À ce que nul ne prétend l'ignorer, je tiens tout d'abord à clarifier de quoi s'agit-il, quand on pointe du doigt Haïti (ma terre). Ce pays de 27 500 km carrés de surface, et première république noire du monde moderne, est ce morceau de l'île hispaniola, situé dans le bassin caraïbéen, qui végète constamment dans le malheur, depuis son ascension à l' indépendance au détriment de la France Napoléonienne, Raciste, Colonisatrice, et Esclavagiste, en 1804. Pourquoi ce malheur constant qui accompagne la face d'Haïti?
Partageant l'île avec la république dominicaine (fleur sous les yeux du reste du monde) ; se trouvant à quelques pas de la révolution cubaine, et enfin mon Haïti se trouve à moins de 2h30 de vol de la Floride, des Etat-Unis d'Amérique. La première puissance mondiale est tout près, mais notre État de pauvreté national persiste et s'inscrit dans le long terme. Mais pourquoi?
Ce pays mien, est habité d'un peuple construit de large plaie historique, d'un peuple dans la constante soif de la paix, de stabilité, et doté d'une jeunesse piégée dans l'attente d'esprit créatif pour accueillir et orienter sa force. Je fais partie de cette jeunesse dans la constante soif de voir son pays prendre pied. Et Dans l'immédiat, mon Haïti crie à l'aide pour la préservation de son droit à la vie. Mais là, personne, j'ai bien dit personne n'ose venir lui prêter main forte, de manière concrète. Mais pourquoi ?
Choix contre soi, mauvaise choix
''Je suis de tous les noms qui saignent, tous les noms assoiffés de fenêtres''. Makenzy Orcel
Je suis de cette génération d'Haïtien qui subit amèrement son pays, ceci, depuis le lieu de ma rue de naissance. Je ne connais pas de bout allégé ni de lieu de répit contre cette folie meurtrière qui secoue face du pays. Même les souffrances qui se sont empirées aujourd'hui, j'ai conscience de les avoir vu s'afficher, dans de moindres proportions, déjà quand j'étais tout gamin.
Un pays qui fait peur, qui se bat contre les siens, dans le vif rouge. Un pays perdu, livré aux mains des gestes répudiés du sang, et construit de lieux meurtris dans l'âme. Ce sont là entre autres, des justes définitions, pour décrire ma terre de naissance, empiffrée dans de profondes déchirures et de sombres odeurs.
Haïti s'est donné une énième blessure profonde, (ceci sur le long terme) avec l'arrivée de Michel Joseph Martelly à sa tête, le 14 mai 2011, l'ex président et promoteur du discours m'accable, qui a abouti à la légalisation effective des bandits en Haïti. Il fut en cet époque apparemment, porteur d'une voix salvatrice, qui lui a permis de gravir les marches, pour finir par triompher face à la célèbre intellectuelle ,et professeure d'université Mirlande H. Manigat dans un second tour d'élection présidentielle.
À peine sortie de ce que l'on pourrait qualifier de plus grande catastrophe naturelle, pour la région caribéenne, de tous les temps, référence fait au séisme du 12 janvier 2010, qui s'est soldé par plus de 280 000 morts sur le dos d'un pays, selon l'ONU, et une capitale totalement affaissé par devant Dieu. Sans s'essouffler le pays s'est donné droit à son auto asphyxie politique en élisant un homme sans compétence à sa tête. Les différentes sanctions prises par certains pays occidentaux, à son encontre, démontre à quel point le choix de faciliter l' accès de ce dernier à l'espace du pouvoir, fut un choix catastrophique pour un pan de l'humanité.
Pays blessé de bout en bout
"La rage vitriole, le visage de ma ville". Marie Alice Théard
L'Actualité qui concerne Haïti est sévèrement construite de drame. Aujourd'hui, les haïtiens sont presque tous impliqués dans la grande course nationale. Le pays est devenu un grand symbole d'une population dans la course permanente. Pire encore, le peuple haitien n'a pas la moindre idée de l'endroit d'où se trouve sa ligne d'arrivée.
Étudiant en droit que je suis, je viens de passer une entière année sans pouvoir mettre les pieds au locale de la faculté de droit et des sciences économique, où j'étudie. Car attaqué par des bandits. Et le local de l'office de la protection du citoyen (OPC) qui avait abrité mon école provisoirement, a été envahi par la population d'un quartier, fuyant la face des bandits. Le nombre de morts atteint les 5601 et le nombre de déplacés pour causes de violence se compte par dizaine de milliers selon les chiffres fournis par les organes onusiens, pour 2024. Et encore pire, des voix provenant du royaume infernal, profèrent encore des menaces, allant dans le sens d'un approfondissement de la plaie. Le mot génocide même est prononcé, comme pour décrire son envie d'être associé à la terre de Toussaint Louverture et de Jean-Jacques Dessalines. Parfois j'ai l'impression qu'on est en train d'élargir l'est du congo, vers l'amérique, en regardant mon Haïti chérie.
