L’histoire se répète…
Au 20e siècle, l’Europe, berceau de la société occidentale, voit triompher l’extrême droite fascisante sur son territoire : le fascisme mussolinien se saisit du pouvoir d’État en Italie le 31 octobre 1922 après la marche musclée de Benito Mussolini sur Rome le 22 octobre de la même année. Le fascisme hitlérien prend d’assaut le pouvoir en Allemagne le 30 janvier 1933 après des élections générales de septembre 1932 dans lesquelles le parti national-socialiste des travailleurs allemands (NAZI) n’a obtenu que 37 % des voix exprimées, mais suffisaient à Adolf Hitler pour s’imposer grâce à l’aide de ses milices brutales dénommées « section d’assaut/SA & escadron de protection/SS ». Hitler accède donc au pouvoir et est nommé chancelier du Reich (chef du gouvernement) par le président Hindenburg (Paul von : 2 octobre 1847 – 2 août 1934) alors âgé de 85 ans, un vieux maréchal sénile. 7 ans plus tard, la France nomme le maréchal Philippe Pétain (24 avril 1856 – 23 juillet 1951) chef de l’État français le 11 juillet 1940, alors âgé de 84 ans et donc un vieillard sénile : fascisme compatible oblige à l’époque. L’impérialisme capitaliste représente le réacteur de la droite classique, de la droite libérale, de la droite extrême et du fascisme. Ainsi, les guerres impérialistes sont dictées par l’accumulation du capital et visent l’essor continuel de l’économie influencée par la bourgeoisie comme classe dominante. (En Allemand : SS est le sigle de Schutzstaffel).
Voilà deux marqueurs majeurs qui vont servir de repère dans l’approche de la nouvelle conjoncture née de l’élection du candidat républicain lors du scrutin présidentiel du 5 novembre 2024, suivie de la prestation de serment du président des États-Unis Donald J. Trump le 20 janvier 2025. L’auteur du présent article veut attirer l’attention de l’opinion sur la fameuse maxime selon laquelle « Dans les mêmes conditions, les mêmes causes produisent les mêmes effets », elle semble se référer au déterminisme historique auquel on peut croire, ou ne pas croire. Le bon argument, à notre avis, semble résider dans la connaissance de l’histoire qui permet à l’être pensant de corriger ses erreurs passées. Mais il arrive que la suffisance ou sa voisine la surestime de soi prenne le pas sur la raison et la réalité historique, l’eurocentrisme tombe dans cette catégorie : loin d’admettre une vérité fondée sur des recherches scientifiques avec à l’appui des faits qui la corroborent, il préfère nier la vérité admise et réécrire sa propre histoire. L’eurocentrisme incarne le négationnisme et le révisionnisme et, à l’occasion, il expurge certains passages dans les textes anciens dont il révère la mémoire de leurs auteurs. Ainsi s’est construite la domination de la société occidentale et sa démocratie totalitaire qu’elle veut imposer au reste du monde par la force brutale des armes.
Passons aux faits qui soutiennent la thématique en question. D’abord, on n’a pas besoin de deux mille causes pour apprécier l’avènement triomphal des régimes fascistes en Europe continentale : la seule et unique cause avait été l’éclatement de la révolution prolétarienne en Russie féodale le 25 octobre 1917. La guerre civile russe (7 novembre 1917 – 16 juin 1923), fomentée par la contrerévolution, a vu défiler tous les impérialismes d’Occident qui y venaient pour aider militairement et économiquement les Armées blanches à chavirer la jeune révolution bolchévique. États-Unis, Angleterre, la France et leurs suppôts régionaux y sont intervenus dès avril 1918 jusqu’en novembre 1922 ; ils en avaient reçu pour leur compte. A l’époque du fascisme naissant, les médias capitalistes adulaient et adhéraient à la cause des fascistes ; ils étaient fascinés par Mussolini et Hitler dont ils en rendaient un culte idolâtre. Leur penchant admiratif et affectif portait particulièrement sur Adolf Hitler qui manifestait avec hargne son anticommunisme soviétique et rêvait de prendre au collet le camarade Staline et de le déporter illico au Berghof/Berchtesgaden à des fins de procès expéditif, suivi de son de son exécution sans manque. L’évènement ne s’étant pas produit, alors les démocraties occidentales se tournaient les pouces et cachaient leur déception dans le plus pur style des hypocrites.
