Possible effondrement de l’économie en Occident induit par l’effort de guerre en Ukraine ?

Ukraine communiste, Ukraine capitaliste La guerre russo-ukrainienne est venue doper et raviver la russophobie historique des gouvernements d’Occident, avec l’assurance certaine que la presse et les médias s’alignent fidèlement sur la politique antirusse.

Jean-Marie Beaudouin
16 sept. 2025 — Lecture : 8 min.
Possible effondrement de l’économie en Occident induit par l’effort de guerre en Ukraine ?

Leaders européens pendant un sommet de l'OTAN

Ukraine communiste, Ukraine capitaliste

La guerre russo-ukrainienne est venue doper et raviver la russophobie historique des gouvernements d’Occident, avec l’assurance certaine que la presse et les médias s’alignent fidèlement sur la politique antirusse. En France, le président Emmanuel Macron conçoit qu’il est nécessaire d’envoyer des troupes au sol ukrainien ; il engage seul son pays sans avoir besoin de consulter le parlement français : il est un monarque byzantin à l’intérieur d’une monarchie présidentielle. Il est aussi le seul à décider qui est républicain, qui ne l’est pas. La presse française trouve cela normal, pourvu que les intérêts de la bourgeoisie possédante soient maintenus et préservés. Le 9 juin 2024, le président Emmanuel Macron dissout l’Assemblée nationale dans la perspective d’obtenir une majorité présidentielle pour asseoir sa dictature dans la plénitude du pouvoir absolu. D’après les résultats des élections législatives issues de la dissolution singulière, organisées les 30 juin et 7 juillet 2024, le Nouveau front populaire (la gauche réunie) arrive en tête avec 192 députés sur un total de 577 députés ; c’est-à-dire le NFP a un retard de 97 députés pour atteindre la majorité qualifiée et requise. A partir de ce qu’il appelle « arc républicain », le chef français tout-puissant forme un ramassis d’éléments à la fois hybrides et hétéroclites qu’il dénomme « bloc central ». De là il nomme arbitrairement Michel Barnier, un droitiste sans élection, comme Premier ministre le 5 septembre 2024, qui sera censuré le 13 décembre de la même année. Le 13 décembre 2024, le chef de l’État nomme son nouveau Premier ministre dans la personne de François Bayrou dont le parti Modem/Mouvement démocrate n’avait obtenu que 46 sièges lors des urnes anticipées. On est donc en plein règne de la dictature sous le couvert de la Constitution de la Cinquième République française, dans une France byzantine d’un autre âge.

La France contemporaine est peut-être la seule puissance européenne à avoir gardé et maintenu le régime présidentiel dans lequel tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains du président, comme sous l’Ancien Régime où le roi détenait le pouvoir absolu et doté de droit divin. C’est dans ce contexte-là que l’actuel président français saisit l’opportunité du conflit ukrainien pour s’imposer chef de guerre, mais sans troupes. « La clé, c’est d’avoir des troupes en Ukraine. », tempête-t-il le 10 mai 2024. L’histoire renseigne que les vassaux sont plus royalistes que le roi lui-même. Au niveau de l’Empire américain, ni l’ancien empereur Joe Biden ni le nouveau Donald Trump ne souhaitent s’engager dans une guerre de haute intensité avec la Russie. Raison : parce l’Amérique et la Russie sont les deux puissances nucléaires majeures mondiales. Pourtant, à l’Élysée, le président vassal tient mordicus à précipiter la Troisième Guerre mondiale, y compris l’usage des armes atomiques. Ses partenaires russophobes, Allemands et Anglais, doivent obtenir d’abord l’exéquatur ou l’assentiment de leur parlement respectif avant d’entrer en guerre et de déployer des troupes au sol. Tandis que, en France, le président des Français s’autoproclame chef de guerre, sans état-major et sans troupe, par sa seule rhétorique désespérée selon laquelle « la Russie est une menace existentielle pour l’Europe. La seule puissance impériale que je vois aujourd’hui en Europe, c’est la Russie. Et c’est un impérialisme révisionniste. La priorité est de soutenir l’Ukraine et son armée. », déclare-t-il au sommet extraordinaire tenu à Bruxelles/Belgique le 6 mars 2025. 