Lieu troué
"Ici c'est du sang que l'on verse pour rafraîchir la tête des blessés par balles". James Noël
La blessure dont souffre mon pays est aussi une blessure à taille humaine, et l'humanité perd un peu de sa superbe face ,dans le drame qui traverse Haïti en ce moment. À quelques kilomètres seulement, de la première puissance mondiale, nous avons là un peuple désarmé qui ne cesse de réclamer de l'assistance face au danger imminent de son anéantissement, mais qui ne reçoit rien. L'actualité est bien connue de tous, Haïti n'est pas un pays producteur d'armes. Les armes qu'on voit aux mains des plus dangereux haïtiens, viennent d'ailleurs et font figures de représentants d'autres pays, mis en libre circulation dans nos rues. Haïtien, je fais face à une guerre qui ne crie pas ouvertement son nom. Il n'y a qu'en milieu de guerre qu'on peut observer des attaques contre des centres hospitaliers aussi fréquemment, il n'y a qu'en milieu de guerre qu'on jete des bébés aux feux dans l'intention d'affoler le coeur de leurs mères, (dans une localité appelée Kenscoff un bandit a arraché des bras de sa mère, un bébé et l'a jeté au bouquant de feu le plus proche, ça c'est passé au tout début du mois de février 2025 lors d'une Violente attaque, sur la population civile de cette commune, perpétrée par la coalition de Gangs réunies sous le nom de "Viv ansanm" que dirige Jimmy Chérisier, alyas Barbecue, à côté d'autres grands Criminels de sa catégorie. Il n'y a qu'en milieu de guerre qu'on viole autant de femmes et de petites filles, et qu'on massacre si souvemment. On refuse d'appeler par son nom le drame haïtien, pour ne pas avoir à l'assumer complètement. Mais la vérité c'est qu' aujourd'hui: enfance dans la tourmente, viallard dans le regret d'être né, constituent l'essentiel de mon pays. Les conséquences du choix de 2011 sont visibles sur nos corps d'haïtien, et nous démontrent clairement à quel point l'ignorance au pouvoir peut être fatale à tout un pays.
Un cri légitime
Mon appelle est un cri lancé à l'attention de l'humain, peu importe son lieu de résidence. Je viens vous dire qu'il y a au cœur de l'amérique latine, un fier bout de l'humanité en feu et qui s'engage dans la demande de bras pour l'aider à s'en tirer delà. L'humanité ne saurait être deux bout disparate, l'humanité est un tout cohérent, contrairement à ce que prône certaines idées, qu'un minimum de science a déjà pris le temps d'inscrire en faux au milieu du siècle passé.
Cette prise de parole reflète le sérieux cri de tout un peuple. C'est aussi une voix repandu dans l'esperance de faire parfait écho à celle de toute une jeunesse dépourvue de moyens de survit, fatiguée de vivre dans le noir, et complètement désarmée face à un pays pris dans le feu.
Le prix de l'indépendance
"Ma rue, théâtre des eaux tristes".
Makenzy Orcel
Il faut rappeler, que mon pays qui se meurt, n'est pas un cas isolé au milieu du hasard, l'Haïti en feu, l'Haïti infernale construite contre un pan de l'humanité,y compris ses propres enfants, est une construction qui s'est faite sur le long terme. Déjà en 1826, Haïti , pays fraîchement indépendant,n'avait pas été invité à la Conférence des États indépendants d'Amérique de 1826, sous prétexte qu'il n'avait pas encore été intégré dans les cercles diplomatiques de l'époque. Ce geste, déjà montrait à quel point l'accueil qu'à reçu mon pays dès ses premier pas fut une voix hostile. Le pays qui se retrouve avec des enfants dégénérés sur ses bras, prêt à l'étouffer par tous les moyens, ne se retrouve pas à ce si bas niveau par pur hasard. C'est d'abord le fruit direct des conséquences de son passé colonial qui s'affiche fièrement, à côté des conséquences issues des occupations américaines du pays (1915, 1994, et 2004) et des ingérences incessantes qui s'en sont suivies, en pratiques ordinaires. Le tout, accompagné d'une irresponsabilité honteuse dont fait montre régulièrement la majeure partie des dirigeants haïtiens.
En somme, étant une appartenance, de cette foule prise en étau. (Armes légalement tenues par l'État haïtien d'un côté; armes illégalement tenus par ses fils mal orientés, de l'autre. Tous convergent contre moi ( le peuple haïtien) dans cette version maléfique du pays. Au milieu, l'affiche dresser sur ma peau, ma plume, mes mots peignés de douleurs toutes couleurs…, sont les seules armes que j'ai à ma disposition pour pouvoir faire la défense de mon pays. Et là, c'est une tentative d'en faire grand usage. J'espère de tout coeur, avoir sû bien réussir mon appel.
