Négociations Etats-Unis-Russie-Ukraine : exclue des pourparlers, quel enjeu pour l’Europe ?

Depuis son arrivée à la Maison-Blanche le 20 janvier 2025, le 47 e Président américain, Donald John Trump, se met au travail.

Négociations Etats-Unis-Russie-Ukraine : exclue des pourparlers, quel enjeu pour l’Europe ?

Rencontre Poutine - Trump au Sommet G-20 à Hambourg en 2017

Depuis son arrivée à la Maison-Blanche le 20 janvier 2025, le 47 e Président américain, Donald John Trump, se met au travail. Pour honorer sa promesse de campagne étant de mettre fin au conflit meurtrier opposant les deux (2) pays de l’ex-Union soviétique l’Ukraine et la Russie, le Président Trump parle au téléphone au maître du Kremlin Vladimir Vladimirovich Poutine, et reçoit son homologue ukrainien, Volodymyr Oleksandrovytch Zelensky, au bureau ovale à la Maison-Blanche, le 28 février 2025. En mars, le Chef de la Maison-Blanche envoie une délégation américaine à Riyad en Arabie Saoudite pour commencer à négocier un cessez-le-feu en Ukraine où l'Europe est exclue de la table des négociations. Pendant que l'Europe est hors-jeu dans les pourparlers pour essayer de mettre fin au conflit ukrainien, les dirigeants d’une trentaine de pays européens, à l'initiative du Président français, Emmanuel Macron, se réunissent le 27 mars à Paris pour continuer à aider militairement et diplomatiquement l’Ukraine. En d’autres termes, pour discuter des garanties de sécurité à apporter à l’Ukraine en cas d’accord de paix avec la Russie. Le Président Macron qui se comporte comme le véritable leader de l'Europe a fait savoir que la Russie est une menace existentielle pour la France. Maintenant, considérant les multiples déclarations du Président de la République française, la Fédération de Russie est-elle vraiment une menace existentielle pour la France ? Si oui, en quoi ce pays constitue-t-il cette menace ? La Grande-Bretagne et la France, deux (2) puissances nucléaires et membres de l’OTAN, veulent envoyer leurs troupes sur le sol ukrainien à travers une force de réassurance baptisée coalition des volontaires pour dissuader toute nouvelle agression russe après un accord de paix entre la Russie et l’Ukraine. En effet, l’article 5 de l’Alliance politico-militaire, créée le 4 avril 1949, stipule que “si un pays de l'OTAN est victime d'une attaque armée, chaque membre de l'Alliance considérera cet acte de violence comme une attaque armée dirigée contre l'ensemble des membres et prendra les mesures qu'il jugera nécessaires pour venir en aide au pays attaqué”. Donc, ces pays-là, après un cessez-le-feu complet en Ukraine, en cas d’une nouvelle offensive militaire russe sur le sol ukrainien, sont-ils déjà prêts à entrer dans une guerre contre la Fédération de Russie étant la première puissance nucléaire mondiale possédant environ 3000 têtes d’ogive nucléaire ? Pour beaucoup de dirigeants des pays occidentaux, le Président Poutine ne s'arrêtera pas en Ukraine, il veut aller plus loin. Au fait, Moscou a-t-il les moyens nécessaires pour attaquer les pays de l'Union Européenne (UE) membres de l’OTAN et conquérir toute l’Europe ? L'objectif du présent article est, à la lumière d'une approche des relations internationales, d’essayer de démontrer comment l'Ukraine est tiraillée par des puissances militaires et diplomatiques, la fragilité de l’Europe (unie devant les caméras, divisée dans la prise des grandes décisions) étant, aux yeux des grandes puissances mondiales, en état de minorité géopolitique.

L’arrivée à la Maison-Blanche du Président Donald Trump le 20 janvier 2025, avec une manœuvre diplomatique historique étant la négociation américano-russe sur la guerre en Ukraine sans trop importance de la présence du Président ukrainien Volodymyr Zelensky, la véritable affaire mondiale prend une nouvelle tournure dans l’histoire diplomatique et politique contemporaine. En effet, les pourparlers entre les deux (2) grands (USA et Russie) nous ont permis de voir dans le nouvel ordre mondial multipolaire ce sont eux qui ont de bonne carte géopolitique, géostratégique et géoéconomique dans leurs mains. L’Europe prétend qu’elle était une puissance diplomatique ayant le centre de grande décision sur l’avenir du monde, aujourd’hui, elle est humiliée et pulvérisée considérant son écartement de la table ronde où les vraies grandes puissances planifient et prennent des décisions rationnelles concernant leurs intérêts et ceux de leurs fidèles alliés.

