Du 28 juillet au 19 septembre 2025, la ville de Jérémie a accueilli la 12e édition de l'école d’été organisée par REFKAD (Rezo Fanm Kapab dAyiti), sur le thème « Timoun yo bezwen Pwoteksyon ak Espwa an Ayiti ». Bien plus qu'un simple camp de jour, ce programme inédit, qui s'est tenu à Caracolie, a permis à 60 enfants, filles et garçons âgés de 2 à 14 ans, de vivre une expérience unique alliant apprentissage, créativité et protection.
Pendant près de sept semaines, les enfants ont évolué dans un environnement sûr et propice à leur développement personnel et social. Des ateliers sur les droits de l’enfant et la sensibilisation aux violences basées sur le genre (VBG) ont été complétés par des initiations à la décoration événementielle, à la photographie, au macramé, à la danse et au numérique. Chaque activité avait pour objectif de révéler des talents, de renforcer l’estime de soi et de nourrir l’imaginaire des participants. Les plus jeunes ont bénéficié d’ateliers de lecture, de séances de coloriage, de jeux de construction et de trampoline, qui ont constitué de véritables moments d’éveil et de joie.
Le programme a également inclus plusieurs sorties marquantes : à la Bibliothèque Sténio Vincent de Jérémie, pour explorer le rôle essentiel de la lecture ; à l’Université Nouvelle Grand’Anse (UNOGA), où le recteur a sensibilisé les enfants à l’importance de l’agriculture ; et au Fort Marfranc, haut lieu de mémoire historique. Une sortie conviviale à la piscine est venue compléter ces découvertes, renforçant ainsi les liens d’amitié.
La coordonnatrice générale de REFKAD, Tina Nadine Anilus, a animé des sessions sur l’histoire des Noirs, la confiance en soi, les aspirations professionnelles, les droits de l’enfant et la lutte contre les VBG. Dès l'ouverture du camp, elle avait également accompagné les enfants à une messe d’action de grâce marquant le lancement officiel de l'événement.
La cérémonie de clôture a constitué un moment fort. Les enfants, vêtus de mauve – couleur symbolique du thème de l’année –, portaient une écharpe représentant la résilience, un message puissant dans un contexte d'adversité. La coordonnatrice du camp, Ruth Léon, a cité Michel de Montaigne : « Pour bien instruire un enfant, il faut allumer son esprit, non remplir sa mémoire », soulignant que cette édition avait permis « d’allumer près de 60 feux à Jérémie ». Les prestations créatives des enfants ont mis en valeur leur talent et leur esprit d’équipe.
Chaque participant est reparti avec un kit scolaire et un certificat, symboles de réussite et de promesse d'avenir. Le kit, composé de fournitures essentielles, a représenté un soutien concret pour les familles en allégeant le coût de la rentrée et en favorisant la continuité éducative.
Il convient de rappeler que certains de ces enfants étaient des déplacés internes, victimes des violences armées. Pour eux, ce camp a représenté bien plus qu’un loisir : un espace de réconfort et de reconstruction. Conformément à la Convention relative aux droits de l’enfant (ONU, 1989), REFKAD s’engage à offrir à chaque enfant un cadre sûr pour apprendre, jouer et s’épanouir à l’abri de toute forme de violence.
Les parents, venus nombreux et élégamment vêtus, ont accompagné leurs enfants avec fierté, affirmant ainsi leur engagement envers leur éducation et leur bien-être. Cette atmosphère de solidarité a donné à la clôture une dimension profondément communautaire.
Au-delà de Jérémie, REFKAD avait également achevé, le 15 septembre, sa 12e école d’été à Port-au-Prince, confirmant ainsi la portée nationale du programme. Le responsable de la communication, Frimens Deverson Duval, a plaidé pour le renforcement des prochaines éditions afin d’élargir leur impact auprès d’un plus grand nombre d’enfants.
En cohérence avec les objectifs de développement durable (ODD 4 – Éducation de qualité, ODD 10 – Inégalités réduites, ODD 16 – Paix, justice et institutions efficaces), REFKAD exprime sa gratitude aux parents, dont l’implication active a été déterminante. L’organisation donne rendez-vous l’année prochaine et confirme la poursuite de ses activités de protection et d’accompagnement tout au long de l’année à Jérémie, en faveur des enfants les plus vulnérables.