Chef de guerre autoproclamé, le monarque de France n’a pas besoin l’autorisation de l’Assemblée nationale, mais son attitude n’en reste pas moins dilettante quant à la mobilisation effective des Forces armées françaises. Les médias français reconnaissent le manque de soldats en état de combat, cela n’empêche qu’ils tentent de dédouaner le chef de l’État en reprenant en boucle la rengaine du jargon diplomatique « ambiguïté stratégique » ou encore l’autre rhétorique « intérêts vitaux ». Pure fadaise, puisque le désir est présent et l’envoi des troupes est désirable et souhaitable chez l’actuel souverain de la monarchie présidentielle française. Mais un amateur est toujours dans les tâtonnements et dans les essais infructueux, il ne sait pas réunir les informations pertinentes qui l’autorisent à prendre des bonnes décisions qui convainquent et qui cadrent avec la réalité concrète. Nous avons pensé nécessaire de placer ces marqueurs et ces jalons pour une meilleure lecture, suivant le sujet ci-dessus.

Le 20e siècle a vu naître le plus grand État communiste de la planète ; il fut le fruit de la Révolution bolchévique ou la révolution prolétarienne russe, ou encore le grand Octobre rouge de 1917. Le 30 décembre 1922, sous l’égide du prolétariat et du Parti communiste russe, se forma l’Union soviétique sous le nom officiel Union des républiques socialistes soviétiques dont le sigle bien connu est URSS. L’actuelle République d’Ukraine était un membre important de l’Union du 30 décembre 1922 au 21 décembre 1991 ; son industrie moderne, son économie planifiée et ses infrastructures se sont construites sous l’ère soviétique, et se maintiennent après la disparition de l’Union soviétique. L’Ukraine devient aujourd’hui un État libéral à marche forcée dont la politique, l’économie, l’éducation et la culture sont passées aux mains du secteur privé des affaires où se regroupent et foisonnent les affairistes, les profiteurs et les oligarques : eux seuls moissonnent la richesse nationale. La nouvelle nomenclature ukrainienne post-soviétique n’a produit que des femmes et des hommes liges des atlantistes de l’Union européenne, une communauté d’États vassaux toujours à la solde de l’Amérique impériale. Russophobes de nature, les chefs d’État et de gouvernement de l’Europe occidentale financent aujourd’hui la guerre en Ukraine contre la Russie, mais tout en se reposant sur la main secourable de l’actuel Empereur des États-Unis. Toute leur histoire est marquée par la délinquance, le désordre, la barbarie, le crime et la guerre. A cet égard, nous voulons proposer au lecteur universel ce que dit, en son temps, le président américain Thomas Jefferson au sujet des Européens qui considèrent la guerre comme une question centrale de la gouvernance. Et nous citons : 

« Le président Jefferson déclare : J'ai toujours considéré comme fondamental pour les États-Unis de ne jamais prendre part aux querelles européennes. Leurs intérêts politiques sont entièrement différents des nôtres. Leurs jalousies mutuelles, leur équilibre des puissances, leurs alliances compliquées, leurs principes et formes de gouvernement, nous sont étrangers. Ce sont des nations condamnées à la guerre éternelle. Toutes leurs énergies sont dévolues à la destruction du travail, de la prospérité, et des vies de leurs peuples. » Association Thucydide : Les fondements de la politique étrangère américaine (Dossier Septembre 2004) http://www.thucydide.com