Au fait, le Président Zelensky, dans certaines capitales occidentales est considéré comme un véritable héros et avait toujours envie de parler face à face au maître du Kremlin, n’a jamais été reçu une invitation de la part de Moscou pour s'asseoir autour d'une table avec son homologue russe, Vladimir Poutine, afin de négocier une paix concernant son pays. Ça, c’est aussi pour lui une humiliation. Aujourd'hui, l’Etat russe le voit à Kiev comme un Chef d’Etat illégal et illégitime depuis la fin de son mandat en 2024. Par ailleurs, le rideau de l’officielle négociation sur la guerre déclenchée le 24 février 2022 entre la Russie et l’Ukraine est fermé sur le Président Macron qui, pour beaucoup de géopolitologues est un va-t-en-guerre, veut une paix par la force dans le conflit sanglant ukrainien et annonce une nouvelle aide militaire supplémentaire de deux (2) milliards d’euros au régime de Zelensky malgré que la France a une dette publique de plusieurs milliers de milliards de dollars.

En effet, avec le sommet sur la paix et la sécurité pour l’Ukraine, en vue d’essayer de finaliser des garanties de sécurité pour Kiev dans le cadre d’un éventuel accord de paix avec la Russie, une étape de plus vient d’être franchie dans la marche vers l’irréversible. Au fait, ce sommet est organisé réunissant une trentaine de pays de l’UE et/ou de l’OTAN formant une coalition des volontaires. Dans ce contexte d'ébullition internationale où les tensions militaires atteignent un point critique, face à la volonté de la France et du Royaume-Uni d’envoyer une force de réassurance pour l’Ukraine, beaucoup d’hommes, de femmes et de responsables politiques européens, voyant que l’Europe ou le monde est au bord d’une guerre totale meurtrière et dévastatrice, manifestent leurs mécontentements.

En réaction, le jour même où Emmanuel Macron réunissait la coalition des volontaires, le Président de l’Union Populaire Républicaine (UPR), François Asselineau, a organisé, à Paris, un rassemblement pour la paix pour dire non à la guerre, oui à la paix. Par cette occasion, François Marin, géopolitologue et Président du club HEC-Géostratégie, argumente contre la politique de va-t-en-guerre du Président français. Nicolas Dupont-Aignan, pour lui, le Chef de l'Elysée manipule l’opinion pour saboter la paix. Ainsi, c’est une manœuvre ou une stratégie du Président Macron pour détourner l’attention publique française face à son échec de la politique intérieure et de la politique étrangère conduisant à une inflation dans son pays et la perte de l’influence de la France, puissance en chute libre, en Afrique où elle perd plusieurs batailles diplomatiques très importantes.

Aussi le Premier Ministre britannique, Keir Starmer, relégué au rang de figurants, n’a ni siège ni levier dans les pourparlers à Riyad en Arabie Saoudite. Pourtant au 17 e et 18 e siècle, la Grande-Bretagne était l'une des puissances diplomatiques, économiques et militaires la plus importante du monde. Aujourd’hui, la géopolitique mondiale change et la donne change également sur la scène internationale.

En effet, pour beaucoup de spécialistes en relations internationales, avec une force de réassurance sans l’OTAN, c’est-à-dire sans la placée sous commandement de l’Alliance Atlantique, constituant d’une coalition des volontaires qui ne s’agirait pas de combattre mais d'assurer la sécurité des ukrainiens, c’est une manœuvre pour introduire, progressivement et discrètement, des soldats européens en Ukraine. Vu qu’une présence militaire officielle sur le sol du pays de Zelensky dans une zone de guerre peut, potentiellement, être débouché sur un affrontement armé entre des puissances nucléaires, plusieurs pays de l’UE membres de l’OTAN, notamment l’Allemagne et l’Italie réfléchissant de tout ce qui se passait lors de la seconde guerre mondiale où elles étaient capitulées, ne veulent pas envoyer de troupes en Ukraine.

La Première Ministre de l’Italie, Giorgia Meloni, a réaffirmé qu’aucune troupe italienne ne serait déployée sur le sol ukrainien. Cette décision a été confirmée lors d’une rencontre réunissant les vice-Premiers Ministres italiens, le Ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani et le Ministre des Transports Matteo Salvini, ainsi que le Ministre de la Défense Guido Crosetto. Cependant, Meloni a proposé une alternative : étendre les protections de l’article 5 de l’OTAN à l’Ukraine, sans pour autant intégrer ce pays à l’Alliance. Donc, l’Italie veut continuer à apporter son soutien aux garanties de sécurité pour Kiev et se montre réservée face à la proposition franco-britannique d’une mission de paix européenne en Ukraine.

Suite à l’échec diplomatique des capitales occidentales, notamment Paris et Berlin, engendrant l’invasion de l’Ukraine par l'Armée russe le 24 février 2022, le Président Macron, avec ses mots lourds de conséquences, évoque une menace militaire directe pour l’Europe et la France. Du point de vue des géopolitologues, notamment Caroline Galactéros, la Russie ne menace pas la France et ce pays ne constitue pas non plus une menace existentielle pour l’Etat français. Florian Philippot, de son côté, partage l’avis de la géopolitologue précitée, et il a sévèrement critiqué la politique guerrière de Macron et de l’Union Européenne. L’Union Européenne veut se réarmer pour une Europe de la Défense, et pour cela, par la voix de la Présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, annonce un plan de 800 milliards d’euros. Ainsi donc, aux yeux de ces personnes ci-dessus s'opposant à la politique du Président français, la Fédération de Russie n’a suffisamment pas les moyens nécessaires pour attaquer les pays de l’UE membres de l’OTAN. Et les dirigeants russes répètent souvent que Moscou ne menace ni l'Europe ni la France. L’Etat russe cherche à garantir sa sécurité.

