Quand une jeunesse meurtrie interpelle la nation

Le respect de la vie humaine s’inscrit dans le cadre d’une société fraternelle, équitable, solidaire et juste.

Jean Claude Desgranges
01 juil. 2025 — Lecture : 3 min.

Le respect de la vie humaine s’inscrit dans le cadre d’une société fraternelle, équitable, solidaire et juste. A chacun de nous de la promouvoir, cette société, sans hypocrisie. Pour ce, nous devons laisser parler notre cœur et notre humanisme.


Le respect de la vie humaine c’est le respect et l’émerveillement devant tout ce qui est Beau, tout ce qui est Grand et tout ce qui est Bon.

Un monde fragmenté ! Une Haïti en proie à tous les mauvais coups. Notre Haïti d’aujourd’hui disloquée. Une planète qui ne nous voit même pas. Notre chaud et beau soleil peine à nous rendre visibles. Et même les oiseaux ont fui notre odeur de cadavre. Partout dans le monde, c’est le silence! C’est de l’indifférence absolue, pas même de la haine.

Les cris de détresse d’une jeunesse abandonnée et ignorée, nous devons pouvoir les transformer en un hymne à la vie ! Les yeux tournés vers l’avenir.
Cette jeunesse se doit d’enraciner l’intelligence du présent dans la compréhension des malheurs d’un quotidien morose.

La société haïtienne de l’intérieur et de l’extérieur se doit de passer du monologue au dialogue, ce que nous prônons depuis des lustres.

Un dialogue économique qui passe par la démocratisation du secteur privé pour la création de plus de richesses et la promotion d’une classe moyenne entrepreunariale dont un large segment vit à l’étranger.

Un dialogue social qui doit tourner le dos à une société trop fragmentée où les disparités entre les Haves et les Haves not méritent d’être comblées ou, à la rigueur, amoindries de façon à enfanter une meilleure harmonie, partant, une intégration sociale apaisante.

Un dialogue politique inclusif, franc et respectueux qui associe la participation de chacun à la définition du destin de tous. La diaspora par devoir de solidarité et d’obligations partagées se doit d’apporter sa quotepart tout en réclamant a juste titre ses droits civiques et politiques.

Haïti, notre bien commun, a besoin d’une nouvelle renaissance. Prenons la résolution de changer de comportements pour aller vers davantage d’esprit de responsabilité, d’équité, d’impartialité, de transparence, d’Amour-Agape, tout cela pour une union arc-en-ciel, malgré nos divergences légitimes car, tout ce qui divise les Haïtiens affaiblit Haïti et tout ce qui affaiblit Haïti affaiblit chacun de nous. Unissons nous, unissons nos savoirs, nos savoirs faire, nos forces, pour pouvoir transformer les sombres hiers en lendemains lumineux!

Pour que notre Haïti cesse de s’amenuiser et que nous puissions stopper cette descente aux enfers qui s’accélère avec ce cocktail toxique, C.P.T. (Cocktail Présidentiel Toxique). Sinon, nous mourrons tous.

Et cette Haïti qui s’était mise debout pour la première fois pour dire NON à l’esclavage et OUI à l’HUMANITE et la FRATERNITE, ne saurait disparaître. Ce peuple héroïque qui a produit 1804 survivra avec cette jeunesse que nous avons vu défiler, avec tant de fierté et de détermination, dans les rues de différentes villes du pays et de la diaspora le 18 mai dernier, jour de la fête de notre bicolore.

La fierté et le courage qui se dégageaient sur le visage de cette promotion de la Faculté de Médecine et de Pharmacie, notre Alma Mater, lors de la remise de leur parchemin, obtenu après tant de sacrifices. Le discours du porte-parole de la promotion constitue une prime à la résilience dans une atmosphère sablonneuse, malaisée où tout concourrait à les décourager. Une telle jeunesse clame haut et fort que cette nation ne saurait mourir, malgré les multiples coups bas infligés par ses propres fils dégénérés.

La saison des fêtes champêtres est à nos portes, du Trou du Nord au Limbé, du Limbé à la Plaine du Nord, de la Plaine du Nord à Limonade, de Limonade à Saut d’Eau, de Mont Carmel à Manman Notre Dame. Évoquons nos Saints et nos Loas, via notre syncrétisme religieux, pour qu’ils puissent faciliter la concretization d’un tel rêve.

C’est un devoir citoyen !
Un impératif de la conjoncture !
Une démarche salutaire !

Jean Claude Desgranges MD,FAGS
President de la Fondation du 3ème Age
Jcdesgranges77@yahoo.fR