La classe politique Haïtienne, pardon, un segment, toutes idéologies confondues, a craché sur notre Épaisseur Historique. Toute fierté bue, elle a fait le voyage de la honte, en plusieurs occasions, pour qu'elle nous ponde ce cocktail inédit de notre histoire de peuple, en dehors de tout dialogue avec le pays réel, le pays profond, à l’encontre de tous les mécanismes institutionnels et du respect des règles du jeu democratique. Et nous y voilà, un an après, à assister aux dégâts de tout ordre, à l'immobilisme irritant et malsain de ces jouisseurs de privilèges incommensurables, face à une population aux abois, victime de toutes les horreurs.
Nous ne mourons pas tous, mais tous y sont frappés, à l’exception de ces fossoyeurs de cette patrie forgée après tant de sacrifices consentis par nos valeureux ancêtres. Une population qui noie ses muscles et sa conscience dans le bain de ses larmes.
La question fredonnée sur presque toutes les lèvres, toutes générations et toutes catégories sociales confondues, à l’exception de leurs petits copains opportunistes, inconscients et vilains.
Le pays brûle au propre et au figuré et ils regardent ailleurs.
De Paris à Rome, de Rome à Bogota, de Washington à la Kingston, ils arpentent toutes les grandes capitales du monde aux frais de la princesse et le peuple crève de faim ou s’agglutine dans des camps exigus en absence de toute infrastructure de base, l’exposant ainsi à toutes sortes d’épidémies sanitaires.
Quelle Horreur !
Peuple bon enfant! Dansant sa danse de fourmis folles! Ainsi parlait Anthony Phelps qui nous a malheureusement quitté récemment dans cet enfer des Hommes où tout nous assujettit et concourt à nous déshumaniser.
Des cadavres jonchent les rues des quartiers autrefois huppés de la capitale. Les enfants ne jouent plus au chat (communément appelé “lago” par les Haïtiens) sous le regard bienveillant de la pleine lune. Les papillons de la Saint-Jean ont fui à la recherche d’un ciel plus clément, plus fraternel, plus convivial. La République a besoin de respirer! La population est fatiguée! Ras le bol!
Tous ces voyages, toutes ces fanfaronnades ne débouchent que sur une multiplication de territoires perdus! Une situation chaotique qui profite aux spoliateurs et aux amateurs de crimes organisés. En toute impunité!
Mois de Mai! Mois de Marie! Mois d'une orchidée que “je porte en moi comme un oiseau blessé”. Mois de l’éclosion des fleurs! Mois des mères de toutes les couleurs et de tous les continents. Mais aussi et surtout mois de la naissance de notre bicolore, fils de longs combats sanglants. Ah! La fête du drapeau! De notre drapeau, “manman libète”! Symbole de courage, de détermination, d’unité et de fraternité. Et pourtant, en ce 18 Mai 2025, le pays s’est réveillé dans la peur, le désarroi, la saleté, le déshonneur, une économie en plein marasme et une pénurie incroyable de médicaments essentiels à tel point que les patients ne savent plus à quel saint se vouer. Des célébrations dites officielles. Ah! Ces Comédiens de Graham Greene qui ont insulté les populations du Grand Nord et du Grand Sud, déjà victimes de tant de déboires et d'une indifférence glaciale. Une population, croupie dans une misère abjecte et une précarité généralisée.
"Quo usque tandem abutere, Catilina, patientia nostra?
Quam diu etiam furor iste tuus nos eludet?
Quem ad finem sese effrenata iactabit audacia"
“Jusques à quand, Catilina, abuseras-tu de notre patience?
Combien de temps encore ta folie nous déjouera-t-elle?
Quand votre audace effrénée cessera-t-elle de s'enorgueillir”
Ce cri de Cicéron a retenti dans les cathédrales de Grand Nord et du Grand Sud comme un tocsin.
Cette équipe a lamentablement échoué et les jeunes de toutes les grandes villes, drapeau en main, ont chanté leurs funérailles. Aléa jacta est!
Haïti avec son Épaisseur Historique ne mourra pas!
L’importance, de plus en plus, du capital humain, l’influence croissante de l'éducation et des connaissances techniques, une réalité mondiale qui rend la migration beaucoup plus difficile pour la population Haïtienne victime des élites du pays qui n’ont pas investi dans l'éducation.
L'économie mondialisée nous anéantit et nous devons, par tous les moyens démocratiques, changer de paradigme pour qu'Haïti puisse renaître de ses cendres car Haïti ne mourra pas et ne doit pas mourir.
Jean-Claude DESGRANGES
M.D, F.A.G.S
Président de la Fondation du 3ème Age
jcdesgranges77@yahoo.fr