A ce sujet et par ailleurs, le Brésil, par la voix de Celso Amorim, assistant spécial du Président Luiz Inacio Lula da Silva pour les affaires internationales, dans une interview accordée au journal brésilien Folha de S. Paulo, a fait savoir que de nombreux pays occidentaux ont déclaré qu’ils avaient l’intention de détruire la Russie. C'est impensable. Ces tentatives auraient abouti à un désastre. La Russie est un facteur de stabilité pour le monde et l’Europe. Selon lui, tôt ou tard, les pays de l’UE devront abandonner l’obsession de la Russie comme menace pour la sécurité de la communauté internationale, car cela ne correspond pas à la réalité. Le diplomate affirme lorsqu’il entend que l’Etat russe aurait un ADN expansionniste, il se demande : n’est-ce pas Napoléon qui a envahi la Russie en 1812 ? Donc, les événements de la guerre patriotique de 1812 se terminent par la défaite de l'Armée française.

Face à l’initiative prise par Paris et Londres, la Russie, de son côté, voit que le déploiement de troupes des pays membres de l’OTAN en Ukraine comme une véritable provocation et la considère comme des cibles légitimes pour l'Armée russe. Pour Moscou, dans un tel scénario, l’OTAN entre en guerre directe contre la Fédération de Russie. Et en cas d’une guerre opposant les pays de l’OTAN face à l’Etat russe, première puissance nucléaire mondiale, ce serait un apocalyptique nucléaire. C’est-à-dire, c’est peut-être la disparition totale de notre civilisation considérant les arsenaux nucléaires que possèdent les grandes puissances d'aujourd'hui.

En effet, au cours de ces derniers mois, surtout à la conclusion d’un accord de cessez-le-feu de 30 jours en mer Noire et sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes et russes, en observant ceux qui se passent sur la scène géopolitique mondiale, nous pouvons voir clairement qu’avec le centre de gravité géopolitique qui s’est déplacé vers le Moyen-Orient étant très stratégique, c’est un redécoupage du monde sans l’Europe. Car, les décisions diplomatiques majeures ne se prennent plus à Paris, ni à Bruxelles, mais de préférence à Riyad, à Washington, à Minsk, à Moscou, à Istanbul et à Pékin. Ainsi, dans les grandes décisions internationales importantes, l’Europe est hors-jeu.

En guise de conclusion, pour paraphraser Hancy Pierre, spécialiste en Relations Internationales, l’Ukraine, entre l’enclume et le marteau, a subi presque tous les chocs de la géopolitique des grandes puissances. Elle est le front de la bataille géopolitique où se déroule le duel entre l’Occident et la Russie pour le contrôle de l’Europe de l’Est. Pour Karl Druart, l’Ukraine se trouve au milieu d’une opposition qui est due à plusieurs facteurs, notamment la ligne de fracture entre les deux (2) blocs qui sont Est-Ouest. Dans le début de négociations d’un cessez-le-feu en Ukraine, l’Europe prend une leçon de géopolitique, géoéconomique et géostratégique dans les jeux de pouvoir entre les deux (2) grandes puissances diplomatiques et militaires du monde. Elle est sacrifiée et humiliée. La majorité des pays d’Europe s'alignent aveuglément pour aider militairement l’Ukraine et prennent de sévères sanctions contre la Russie. Par conséquent, les répercussions de ces sanctions sont catastrophiques sur le plan économique et social dans ces pays. D’abord, il y a une inflation galopante sur l’énergie, les métaux et l’alimentation. Ensuite, un effondrement, à minima partiel, des marchés financiers européens. Enfin, des possibles restrictions bancaires et contrôle des capitaux. Donc, avec la guerre russo-ukrainienne de 2022, beaucoup de dirigeants de l’Europe veulent cacher leurs bilans calamiteux.

Références bibliographiques 

DRUART, Karl, “La crise ukrainienne post-maïdan est-elle l’expression d’une lutte d’influence sur l’Europe entre les Etats-Unis et la Russie ?” Sl, Sd.

JEAN-PIERRE, Jean Reynold, Histoire Universelle de 1939 à 1991, Manuel Universitaire et (S4) tome II, Port-au-Prince, Collection le Monde à ma portée, 2022.

MASCARY, Belony, “ Considération générale sur la guerre russo-ukrainienne et ses enjeux”, Port-au-Prince, Le Nouvelliste, 2023

PIERRE, Hancy, “ L’Ukraine, entre l’enclume et le marteau face aux Etats-Unis et la Fédération de Russie ”, Port-au-Prince, Le Nouvelliste, 2025

Le Monde, “ Guerre en Ukraine : à Riyad, Russes et Américains s’entendent pour nommer des négociateurs pour le règlement du conflit ”, 2025.

Le Monde, “ Le verbatim de l’escalade verbale entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky ”, 2025.

L’Echo, “ L’Ukraine et la Russie s’accordent sur un cessez-le-feu en mer Noire ”, 2025.