aujourd’hui le deuxième plus grand centre hospitalier universitaire du pays.

Depuis près de deux siècles, il n’a cessé d’être d’une grande utilité pour la collectivité capoise. Pourtant, en deux occasions majeures, il fut dépassé par les événements, alors que la ville ne comptait que dix mille habitants.

L’hopital Justinien du Cap-Haitien

D’abord, avant même son inauguration, en 1881, lors de l’épidémie de petite vérole qui décimait les familles à travers le pays, et plus particulièrement dans la métropole du Nord. Là encore, il manquait de tout ,surtout d’espace.

Ensuite, lors du tremblement de terre du samedi 7 mai 1842, où cinq mille Capois périrent — soit la moitié de la population. L’hôpital ne put offrir de soins appropriés aux survivants, ni gérer les cadavres, ni contenir l’épidémie qui s’ensuivit.

Une structure dépassée par la croissance

Aujourd’hui, après plus de deux siècles de service, cette vieille structure médicale ne peut plus répondre aux attentes d’une population qui croit à un rythme exponentiel.

La population capoise avoisine désormais plus d’un million d’habitants. Pour lui offrir des soins même rudimentaires, et de qualité, il faut penser à un nouvel hôpital universitaire, moderne, fonctionnel, situé en dehors de la ville. Justinien Étienne a fait le sien. Il est temps que nous fassions le nôtre.

Santé et responsabilité politique

Nous n’avons aujourd’hui aucune structure médicale , sérieuse, suffisante et solide dans la ville pour faire face à :

• Une nouvelle épidémie

• Une autre pandémie

• Une catastrophe naturelle

Il nous faut des avancées significatives et tangibles dans les domaines de la santé si nous voulons réellement une jeunesse pétrie, formée et en bonne santé. On est en pleine saison cyclonique. On fait les planifications sans aucune structure hospitaliere responsable et proportionnelle au nombre d’habitants. Le dernier tremblement de terre important qu’a vecu la cite capoise remonte à près de deux siècles. Aucune leçon n’a été malheureusement retenue!

Actuellement, les Capois construisent beaucoup plus en hauteur. Les rues du Cap sont très etroites. La population vit dans l’indifférence totale du danger qui la menace. Aucune simulation, aucune sensibilisation n’ est effectuée notamment dans les zones d’affluence et de grande concentration comme les écoles , les églises et les marchés.

En cas de tremblement important, les dégâts seront considérables. La faille septentrionale ne pardonnera pas. Prevenir vaut mieux que guerir !