Le droit à la défense et à l’autodéfense sont des droits auxquels toute personne physique ou morale peut exercer dès lors que son existence est menacée. C’est ce que la Russie est en train de faire quand elle envahit l’Ukraine qui est à la fois candidate à l’Union européenne/UE et à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord/OTAN, dont la plupart des nouveaux alliés ou des nouvelles recrues ont des frontières communes avec la Fédération de Russie. Ces évènements sont enregistrés dans les années 1990 et ont l’air d’une conspiration contre la Russie qui doit se défendre, quoiqu’il arrive. Au point de vue historique, les Russes s’engagent toujours dans une guerre longue : la guerre civile russe commanditée par l’impérialisme occidental avait duré environ 6 ans (Novembre 1917 – Juin 1923, et la guerre d’agression des nazis contre l’Union soviétique dura 4 ans (Juin 1941 – Mai 1945), 4 ans de génocides engendrés par l’impérialisme capitaliste. Mais la victoire finale appartient toujours aux Russes. Cette guerre de l’Allemagne fasciste-nazie, si elle n’avait pas été gagnée par l’Armée Rouge, la civilisation slave aurait été rayée de la carte. Adolf Hitler prévoyait d’exterminer les Slaves, et en réservait une partie qui servirait comme esclave dans les colonies conquises. Politique de conquête et de colonisation qui se pratiquait en Pologne occupée.

Par ailleurs, ce que les russophobes d’Europe ne semblent pas réaliser, c’est qu’ils s’engagent dans un effort de guerre avec leur économie déjà abimée quasiment asphyxiée, annonçant son effondrement inexorable. Tandis que, de leurs côtés, les États-Unis maintiennent leur économie stable et s’enrichissent habituellement dans les périodes de guerre. Récemment, le président américain Donald Trump ordonne à l’actuel secrétaire général de l’OTAN, en l’occurrence Mark Rutte, de livrer des armes à l’Ukraine contre remboursement à la livraison par l’Union européenne vassale de son état. Il faut peut-être craindre que l’histoire ne donne raison à l’ancien président Joe Biden qui avait offert un taxi au président ukrainien Volodymyr Zelensky pour quitter discrètement son pays. Voici ce que le Journal de Montréal à écrit dans sa livraison du 24 février 2022 : 

« Les Ukrainiens attendaient encore de voir ce que donnerait ce nouvel élu à la tête du pays, lorsque les rumeurs d’une invasion imminente de la Russie se sont avérées. Dès l’arrivée des chars russes en terre ukrainienne, Joe Biden offrait à Zelensky de l’exfiltrer de son pays. Merci, Joe, je n’ai pas besoin d’un taxi... J’ai plutôt besoin de munitions. Zelensky a choisi de demeurer dans son pays, aux côtés des Ukrainiens, et de faire face à la musique de Poutine. » Le Journal de Montréal : Une chance que Zalensky n’a pas pris le taxi de Biden ! 

                                                                      https://www.journaldemontreal.com 

Que conclure ? Durant plus de 3 ans, les Européens de l’Ouest émettent un verbatim et un narratif nocifs et toxiques qui constituent leur discours essentiel contre la Fédération de Russie dont ils qualifient la nation russe de peuple amorphe et soumis à la politique impérialiste du président Vladimir Poutine accusé de dictateur. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, par sa politique attentiste, a fini par faire de l’Ukraine un État satellite des gouvernements de l’Europe occidentale dont la sécurité dépend des États-Unis depuis le plan Marshall proposé par le général George Marshall en 1947 et mis en œuvre en 1948 sous le nom « Foreign Assistance Act ». Durant plus 3 ans de guerre asymétrique dont les moyens et les armes sont inégaux, l’Ukraine est donc perçue visiblement comme la grande victime d’une apocalypse faite de cadavres, de dévastations et de destructions physiques. Sans lendemain aussi. Si l’Amérique de Joe Biden avait vu juste quand elle a demandé à Zelensky de se retirer afin d’éviter à son pays les assauts des forces russes, l’Amérique de Donald Trump déclare sans ambages que la guerre d’Ukraine n’est pas sa guerre. Telle est notre attitude au sujet de l’interrogation en dessus.