Désenchantement, hébétude et abattement s’emparaient encore la confrérie des anticommunistes après la victoire de l’Armée rouge contre la Wehrmacht de l’Allemagne nazie. Cette victoire ultime, confirmée et actée le 9 mai 1945 à 1hr01(heure de Moscou), avait alors condamné lesdites démocraties d’Occident à boire le calice jusqu’à la lie. C’est à ce moment de lassitude mentale que les agents intellectuels et les historiens officiels songeaient à prendre leur stylo acrimonieux pour fustiger et vilipender le leader communiste Staline et avec lui, le prolétariat soviétique. La malhonnêteté intentionnelle est si présente dans leurs pamphlets suffisamment stupides que la négation y pue et y voisine sans transition ; c’est-à-dire des révisionnistes bourgeois qui prétendent comparer le communisme prolétarien avec le fascisme : deux régimes totalitaires logés à la même enseigne, maugréent-ils, mais dont ils sont les seuls à entrevoir un quelconque rapport entre la théorie marxiste-léniniste et l’engeance idéologique fascisme-nazi. Le moins qu’on puisse conclure, c’est qu’ils sont des fidèles serviteurs de la bourgeoisie possédante.
Dans les conditions psychologiques de l’époque brièvement décrites, il est apparu que les conditions actuelles ne sont pas si différentes : ces temps-ci, la presse bourgeoise capitaliste évoque à grands renforts de propagande « guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine populaire », se fondant sur une déclaration du président américain Donald Trump en mars 2018 « Les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner. », d’après Le Parisien du 2 août 2019. Et sur la foi d’un communiqué de l’administration démocrate du président Joe Biden selon lequel « Les pratiques commerciales déloyales de la Chine en matière de transfert de technologie, de propriété intellectuelle et d'innovation menacent les entreprises et les travailleurs américains. La Chine inonde également les marchés mondiaux de ses exportations artificiellement à bas prix. », expliquait le communiqué de la Maison Blanche publié au printemps dernier d’après le journal Les Échos du 13 septembre 2024. L’expérience montre pourtant que les querelles portant sur les rapports commerciaux entre deux États ont toujours existé et existeront toujours. Mais pour l’Occident collectif, les malentendus ou les quiproquos apparus dans le système doivent passer de la guerre commerciale à la guerre réelle : sa presse et ses médias animent les débats publics et tendent vers la guerre proprement dite : leurs éditoriaux et leurs panels de conférence donnent à croire que la Chine populaire serait dans l’incapacité technique et logistique de tenir une guerre conventionnelle avec l’Amérique étoilée. Parce que selon leur propagande va-t-en-guerre, la Chine n’a pas véritablement l’expérience de la guerre ; sa dernière expérience remonte à 1949. La presse bourgeoise nourrit l’idée que la province rebelle de la Chine, Taiwan, fournirait le prétexte aux armées américaines d’envahir le territoire continental et de mettre un terme à la Direction communiste chinoise.
Ce à quoi visent les critiques et les sanctions occidentales contre la Chine populaire. Car l’Occident réuni concède les avancées économiques et sociales de la Chine démocratique populaire, mais ne tolère pas que ce grand pays industriellement développé soit gouverné par le Parti communiste : aussi s’impatiente-il de voir naître une cinquième colonne capable de basculer la Révolution chinoise, et qu’il se tiendrait prêt à l’épauler en vue d’aller plus vite en besogne. Tel est le secret espoir des Occidentaux, auquel s’ajoute l’arrivée au pouvoir du président Trump qui remplit la scène étasunienne et qui représente l’incarnation de l’extrême droite qui, à l’heure actuelle, jouit d’une large audience en Europe compatible. L’actuel président français Emmanuel Macron évoque, hélas, « Internationale réactionnaire » qui est une bonne thèse de discussions pour autant qu’elle suscite de l’intérêt. Puisse cette présente publication contribuer à enrichir le débat public naissant sur la montée actuelle de l’extrême droite.
Jean-Marie Beaudouin
Mars 2025 ; coifopcha@yahoo.fr
